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2ᵉ Bac · Sciences Maths · Chapitre 10

Calcul de probabilité

En Sciences Mathématiques, le calcul de probabilité repose sur un dénombrement solide et sur des notions maniées avec précision. Ce cours reprend les arrangements et les combinaisons, la probabilité conditionnelle, l'indépendance et les variables aléatoires, jusqu'à l'espérance, la variance et la loi binomiale. Vous apprendrez à combiner dénombrement et arbre de probabilité pour traiter des expériences à plusieurs étapes. Le cours attire l'attention sur deux pièges classiques de la filière : utiliser p(A∩B) = p(A)·p(B) sans avoir vérifié l'indépendance, et confondre un arrangement (où l'ordre compte) avec une combinaison (où il ne compte pas). La rigueur du dénombrement conditionne la réussite de tout l'exercice.

1 · Résumé du cours

Dernier chapitre du programme — et l'un des plus rentables au Bac, car les questions y sont souvent guidées. Tout repose sur une discipline : bien modéliser la situation avant de calculer. Et modéliser, ici, commence par savoir compter.

1.1 Dénombrement

Principe fondamental Si une procédure se décompose en pp étapes successives offrant respectivement n1,n2,,npn_1,n_2,\dots,n_p possibilités, le nombre total de résultats est N=n1×n2××np\boxed{\,N=n_1\times n_2\times\cdots\times n_p\,}.
Exemple Un code de trois chiffres distincts et non nuls : 99 choix pour le premier, 88 pour le deuxième, 77 pour le troisième, soit N=9×8×7=504N=9\times8\times7=504 codes.
Arrangements & permutations Soit EE à nn éléments, 1pn1\le p\le n. Un arrangement de pp éléments est un tirage successif sans remise : l'ordre compte. Leur nombre est Anp=n(n1)(np+1)=n!(np)!\boxed{\,A_n^{p}=n(n-1)\cdots(n-p+1)=\dfrac{n!}{(n-p)!}\,}. Une permutation est un arrangement des nn éléments : Ann=n!\boxed{\,A_n^{n}=n!\,}.
Combinaisons Une combinaison de pp éléments parmi nn est un tirage simultané (l'ordre ne compte pas). Leur nombre est (np)=Cnp=Anpp!=n!p!(np)!\boxed{\,\dbinom np=C_n^{p}=\dfrac{A_n^{p}}{p!}=\dfrac{n!}{p!\,(n-p)!}\,}.
Propriétés des (np)\binom np (n0)=(nn)=1\dbinom n0=\dbinom nn=1,  (n1)=n\ \dbinom n1=n,  (np)=(nnp)\ \dbinom np=\dbinom n{n-p} (symétrie), et la relation de Pascal  (np)+(np+1)=(n+1p+1)\ \dbinom np+\dbinom n{p+1}=\dbinom{n+1}{p+1}.
Pourquoi diviser par p!p! Un arrangement distingue l'ordre, une combinaison non. Or pp objets s'ordonnent de p!p! façons : chaque combinaison correspond à p!p! arrangements. D'où (np)=Anpp!\binom np=\frac{A_n^{p}}{p!}.
Les trois types de tirages
  • Successif avec remise (ordre oui) : npn^{p}.
  • Successif sans remise (ordre oui) : AnpA_n^{p}.
  • Simultané (ordre non) : (np)\dbinom np.
Les deux questions — toujours Avant tout calcul : ① l'ordre compte-t-il ? ② y a-t-il remise ? Les réponses désignent la formule. Le mot « simultanément » dans un énoncé signifie toujours : combinaison.
Cardinal d'une réunion Pour E,FE,F finis : card(EF)=card(E)+card(F)card(EF)\operatorname{card}(E\cup F)=\operatorname{card}(E)+\operatorname{card}(F)-\operatorname{card}(E\cap F) ; si EF=E\cap F=\varnothing, la somme se réduit à card(E)+card(F)\operatorname{card}(E)+\operatorname{card}(F).

1.2 Calcul de probabilités

Univers & événements Une expérience aléatoire a des résultats connus mais imprévisibles. L'ensemble des résultats possibles est l'univers Ω\Omega ; un événement est une partie de Ω\Omega. Vocabulaire : \varnothing impossible, Ω\Omega certain ; ABA\cap BAA et BB »), ABA\cup BAA ou BB ») ; A,BA,B incompatibles si AB=A\cap B=\varnothing ; A\overline A contraire (AA=A\cap\overline A=\varnothing, AA=ΩA\cup\overline A=\Omega).
Équiprobabilité Si tous les événements élémentaires ont la même probabilité : P(A)=card(A)card(Ω)=cas favorablescas possibles\boxed{\,P(A)=\dfrac{\operatorname{card}(A)}{\operatorname{card}(\Omega)}=\dfrac{\text{cas favorables}}{\text{cas possibles}}\,}.
Propriétés de PP 0P(A)10\le P(A)\le1,  P(Ω)=1\ P(\Omega)=1,  P()=0\ P(\varnothing)=0, et surtout P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)\boxed{\,P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B)\,}, P(A)=1P(A)\boxed{\,P(\overline A)=1-P(A)\,}.
Le réflexe « au moins un » Dès qu'un énoncé demande « au moins un… », passez par le contraire : le contraire de « au moins un » est « aucun », presque toujours bien plus simple à compter.

1.3 Probabilité conditionnelle

Définition Pour A,BA,B avec P(A)0P(A)\neq0, la probabilité de BB sachant AA est PA(B)=P(AB)P(A)\boxed{\,P_A(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}\,}.
Probabilité d'une intersection P(AB)=P(A)×PA(B)=P(B)×PB(A)\boxed{\,P(A\cap B)=P(A)\times P_A(B)=P(B)\times P_B(A)\,}. En équiprobabilité, PA(B)=card(AB)card(A)P_A(B)=\dfrac{\operatorname{card}(A\cap B)}{\operatorname{card}(A)}.
Ce que « sachant AA » veut dire On change d'univers : AA devient le nouvel ensemble de référence. Au lieu de compter sur Ω\Omega, on compte sur AA — d'où la division par P(A)P(A).
Formule des probabilités totales Si A1,,AnA_1,\dots,A_n forment une partition de Ω\Omega (deux à deux incompatibles, de réunion Ω\Omega, de probabilités non nulles), alors pour tout BB : P(B)=i=1nP(Ai)PAi(B)\boxed{\,P(B)=\displaystyle\sum_{i=1}^{n}P(A_i)\,P_{A_i}(B)\,}. En particulier avec {A,A}\{A,\overline A\} : P(B)=P(A)PA(B)+P(A)PA(B)P(B)=P(A)P_A(B)+P(\overline A)P_{\overline A}(B).
A P(A) P(A̅) B B Pₓ(B) Pₓ(B̅) Pₓ̅(B) Pₓ̅(B̅)
L'arbre pondéré. On multiplie les probabilités le long d'un chemin, et l'on additionne les chemins menant au même événement. La somme des branches issues d'un même nœud vaut toujours 11.
L'arbre est votre meilleur allié Presque tout exercice de probabilité conditionnelle se résout par un arbre pondéré. Deux règles : on multiplie le long d'un chemin, on additionne les chemins menant au même résultat. Vérification : la somme des branches partant d'un nœud vaut 11.
Formule de Bayes (probabilité des causes) Pour une partition {A1,,An}\{A_1,\dots,A_n\} et BB de probabilité non nulle : PB(Aj)=P(Aj)PAj(B)i=1nP(Ai)PAi(B)=P(Aj)PAj(B)P(B)\boxed{\,P_B(A_j)=\dfrac{P(A_j)\,P_{A_j}(B)}{\displaystyle\sum_{i=1}^{n}P(A_i)\,P_{A_i}(B)}=\dfrac{P(A_j)\,P_{A_j}(B)}{P(B)}\,}.
Remonter le temps Les probabilités totales descendent l'arbre (des causes AiA_i vers l'effet BB) ; Bayes le remonte : connaissant l'effet BB, quelle en est la cause probable AjA_j ? Le numérateur est le chemin passant par AjA_j, le dénominateur la somme de tous les chemins menant à BB.

1.4 Indépendance

Événements indépendants AA et BB sont indépendants si P(AB)=P(A)×P(B)\boxed{\,P(A\cap B)=P(A)\times P(B)\,}. De façon équivalente (si P(A)0P(A)\neq0) : PA(B)=P(B)P_A(B)=P(B) — savoir que AA s'est produit ne change rien à BB.
Indépendants \neq incompatibles C'est l'erreur du chapitre. Incompatibles : AB=A\cap B=\varnothing (ils ne peuvent pas se produire ensemble). Indépendants : P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B). Deux événements incompatibles de probabilités non nulles sont d'ailleurs toujours dépendants : si AA se produit, on est certain que BB ne se produit pas !
Stabilité par passage au contraire Si AA et BB sont indépendants, alors A\overline A et BB, AA et B\overline B, A\overline A et B\overline B le sont aussi.

1.5 Variables aléatoires

Variable aléatoire & loi Une variable aléatoire XX associe un réel à chaque issue de Ω\Omega. Sa loi de probabilité est la donnée des valeurs xix_i prises par XX et des pi=P(X=xi)p_i=P(X=x_i). Vérification indispensable : ipi=1\displaystyle\sum_i p_i=1.
Espérance, variance, écart type E(X)=ixipi\boxed{\,E(X)=\displaystyle\sum_i x_i\,p_i\,},  V(X)=i(xiE(X))2pi=ixi2pi(E(X))2formule de Kœnig\ V(X)=\displaystyle\sum_i\big(x_i-E(X)\big)^{2}p_i=\underbrace{\sum_i x_i^{2}p_i-\big(E(X)\big)^{2}}_{\text{formule de Kœnig}},  σ(X)=V(X)\ \sigma(X)=\sqrt{V(X)}.
Ce que chacun signifie E(X)E(X) est la valeur moyenne attendue sur un grand nombre de répétitions — pas forcément une valeur possible de XX ! L'écart type σ(X)\sigma(X) mesure la dispersion autour de cette moyenne. La formule de Kœnig est presque toujours la plus rapide pour V(X)V(X).
Fonction de répartition C'est FX:R[0,1]F_X:\mathbb{R}\to[0,1], FX(x)=P(Xx)\boxed{\,F_X(x)=P(X\le x)\,}. Si XX prend les valeurs x_1<x_2<\dots<x_n : FXF_X est croissante, vaut 00 pour x<x_1 et 11 pour xxnx\ge x_n, et est constante par morceaux (« en escalier ») : elle fait un saut de hauteur pi=P(X=xi)p_i=P(X=x_i) en chaque xix_i.
Construire FXF_X & exemple On cumule les probabilités de gauche à droite : sur [xi,xi+1[[x_i,x_{i+1}[, FX(x)=p1++piF_X(x)=p_1+\dots+p_i. Ex. avec P(X=1)=0,2P(X=1)=0{,}2, P(X=2)=0,5P(X=2)=0{,}5, P(X=3)=0,3P(X=3)=0{,}3 : FX(x)={0si xlt;1,0,2si 1xlt;2,0,7si 2xlt;3,1si x3.F_X(x)=\begin{cases}0 & \text{si } x<1,\\ 0{,}2 & \text{si } 1\le x<2,\\ 0{,}7 & \text{si } 2\le x<3,\\ 1 & \text{si } x\ge3.\end{cases} Les hauteurs des sauts (0,2 ;0,5 ;0,30{,}2\ ;0{,}5\ ;0{,}3) redonnent la loi : connaître FXF_X équivaut à connaître la loi.

1.6 La loi binomiale

Épreuve de Bernoulli Une épreuve de Bernoulli n'a que deux issues : succès (probabilité pp) et échec (probabilité 1p1-p).
Loi binomiale B(n;p)\mathcal{B}(n\,;p) On répète nn fois une épreuve de Bernoulli de façon identique et indépendante ; XX = nombre de succès. Alors XX suit la loi binomiale B(n;p)\mathcal{B}(n\,;p), et pour k{0,,n}k\in\{0,\dots,n\} : P(X=k)=(nk)pk(1p)nk\boxed{\,P(X=k)=\dbinom nk\,p^{k}(1-p)^{n-k}\,}. De plus E(X)=np\boxed{\,E(X)=np\,},  V(X)=np(1p)\ V(X)=np(1-p),  σ(X)=np(1p)\ \sigma(X)=\sqrt{np(1-p)}.
D'où vient la formule Un chemin précis à kk succès et nkn-k échecs a pour probabilité pk(1p)nkp^{k}(1-p)^{n-k} (on multiplie le long du chemin, grâce à l'indépendance). Or il y a (nk)\binom nk façons de placer les kk succès parmi les nn répétitions — d'où le coefficient. C'est encore l'arbre.
Les 3 conditions — à citer dans la copie Avant d'écrire « XX suit une loi binomiale », vérifiez et écrivez que les répétitions sont ① identiques (même pp), ② indépendantes, ③ à deux issues. Ces trois lignes font partie du barème. Attention : un tirage sans remise brise l'indépendance — ce n'est alors pas une loi binomiale.

2 · Feuille de route

L'ordre conseillé pour maîtriser le chapitre.

1

Dénombrer

Ordre ? Remise ? → npn^{p}, AnpA_n^{p} ou (np)\binom np.

2

Probabilité d'un événement

Équiprobabilité cardAcardΩ\frac{\operatorname{card}A}{\operatorname{card}\Omega} ; contraire pour « au moins un ».

3

Conditionnelle & arbre

PA(B)=P(AB)P(A)P_A(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)} ; multiplier / additionner.

4

Totales & Bayes

Descendre l'arbre (totales), le remonter (Bayes).

5

Indépendance

P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B) ; ne pas confondre avec incompatibles.

6

Variable aléatoire

Loi (pi=1\sum p_i=1), E(X)E(X), V(X)V(X), σ\sigma, FXF_X.

7

Loi binomiale

3 conditions ; P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X=k)=\binom nk p^{k}(1-p)^{n-k} ; E=npE=np.

3 · Exercices choisis

Une sélection couvrant chaque compétence clé, avec correction guidée.

Dénombrement · réflexe du contraire

Exercice 1

Une urne contient 55 boules rouges et 33 boules vertes, indiscernables au toucher. On tire simultanément 22 boules. Calculer la probabilité d'obtenir : a) deux rouges ; b) au moins une verte.

Voir la correction

Tirage simultané : l'ordre ne compte pas, ce sont des combinaisons. card(Ω)=(82)=8×72=28\operatorname{card}(\Omega)=\binom82=\frac{8\times7}{2}=28.

a) RR : « deux rouges ». card(R)=(52)=5×42=10\operatorname{card}(R)=\binom52=\frac{5\times4}{2}=10, donc P(R)=1028=5140,357P(R)=\frac{10}{28}=\boxed{\frac{5}{14}}\approx0{,}357.

b) VV : « au moins une verte ». Réflexe du contraire : V\overline V = « aucune verte » = « deux rouges » = RR, déjà calculé ! Donc P(V)=1P(R)=1514=9140,643P(V)=1-P(R)=1-\frac{5}{14}=\boxed{\frac{9}{14}}\approx0{,}643. ∎

Probabilités totales · Bayes

Exercice 2

Une usine a deux machines. M1M_1 produit 60%60\,\% des pièces, dont 5%5\,\% défectueuses ; M2M_2 produit le reste, dont 8%8\,\% défectueuses. On prélève une pièce au hasard. a) Probabilité qu'elle soit défectueuse ? b) Elle est défectueuse : probabilité qu'elle vienne de M1M_1 ?

Voir la correction

Données : P(M1)=0,6P(M_1)=0{,}6, P(M2)=0,4P(M_2)=0{,}4, PM1(D)=0,05P_{M_1}(D)=0{,}05, PM2(D)=0,08P_{M_2}(D)=0{,}08.

a) {M1,M2}\{M_1,M_2\} est une partition : probabilités totales (on additionne les deux chemins vers DD) : P(D)=P(M1)PM1(D)+P(M2)PM2(D)=0,6×0,05+0,4×0,08=0,03+0,032=0,062.P(D)=P(M_1)P_{M_1}(D)+P(M_2)P_{M_2}(D)=0{,}6\times0{,}05+0{,}4\times0{,}08=0{,}03+0{,}032=\boxed{0{,}062}.

b) On renverse le conditionnement (Bayes) : PD(M1)=P(M1D)P(D)=0,030,0620,484.P_D(M_1)=\frac{P(M_1\cap D)}{P(D)}=\frac{0{,}03}{0{,}062}\approx\boxed{0{,}484}. À remarquer : PM1(D)=0,05P_{M_1}(D)=0{,}05 mais PD(M1)0,48P_D(M_1)\approx0{,}48 — ces deux nombres n'ont rien à voir, les confondre est une erreur classique. ∎

Loi binomiale

Exercice 3

On lance 44 fois une pièce équilibrée. Soit XX le nombre de « pile ». a) Justifier que XX suit une loi binomiale. b) Calculer P(X=2)P(X=2), puis P(X1)P(X\ge1). c) Donner E(X)E(X).

Voir la correction

a) Les 44 lancers sont identiques (même pièce, p=0,5p=0{,}5), indépendants (un lancer n'influence pas le suivant), à deux issues (pile = succès, face = échec). Donc XB(4;0,5)X\sim\mathcal{B}(4\,;0{,}5).

b) P(X=2)=(42)×0,52×0,52=6×0,0625=0,375P(X=2)=\binom42\times0{,}5^{2}\times0{,}5^{2}=6\times0{,}0625=\boxed{0{,}375}. Pour P(X1)P(X\ge1), contraire : P(X1)=1P(X=0)=1(40)0,500,54=1116=1516=0,9375.P(X\ge1)=1-P(X=0)=1-\binom40\,0{,}5^{0}\,0{,}5^{4}=1-\tfrac1{16}=\boxed{\tfrac{15}{16}=0{,}9375}.

c) E(X)=np=4×0,5=2E(X)=np=4\times0{,}5=\boxed{2} : on attend 22 piles en moyenne — cohérent avec l'intuition. ∎

Variable aléatoire · loi & espérance

Exercice 4

Une urne contient 44 jetons numérotés 1,2,2,31,2,2,3. On tire un jeton au hasard et XX désigne le numéro obtenu. Donner la loi de XX, puis calculer E(X)E(X) et V(X)V(X).

Voir la correction

Loi : XX prend les valeurs 1,2,31,2,3 avec P(X=1)=14P(X=1)=\frac14, P(X=2)=24=12P(X=2)=\frac24=\frac12, P(X=3)=14P(X=3)=\frac14. Vérification : 14+12+14=1\frac14+\frac12+\frac14=1 ✓.

Espérance : E(X)=1×14+2×12+3×14=14+1+34=2E(X)=1\times\frac14+2\times\frac12+3\times\frac14=\frac14+1+\frac34=\boxed{2}.

Variance (Kœnig) : E(X2)=1×14+4×12+9×14=14+2+94=184=92E(X^{2})=1\times\frac14+4\times\frac12+9\times\frac14=\frac14+2+\frac94=\frac{18}{4}=\frac92. Donc V(X)=E(X2)E(X)2=924=12V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2}=\frac92-4=\boxed{\frac12}, et σ(X)=120,71\sigma(X)=\frac{1}{\sqrt2}\approx0{,}71. ∎

Indépendance

Exercice 5

On lance un dé équilibré à six faces. Soit AA : « le résultat est pair » et BB : « le résultat est un multiple de 33 ». Les événements AA et BB sont-ils indépendants ?

Voir la correction

A={2,4,6}A=\{2,4,6\} donc P(A)=36=12P(A)=\frac36=\frac12 ; B={3,6}B=\{3,6\} donc P(B)=26=13P(B)=\frac26=\frac13. Puis AB={6}A\cap B=\{6\}, soit P(AB)=16P(A\cap B)=\frac16.

On compare : P(A)×P(B)=12×13=16=P(AB)P(A)\times P(B)=\frac12\times\frac13=\frac16=P(A\cap B). La condition P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B) est vérifiée, donc AA et BB sont indépendants. (Ils ne sont pas incompatibles : AB={6}A\cap B=\{6\}\neq\varnothing.) ∎

Fonction de répartition

Exercice 6

La loi de XX est P(X=0)=0,5P(X=0)=0{,}5, P(X=1)=0,3P(X=1)=0{,}3, P(X=2)=0,2P(X=2)=0{,}2. Donner la fonction de répartition FXF_X, puis retrouver P(X=1)P(X=1) à partir de FXF_X.

Voir la correction

On cumule de gauche à droite : FX(x)={0si xlt;0,0,5si 0xlt;1,0,8si 1xlt;2,1si x2.F_X(x)=\begin{cases}0 & \text{si } x<0,\\ 0{,}5 & \text{si } 0\le x<1,\\ 0{,}8 & \text{si } 1\le x<2,\\ 1 & \text{si } x\ge2.\end{cases} Le dernier palier vaut 11 : 0,5+0,3+0,2=10{,}5+0{,}3+0{,}2=1 ✓. La hauteur du saut en x=1x=1 redonne la loi : P(X=1)=FX(1)FX(1)=0,80,5=0,3P(X=1)=F_X(1)-F_X(1^-)=0{,}8-0{,}5=\boxed{0{,}3}. ∎

Besoin de plus d'exercices sur un point précis ? Demande à ton professeur en cours.

4 · Astuces & pièges à éviter

Astuce Avant tout calcul : l'ordre compte-t-il ? y a-t-il remise ? — les réponses donnent la formule.
Astuce Le mot « simultanément » ⇒ combinaisons (np)\binom np.
Astuce « Au moins un » ⇒ passer à l'événement contraire (« aucun »).
Astuce Probabilité conditionnelle ⇒ arbre pondéré : multiplier le long d'un chemin, additionner les chemins.
Astuce Kœnig V(X)=E(X2)E(X)2V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} : presque toujours plus rapide.
Astuce Loi binomiale : citer les 3 conditions (identiques, indépendantes, deux issues) — c'est au barème.
Piège Indépendants \neq incompatibles — c'est presque le contraire : deux incompatibles de proba non nulle sont dépendants.
Piège PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) sont différents : ne pas renverser le conditionnement à la légère (c'est le rôle de Bayes).
Piège Un tirage sans remise brise l'indépendance : ce n'est pas une loi binomiale.
Piège Ne pas oublier de vérifier ipi=1\sum_i p_i=1 avant d'exploiter une loi.

Formulaire à retenir

Principe fondamental N=n1×n2××npN=n_1\times n_2\times\cdots\times n_p (procédure en pp étapes)
Arrangements Anp=n(n1)(np+1)=n!(np)!A_n^{p}=n(n-1)\cdots(n-p+1)=\dfrac{n!}{(n-p)!} (ordre, sans remise)
Permutations Ann=n!A_n^{n}=n!
Combinaisons (np)=Anpp!=n!p!(np)!\dbinom np=\dfrac{A_n^{p}}{p!}=\dfrac{n!}{p!\,(n-p)!} (simultané, sans ordre)
Propriétés (np)\binom np (n0)=(nn)=1\dbinom n0=\dbinom nn=1, (np)=(nnp)\dbinom np=\dbinom n{n-p}, Pascal (np)+(np+1)=(n+1p+1)\dbinom np+\dbinom n{p+1}=\dbinom{n+1}{p+1}
Types de tirages avec remise npn^{p} ; sans remise AnpA_n^{p} ; simultané (np)\dbinom np
Cardinal card(EF)=cardE+cardFcard(EF)\operatorname{card}(E\cup F)=\operatorname{card}E+\operatorname{card}F-\operatorname{card}(E\cap F)
Équiprobabilité P(A)=card(A)card(Ω)=favorablespossiblesP(A)=\dfrac{\operatorname{card}(A)}{\operatorname{card}(\Omega)}=\dfrac{\text{favorables}}{\text{possibles}}
Bornes 0P(A)10\le P(A)\le1, P(Ω)=1P(\Omega)=1, P()=0P(\varnothing)=0
Réunion & contraire P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B) ; P(A)=1P(A)P(\overline A)=1-P(A)
Conditionnelle PA(B)=P(AB)P(A)P_A(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)} (P(A)0P(A)\neq0)
Intersection P(AB)=P(A)PA(B)=P(B)PB(A)P(A\cap B)=P(A)\,P_A(B)=P(B)\,P_B(A)
Probabilités totales partition {Ai}\{A_i\} : P(B)=iP(Ai)PAi(B)P(B)=\sum_i P(A_i)\,P_{A_i}(B)
Bayes PB(Aj)=P(Aj)PAj(B)iP(Ai)PAi(B)=P(Aj)PAj(B)P(B)P_B(A_j)=\dfrac{P(A_j)\,P_{A_j}(B)}{\sum_i P(A_i)\,P_{A_i}(B)}=\dfrac{P(A_j)\,P_{A_j}(B)}{P(B)}
Indépendance P(AB)=P(A)P(B)    PA(B)=P(B)P(A\cap B)=P(A)\,P(B)\iff P_A(B)=P(B)
Loi de XX pi=P(X=xi)p_i=P(X=x_i), ipi=1\sum_i p_i=1
Espérance E(X)=ixipiE(X)=\sum_i x_i\,p_i
Variance (Kœnig) V(X)=ixi2pi(E(X))2V(X)=\sum_i x_i^{2}p_i-\big(E(X)\big)^{2} ; σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}
Fonction de répartition FX(x)=P(Xx)F_X(x)=P(X\le x), croissante en escalier, sauts =pi=p_i
Loi binomiale XB(n;p)X\sim\mathcal{B}(n\,;p) : P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X=k)=\dbinom nk p^{k}(1-p)^{n-k}
Binomiale — moments E(X)=npE(X)=np, V(X)=np(1p)V(X)=np(1-p), σ(X)=np(1p)\sigma(X)=\sqrt{np(1-p)}
3 conditions binomiale répétitions identiques · indépendantes · à deux issues
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