Ce chapitre fait entrer la géométrie dans le calcul : en posant un repère, une droite devient une équation, et l'alignement ou le parallélisme se décident par une simple opération sur les coordonnées. On commence par les bases et repères (orthogonal, normé, orthonormé), les coordonnées d'un vecteur AB (xB − xA, yB − yA), du milieu, et le déterminant xy′ − x′y qui vaut 0 exactement quand deux vecteurs sont colinéaires — l'outil universel pour tester colinéarité, alignement et parallélisme. Vient ensuite le cœur du chapitre : une droite se décrit de trois façons complémentaires — par un vecteur directeur (définition vectorielle), par une représentation paramétrique (x = xA + tα, y = yA + tβ) qui fabrique les points, et par une équation cartésienne ax + by + c = 0 (vecteur directeur (−b, a)) qui teste vite l'appartenance. On apprend à passer de l'une à l'autre, à lire l'équation réduite y = mx + p avec son coefficient directeur m = (yB − yA)/(xB − xA), et enfin à décider la position relative de deux droites via le signe de ab′ − a′b, en distinguant sécantes, strictement parallèles et confondues.
1 · Résumé du cours
La géométrie analytique traduit les propriétés d'une figure en calculs sur les coordonnées. Grâce à un repère, l'alignement, le parallélisme, l'appartenance à une droite ou la recherche d'un point d'intersection deviennent des problèmes algébriques que l'on résout par des méthodes précises.
1.1 Base et repère du plan
Définition — base du plan
Deux vecteurs non colinéaires et forment une base du plan. Tout vecteur u s'écrit alors de façon unique u=x+y, et (x,y) est le couple de coordonnées de u dans la base (,).
Définition — repère du plan
Un repère est formé d'un point O (l'origine) et d'une base (,) ; on le note (O,,). Le point M a pour coordonnées (x,y) si OM=x+y.
Propriété — types de repères
Un repère est orthogonal si ses axes sont perpendiculaires, normé si ∥∥=∥∥=1, et orthonormé s'il est à la fois orthogonal et normé. Les formules de distance et de norme exigent un repère orthonormé.
1.2 Calculs sur les coordonnées
Propriété — égalité, somme, produit par un réel
Pour u(x,y), v(x′,y′) et λ∈R : u=v⟺x=x′ety=y′,u+v=(x+x′,y+y′),λu=(λx,λy). Toutes les opérations se font coordonnée par coordonnée.
Propriété — vecteur défini par deux points
Pour A(xA,yA) et B(xB,yB) : AB=(xB−xA,yB−yA). En particulier A=B⟺AB=0.
Propriété — coordonnées du milieu
Le milieu I de [AB] a pour coordonnées I(2xA+xB,2yA+yB).
Exemple. Pour A(−1,3) et B(5,−1) : AB=(6,−4) et le milieu de [AB] est I(2−1+5,23−1)=(2,1).
1.3 Déterminant et colinéarité
Définition
Le déterminant des vecteurs u(x,y) et v(x′,y′) est det(u,v)=xy′−x′y=xyx′y′.
Théorème — condition analytique de colinéaritéu(x,y) et v(x′,y′) sont colinéaires si et seulement si det(u,v)=0, c'est-à-dire xy′−x′y=0.
Propriété — alignement de trois pointsA,B,C sont alignés si et seulement si AB et AC sont colinéaires : A,B,C aligneˊs⟺det(AB,AC)=0.
Méthode — vérifier un alignement
(1) calculer les coordonnées de AB et AC ; (2) calculer leur déterminant ; (3) conclure : déterminant nul ⇒ alignement ; non nul ⇒ points non alignés.
Un seul outil, plusieurs usages
Le déterminant vérifie la colinéarité de deux vecteurs, l'alignement de trois points et le parallélisme de deux droites. Il suffit de choisir les bons vecteurs avant de calculer.
1.4 Norme et distance dans un repère orthonormé
Propriété
Dans un repère orthonormé, la norme de u(x,y) est ∥u∥=x2+y2. Par conséquent, pour A(xA,yA) et B(xB,yB) : AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2.
Vérifier le repère
La formule de la distance ne s'utilise que dans un repère orthonormé. Les formules des coordonnées de AB et du milieu restent, elles, valables dans tout repère.
Exemple. Dans un repère orthonormé, pour A(1,−2) et B(4,2) : AB=(4−1)2+(2+2)2=9+16=5.
1.5 Vecteur directeur et définition vectorielle d'une droite
Définition
Un vecteur directeur d'une droite (D) est un vecteur non nul dont la direction est celle de (D). Si u dirige (D), tout vecteur non nul colinéaire à u dirige aussi (D).
Propriété — définition vectorielle
La droite passant par A et dirigée par u=0 est l'ensemble des points M tels que M∈(D)⟺∃t∈R:AM=tu. On la note D(A,u).
Propriété
Si A=B, le vecteur AB est un vecteur directeur de (AB). Tous les vecteurs directeurs de (AB) sont les vecteurs non nuls colinéaires à AB.
1.6 Représentation paramétrique d'une droite
Théorème
La droite passant par A(xA,yA) de vecteur directeur u(α,β)=0 admet la représentation paramétrique {x=xA+tα,y=yA+tβ,t∈R. Chaque valeur de t donne un point de la droite, et chaque point correspond à une unique valeur de t.
Méthode — lire une représentation paramétrique
Dans {x=xA+tαy=yA+tβ on lit directement un point A(xA,yA) (obtenu pour t=0) et un vecteur directeur u(α,β).
Exemple. La droite {x=2−3ty=−1+4t passe par A(2,−1), de vecteur directeur u(−3,4) ; pour t=1 on obtient B(−1,3).
Méthode — tester l'appartenance (forme paramétrique)
Pour vérifier si M(xM,yM) appartient à une droite paramétrique, remplacer x et y par xM et yM : le point appartient à la droite si une même valeur de t satisfait les deux équations.
1.7 Équation cartésienne d'une droite
Théorème
Soient a,b,c réels avec (a,b)=(0,0). L'ensemble des points M(x,y) vérifiant ax+by+c=0 est une droite, dont un vecteur directeur est u(−b,a). Réciproquement, toute droite admet une équation de cette forme.
Propriété — équations équivalentes
Une droite possède une infinité d'équations cartésiennes : multiplier par un réel non nul ne change pas la droite : ax+by+c=0⟺λax+λby+λc=0(λ=0).
Méthode — tester l'appartenance d'un point
Pour (D):ax+by+c=0, calculer axM+byM+c : le résultat est nul ⟺M∈(D) ; sinon M∈/(D).
1.8 Déterminer l'équation d'une droite
Méthode — un point et un vecteur directeur
Pour (D) passant par A(xA,yA) et dirigée par u(α,β), un point M(x,y) vérifie M∈(D)⟺det(AM,u)=0. Comme AM=(x−xA,y−yA), on obtient β(x−xA)−α(y−yA)=0.
Méthode — deux points distincts
Pour (AB) : (1) calculer AB=(xB−xA,yB−yA) ; (2) prendre A comme point et AB comme vecteur directeur ; (3) écrire det(AM,AB)=0 ; (4) développer et simplifier par un même facteur non nul ; (5) vérifier que A et B satisfont l'équation.
Méthode — cartésienne → paramétrique
Pour (D):ax+by+c=0 : (1) choisir un point A(xA,yA) vérifiant l'équation ; (2) prendre le vecteur directeur u(−b,a) ; (3) écrire x=xA−bt et y=yA+at, t∈R.
1.9 Équation réduite et représentation graphique
Propriété — équation réduite
Si b=0, l'équation ax+by+c=0 équivaut à y=mx+p avec m=−ba et p=−bc. Le réel m est le coefficient directeur, p l'ordonnée à l'origine ; un vecteur directeur est (1,m).
Propriété — droite passant par deux points
Si xA=xB, le coefficient directeur de (AB) est m=xB−xAyB−yA, et la droite admet l'équation y−yA=m(x−xA).
Propriété — cas particuliers
x=k : droite verticale, parallèle à l'axe des ordonnées ;
y=k : droite horizontale, parallèle à l'axe des abscisses ;
y=mx+p n'est jamais une droite verticale.
Exemple. Pour tracer (D):2x+y−4=0, on écrit y=−2x+4. Si x=0, y=4 ; si x=2, y=0. La droite passe par A(0,4) et B(2,0).
1.10 Positions relatives de deux droites
Théorème — critère avec les coefficients
Pour (D):ax+by+c=0 et (D′):a′x+b′y+c′=0 : si ab′−a′b=0, les droites sont sécantes ; si ab′−a′b=0, elles sont parallèles ou confondues.
Propriété — distinguer les cas parallèles
Lorsque ab′−a′b=0 : si (a,b,c) et (a′,b′,c′) sont proportionnels, les droites sont confondues ; sinon elles sont strictement parallèles. On peut aussi tester un point de (D) dans (D′).
Méthode — point d'intersection
Si les droites sont sécantes, leur point d'intersection I(x,y) est l'unique solution du système {ax+by+c=0,a′x+b′y+c′=0. Après résolution, vérifier les coordonnées dans les deux équations.
Ne pas s'arrêter trop tôtab′−a′b=0 prouve seulement que les droites sont parallèles au sens large. Il faut encore distinguer confondues et strictement parallèles.
L'essentiel du chapitre
AB=(xB−xA,yB−yA) et I(2xA+xB,2yA+yB).
det(u,v)=0 caractérise la colinéarité.
Droite par A dirigée par u(α,β) : β(x−xA)−α(y−yA)=0.
Pour ax+by+c=0, un vecteur directeur est (−b,a).
La forme paramétrique fabrique les points ; la forme cartésienne teste vite l'appartenance.