En Sciences Mathématiques, ce chapitre couvre les équations différentielles du premier ordre (y′ = ay et y′ = ay + b) et celles du second ordre à coefficients constants, résolues selon le signe du discriminant de l'équation caractéristique. Ce cours détaille les trois formes de solutions possibles et la méthode générale de résolution. La difficulté propre à la filière tient souvent à la recherche d'une solution particulière et à l'imposition rigoureuse des conditions initiales. Vous retiendrez la structure invariante de la démarche : solution générale de l'équation homogène, plus une solution particulière, puis détermination des constantes. Le cours en donne un déroulé applicable à tous les cas.
1 · Résumé du cours
Jusqu'ici une équation cherchait un nombre. Ici, l'inconnue est une fonction, et l'équation la relie à ses dérivées. C'est le langage de la physique (décroissance radioactive, circuits RC/RLC, refroidissement), et l'outil central est l'exponentielle du chapitre 5 — l'unique fonction vérifiant y′=y et y(0)=1.
1.1 Définitions & forme unitaire
Définition
Une équation différentielle a pour inconnue une fonction y et fait intervenir y et ses dérivées. Une solution sur I est une fonction dérivable qui vérifie l'égalité pour tout x∈I.
Forme unitaire (réduite)
Toute équation du 1ᵉʳ ordre à coefficients constants s'écrit, après division par le coefficient de y′, sous la forme y′=ay+b. C'est elle qui permet de lire a et b.
Piège de lecture2y′+6y=4 n'est pas sous forme unitaire. On divise par 2 : y′+3y=2⟺y′=−3y+2, donc a=−3, b=2. Ne jamais lire a,b avant d'avoir ramené y′ à un coefficient 1.
1.2 L'équation y′=ay
Théorème
Les solutions sur R de y′=ay sont exactement les y(x)=Ceax,C∈R.
Pourquoi c'est exactement l'exponentielle
On cherche une fonction proportionnelle à sa dérivée : (eax)′=aeax. Pour l'unicité, posons z=ye−ax : alors z′=e−ax(y′−ay)=0, donc z constante =C sur l'intervalle, d'où y=Ceax (même argument que le « +k » du chapitre 6).
Unicité & linéarité
Pour tous x0,y0, il existe une unique solution vérifiant y(x0)=y0. De plus l'équation est linéaire : si y1,y2 sont solutions, λy1+μy2 l'est encore — l'ensemble des solutions est la droite vectorielle engendrée par x↦eax.
1.3 L'équation y′=ay+b
Théorème (a=0)
Les solutions sur R de y′=ay+b sont y(x)=Ceax−ab,C∈R.
La structure à comprendre : y=yp+yh
La solution générale se décompose toujours en
y=yp(sol. constante)−ab+yh(sol. de y′=ay)Ceax.
La constante −ab s'obtient en cherchant y constante (y′=0⇒0=ay+b). En physique : −ab est le régime permanent, Ceax le régime transitoire (qui s'éteint si a<0).
Méthode — 1ᵉʳ ordre① Mettre sous forme y′=ay+b (lire a,b). ② Écrire y=Ceax−ab. ③ Condition initiale ⇒ C. ④ Vérifier en dérivant.
1.4 Le second ordre y′′+ay′+by=0
Équation caractéristique
À y′′+ay′+by=0 on associe r2+ar+b=0, de discriminant Δ=a2−4b.
D'où elle sort
On cherche y=erx : alors y′′+ay′+by=erx(r2+ar+b). Comme erx=0toujours, l'équation équivaut à r2+ar+b=0. Ce n'est pas une recette : c'est ce qui reste après factorisation par l'exponentielle.
Les trois cassigne de ΔΔ>0Δ=0Δracinesr1=r2reˊellesr=−2a(double)lt;0solution geˊneˊraley=Aer1x+Ber2xy=(A+Bx)erxr=p±iqconjugueˊesy=epx(Acosqx+Bsinqx)
avec A,B∈R, et dans le cas \Delta<0 : p=−2a, q=2∣Δ∣.
Cas \Delta<0 : les racines p±iq donnent des oscillations (fréquence pilotée par q) d'enveloppe epx — amorties si p<0, entretenues si p=0, amplifiées si p>0. C'est le régime d'un circuit RLC.
Le lien avec le chapitre 8
Quand \Delta<0, les racines complexes conjuguées p±iq produisent les cos et sin via Euler eiqx=cosqx+isinqx. La partie réelle p pilote l'amortissement, la partie imaginaire q pilote la fréquence.
Unicité (deux conditions) & méthode
Il existe une unique solution vérifiant y(x0)=y0ety′(x0)=y0′ : deux constantes A,B ⇒ deux conditions (position et vitesse). Méthode : équation caractéristique → Δ → solution générale → traduire les 2 conditions en un système (dériver y pour la 2ᵉ) → résoudre.
1.5 Équations se ramenant à une forme usuelle
Deux réductions classiques
Second membre constanty′′+ay′+by=c(b=0) : solution particulière yp=bc ; en posant z=y−yp, z vérifie l'homogène. Donc y=yp+zh.
Absence du terme en yy′′+ay′=c : poser z=y′ (ordre 1 : z′=−az+c), résoudre z, puis intégrer pour y.