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2ᵉ Bac · Sciences Maths · Chapitre 8

Les nombres complexes

En Sciences Mathématiques, les nombres complexes forment un chapitre riche, qui va bien au-delà du calcul algébrique. Ce cours aborde les racines n-ièmes, la formule de Moivre, la notation exponentielle e^(iθ) et, surtout, les transformations du plan : rotations et similitudes directes. Vous apprendrez à lire chaque écriture complexe comme une opération géométrique — une similitude directe z′ = az + b a pour rapport |a| et pour angle arg(a). Dans les examens nationaux SM, l'exercice de complexes est souvent décisif par sa richesse. Le cours articule systématiquement calcul algébrique et interprétation géométrique, la double lecture qui fait la force de ce chapitre.

1 · Résumé du cours

L'équation x2=1x^{2}=-1 n'a aucune solution réelle. Plutôt que de s'arrêter là, on crée un nombre dont le carré vaut 1-1 — et l'on découvre un ensemble où toute équation du second degré a des solutions, et où la géométrie du plan se calcule à l'algèbre. C'est le chapitre le plus riche du programme.

1.1 Généralités

Définition Il existe un ensemble noté C\mathbb{C}, contenant R\mathbb{R}, muni d'une addition et d'une multiplication, et contenant un élément ii tel que i2=1\boxed{i^{2}=-1}. Tout zCz\in\mathbb{C} s'écrit de manière unique sous la forme algébrique z=a+ibz=a+ib avec a,bRa,b\in\mathbb{R}. a=Re(z)a=\operatorname{Re}(z) est la partie réelle, b=Im(z)b=\operatorname{Im}(z) la partie imaginaire.
Piège — Im(z)\operatorname{Im}(z) est un RÉEL La partie imaginaire de z=3+2iz=3+2i est 22, et non 2i2i. C'est une erreur de notation très fréquente — et elle fausse tous les calculs qui suivent.
Égalité & cas particuliers a+ib=a+ib    {a=ab=bz=0    {a=0b=0a+ib=a'+ib'\iff\begin{cases}a=a'\\ b=b'\end{cases}\qquad z=0\iff\begin{cases}a=0\\ b=0\end{cases} zz est réel     Im(z)=0\iff\operatorname{Im}(z)=0 ; zz est imaginaire pur     Re(z)=0\iff\operatorname{Re}(z)=0.
Le principe le plus utile du chapitre Une égalité complexe = deux équations réelles. Identifier parties réelles et parties imaginaires transforme une équation dans C\mathbb{C} en deux équations dans R\mathbb{R}.
Puissances de ii i0=1, i1=i, i2=1, i3=i, i4=1, i^{0}=1,\ i^{1}=i,\ i^{2}=-1,\ i^{3}=-i,\ i^{4}=1,\ \dots Elles sont périodiques de période 44 : pour ini^{n}, on divise nn par 44 et l'on ne garde que le reste.

1.2 Opérations dans C\mathbb{C}

Somme & produit Pour z=a+ibz=a+ib et z=a+ibz'=a'+ib' : z+z=(a+a)+i(b+b)z+z'=(a+a')+i(b+b') et zz=(aabb)+i(ab+ab)z\,z'=(aa'-bb')+i(ab'+a'b) (on développe, avec i2=1i^{2}=-1).
Méthode — calculer un quotient Pour écrire zz\dfrac{z}{z'} sous forme algébrique, on multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur : le dénominateur devient alors le réel z2|z'|^{2}.
Exemple 11+i=1×(1i)(1+i)(1i)=1i12+12=1i2=1212i.\dfrac{1}{1+i}=\dfrac{1\times(1-i)}{(1+i)(1-i)}=\dfrac{1-i}{1^{2}+1^{2}}=\dfrac{1-i}{2}=\dfrac12-\dfrac12\,i.

1.3 Le plan complexe

Image & affixe Le plan muni d'un repère orthonormé direct (O,u,v)(O,\vec u,\vec v), à tout z=a+ibz=a+ib on associe le point M(a,b)M(a,b), appelé image de zz. Réciproquement, zz est l'affixe de MM, noté zMz_M.
M(a,b) |z|=r θ a b Re Im
Le point MM d'affixe z=a+ibz=a+ib : sa distance à l'origine est le module z=r|z|=r, l'angle avec l'axe des réels est l'argument θ\theta.
Les formules géométriques de base
  • Affixe d'un vecteur : zAB=zBzAz_{\overrightarrow{AB}}=z_B-z_A ;
  • affixe du milieu II de [AB][AB] : zI=zA+zB2z_I=\dfrac{z_A+z_B}{2} ;
  • affixe du centre de gravité GG de ABCABC : zG=zA+zB+zC3z_G=\dfrac{z_A+z_B+z_C}{3} ;
  • u,v\vec u,\vec v d'affixes z,zz,z' colinéaires     zzR\iff\dfrac{z'}{z}\in\mathbb{R} (avec z0z\neq0) ;
  • A,B,CA,B,C alignés     zCzAzBzAR\iff\dfrac{z_C-z_A}{z_B-z_A}\in\mathbb{R}.
Affixe d'un barycentre Pour A1,,AnA_1,\dots,A_n d'affixes z1,,znz_1,\dots,z_n et coefficients α1,,αn\alpha_1,\dots,\alpha_n avec αk0\sum\alpha_k\neq0, l'affixe du barycentre est zG=α1z1++αnznα1++αn=kαkzkkαk\boxed{\,z_G=\dfrac{\alpha_1 z_1+\dots+\alpha_n z_n}{\alpha_1+\dots+\alpha_n}=\dfrac{\sum_k\alpha_k z_k}{\sum_k\alpha_k}\,} Le milieu (n=2n=2) et le centre de gravité (n=3n=3), à poids égaux, en sont les cas particuliers.

1.4 Conjugué

Définition Le conjugué de z=a+ibz=a+ib est zˉ=aib\boxed{\bar z=a-ib}. Son image est le symétrique de celle de zz par rapport à l'axe des réels.
Opérations & identité clé z+z=zˉ+zˉ,zz=zˉzˉ,(zz)=zˉzˉ,zn=(zˉ)n.\overline{z+z'}=\bar z+\bar{z'},\quad\overline{z\,z'}=\bar z\,\bar{z'},\quad\overline{\Big(\tfrac{z}{z'}\Big)}=\tfrac{\bar z}{\bar{z'}},\quad\overline{z^{n}}=\big(\bar z\big)^{n}. Et surtout : zzˉ=a2+b2=z2\boxed{\,z\,\bar z=a^{2}+b^{2}=|z|^{2}\,} — la clé des quotients.
Caractérisations zR    zˉ=zz\in\mathbb{R}\iff\bar z=z ; zz imaginaire pur     zˉ=z\iff\bar z=-z. De plus z+zˉ=2Re(z)z+\bar z=2\operatorname{Re}(z) et zzˉ=2iIm(z)z-\bar z=2i\operatorname{Im}(z).

1.5 Module

Définition Le module de z=a+ibz=a+ib est le réel positif z=a2+b2\boxed{\,|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}\,}. C'est la distance OMOM.
Propriétés zz=zz,zz=zz,zn=zn,zˉ=z,|z\,z'|=|z|\,|z'|,\quad\Big|\tfrac{z}{z'}\Big|=\tfrac{|z|}{|z'|},\quad|z^{n}|=|z|^{n},\quad|\bar z|=|z|, z=0    z=0,z+zz+z (ineˊgaliteˊ triangulaire).|z|=0\iff z=0,\qquad|z+z'|\le|z|+|z'|\ \text{(inégalité triangulaire)}.
Le module est une DISTANCE C'est la clé de toute la géométrie complexe : AB=zBzA\boxed{AB=|z_B-z_A|}. Dès que vous voyez un module d'une différence, pensez « distance » — et l'exercice devient géométrique.
Ensembles de points
  • zzA=r|z-z_A|=r : cercle de centre AA et de rayon rr ;
  • zzA=zzB|z-z_A|=|z-z_B| : médiatrice du segment [AB][AB].

1.6 Argument et forme trigonométrique

Définition Soit z0z\neq0 d'image MM. On appelle argument de zz toute mesure de l'angle orienté (u,OM)\big(\vec u,\overrightarrow{OM}\big), noté arg(z)\arg(z) (défini modulo 2π2\pi).
Méthode — trouver un argument On pose r=zr=|z|, puis on résout le système cosθ=ar\cos\theta=\dfrac{a}{r} et sinθ=br\sin\theta=\dfrac{b}{r}.
Piège — le cosinus SEUL ne suffit pas cosθ=12\cos\theta=\tfrac12 admet deux solutions dans ]π,π]]-\pi,\pi] : π3\tfrac\pi3 et π3-\tfrac\pi3. C'est le sinus qui tranche le signe. Utilisez toujours les deux — c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
Forme trigonométrique Tout z0z\neq0 s'écrit z=r(cosθ+isinθ)\boxed{\,z=r\big(\cos\theta+i\sin\theta\big)\,}, avec r=zr=|z| et θ=arg(z)\theta=\arg(z). Propriétés : arg(zz)=argz+argz,argzz=argzargz,\arg(z\,z')=\arg z+\arg z',\quad\arg\tfrac{z}{z'}=\arg z-\arg z', arg(zn)=nargz,arg(zˉ)=argz,arg(z)=argz+π.\arg(z^{n})=n\arg z,\quad\arg(\bar z)=-\arg z,\quad\arg(-z)=\arg z+\pi.

1.7 Notation exponentielle

Définition On pose eiθ=cosθ+isinθ\boxed{e^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta}. Tout z0z\neq0 s'écrit alors sous forme exponentielle z=reiθ\boxed{\,z=r\,e^{i\theta}\,}. On a eiθeiθ=ei(θ+θ),eiθeiθ=ei(θθ),eiθ=eiθ,eiθ=1.e^{i\theta}e^{i\theta'}=e^{i(\theta+\theta')},\quad\dfrac{e^{i\theta}}{e^{i\theta'}}=e^{i(\theta-\theta')},\quad\overline{e^{i\theta}}=e^{-i\theta},\quad\big|e^{i\theta}\big|=1.
Formule de Moivre Pour tout nZn\in\mathbb{Z} : (cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ)\boxed{\,\big(\cos\theta+i\sin\theta\big)^{n}=\cos(n\theta)+i\sin(n\theta)\,}, c'est-à-dire (eiθ)n=einθ\big(e^{i\theta}\big)^{n}=e^{in\theta}.
Formules d'Euler cosθ=eiθ+eiθ2,sinθ=eiθeiθ2i\boxed{\,\cos\theta=\dfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\,},\qquad\boxed{\,\sin\theta=\dfrac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}\,}
À quoi servent ces deux formules — sens opposés
  • Moivre sert à développer : calculer znz^{n}, ou exprimer cos(3θ)\cos(3\theta) en fonction de cosθ\cos\theta ;
  • Euler sert à linéariser : transformer cos3θ\cos^{3}\theta en somme de cos(kθ)\cos(k\theta) — ce qui permet ensuite de primitiver.
Exemple : cos2θ=(eiθ+eiθ2)2=2cos(2θ)+24=1+cos(2θ)2\cos^{2}\theta=\Big(\tfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\Big)^{2}=\dfrac{2\cos(2\theta)+2}{4}=\dfrac{1+\cos(2\theta)}{2}.

1.8 Sommes géométriques & angle moitié

Somme géométrique dans C\mathbb{C} Pour z1z\neq1 et nNn\in\mathbb{N} : k=0nzk=1+z++zn=1zn+11z\boxed{\,\displaystyle\sum_{k=0}^{n}z^{k}=1+z+\dots+z^{n}=\dfrac{1-z^{\,n+1}}{1-z}\,} (si z=1z=1, la somme vaut n+1n+1). Binôme de Newton : (a+b)n=k=0n(nk)akbnk(a+b)^{n}=\sum_{k=0}^{n}\binom nk a^{k}b^{\,n-k}.
Factorisation par l'angle moitié 1+eiθ=2cosθ2  eiθ/21eiθ=2isinθ2  eiθ/2\boxed{\,1+e^{i\theta}=2\cos\tfrac\theta2\;e^{i\theta/2}\,}\qquad\boxed{\,1-e^{i\theta}=-2i\sin\tfrac\theta2\;e^{i\theta/2}\,} et plus généralement eia+eib=2cosab2  eia+b2e^{ia}+e^{ib}=2\cos\dfrac{a-b}2\;e^{\,i\frac{a+b}2}.
Séparer module et argument L'angle moitié transforme une somme (1±eiθ1\pm e^{i\theta}) en un produit : un facteur réel (2cosθ22\cos\tfrac\theta2 ou 2sinθ22\sin\tfrac\theta2) qui porte le module, et eiθ/2e^{i\theta/2} qui porte l'argument. Attention au signe du facteur réel : négatif, il ajoute π\pi à l'argument. Associée à la somme géométrique, elle permet de calculer k=0neikθ\displaystyle\sum_{k=0}^{n}e^{ik\theta}.

1.9 Racines nn-ièmes

Racines nn-ièmes de l'unité Soit nNn\in\mathbb{N}^{*}. Une racine nn-ième de l'unité est un zz tel que zn=1z^{n}=1 ; leur ensemble est Un\mathbb{U}_{n}. L'équation zn=1z^{n}=1 admet exactement nn solutions : ωk=ei2kπn, k{0,,n1}\boxed{\,\omega_{k}=e^{\,i\frac{2k\pi}{n}},\ k\in\{0,\dots,n-1\}\,}.
Deux faits à retenir
  • Les images de Un\mathbb{U}_{n} sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité, l'un d'eux étant 11 ;
  • leur somme est nulle dès que n2n\ge2 : k=0n1ωk=0\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1}\omega_{k}=0.
ω₀=1
Les 66 racines sixièmes de l'unité : sommets d'un hexagone régulier inscrit dans le cercle unité, ω0=1\omega_{0}=1. Leur somme vaut 00.
Le nombre jj On note j=ei2π3=12+i32\boxed{\,j=e^{\,i\frac{2\pi}{3}}=-\tfrac12+i\tfrac{\sqrt3}{2}\,}. Les racines cubiques de l'unité sont U3={1,j,j2}\mathbb{U}_{3}=\{1,j,j^{2}\}, avec j2=jˉ=1jj^{2}=\bar j=\tfrac1j, j3=1j^{3}=1 et 1+j+j2=0\boxed{\,1+j+j^{2}=0\,}.
Racines nn-ièmes d'un complexe non nul Soit a=ρeiφ0a=\rho\,e^{i\varphi}\neq0. L'équation zn=az^{n}=a admet exactement nn solutions : zk=ρn  eiφ+2kπn,k{0,,n1}\boxed{\,z_{k}=\sqrt[n]{\rho}\;e^{\,i\frac{\varphi+2k\pi}{n}},\quad k\in\{0,\dots,n-1\}\,} On les obtient toutes en multipliant l'une d'elles par les racines nn-ièmes de l'unité. Méthode : mettre aa sous forme exponentielle, prendre ρn\sqrt[n]{\rho} et les arguments φ+2kπn\tfrac{\varphi+2k\pi}{n}.

1.10 Complexes et géométrie

Angle de deux vecteurs arg(zBzA)\arg(z_B-z_A) mesure l'angle (u,AB)\big(\vec u,\overrightarrow{AB}\big), et (AB,AC)=argzCzAzBzA [2π]\boxed{\,\big(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\big)=\arg\dfrac{z_C-z_A}{z_B-z_A}\ [2\pi]\,}
Les configurations à reconnaître En posant Z=zCzAzBzAZ=\dfrac{z_C-z_A}{z_B-z_A} :
  • A,B,CA,B,C alignés     ZR\iff Z\in\mathbb{R} ;
  • (AB)(AC)    Z(AB)\perp(AC)\iff Z imaginaire pur ;
  • ABCABC isocèle en A    Z=1A\iff|Z|=1 ;
  • ABCABC rectangle isocèle en A    Z=±iA\iff Z=\pm i ;
  • ABCABC équilatéral     Z=e±iπ/3\iff Z=e^{\pm i\pi/3}.
Cocyclicité : A,B,C,DA,B,C,D distincts sont cocycliques ou alignés     \iff le birapport zCzAzCzB÷zDzAzDzBR\dfrac{z_C-z_A}{z_C-z_B}\div\dfrac{z_D-z_A}{z_D-z_B}\in\mathbb{R}.

1.11 L'équation du second degré dans C\mathbb{C}

L'équation z2=az^{2}=a, aRa\in\mathbb{R} a>0a>0 : deux solutions réelles ±a\pm\sqrt a ; a=0a=0 : z=0z=0 ; a<0 : deux solutions imaginaires pures ±ia\pm i\sqrt{|a|}.
Équation az2+bz+c=0az^{2}+bz+c=0, coefficients réels Soit Δ=b24ac\Delta=b^{2}-4ac.
  • Δ>0\Delta>0 : deux racines réelles b±Δ2a\dfrac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a} ;
  • Δ=0\Delta=0 : racine double b2a-\dfrac{b}{2a} ;
  • \Delta<0 : deux racines complexes conjuguées z1=b+iΔ2az_{1}=\dfrac{-b+i\sqrt{|\Delta|}}{2a}, z2=z1z_{2}=\overline{z_{1}}.
Dans tous les cas z1+z2=baz_1+z_2=-\dfrac ba et z1z2=caz_1 z_2=\dfrac ca.
Dans C\mathbb{C}, il y a TOUJOURS des solutions Un discriminant négatif ne signifie plus « pas de solution », mais « deux solutions conjuguées ». Et elles le sont parce que a,b,ca,b,c sont réels — si les coefficients étaient complexes, les racines n'auraient aucune raison d'être conjuguées.
Racines carrées d'un complexe (méthode algébrique) Tout w0w\neq0 admet deux racines carrées opposées. Pour w=x+iyw=x+iy, on cherche δ=α+iβ\delta=\alpha+i\beta tel que δ2=w\delta^{2}=w en résolvant α2β2=x\alpha^{2}-\beta^{2}=x, 2αβ=y2\alpha\beta=y, α2+β2=x2+y2\alpha^{2}+\beta^{2}=\sqrt{x^{2}+y^{2}} ; le signe de 2αβ=y2\alpha\beta=y fixe si α,β\alpha,\beta sont de même signe.
Équation à coefficients complexes Pour az2+bz+c=0az^{2}+bz+c=0 avec a,b,cCa,b,c\in\mathbb{C}, a0a\neq0, Δ=b24ac\Delta=b^{2}-4ac : si δ\delta est une racine carrée de Δ\Delta, les solutions sont z=b±δ2a\boxed{\,z=\dfrac{-b\pm\delta}{2a}\,}. Le schéma est identique au cas réel : on ne peut plus écrire Δ\sqrt\Delta, on choisit δ\delta.

1.12 Transformations & similitude directe

Écritures complexes Pour M(z)M(z)M(z)\mapsto M'(z') :
  • Translation de vecteur d'affixe bb : z=z+b\boxed{z'=z+b} ;
  • Homothétie de centre Ω(ω)\Omega(\omega), rapport kRk\in\mathbb{R}^{*} : zω=k(zω)\boxed{z'-\omega=k(z-\omega)} ;
  • Rotation de centre Ω(ω)\Omega(\omega), angle θ\theta : zω=eiθ(zω)\boxed{z'-\omega=e^{i\theta}(z-\omega)}.
Reconnaître une transformation z=λz+βz'=\lambda z+\beta
  • λ=1\lambda=1 : translation de vecteur d'affixe β\beta ;
  • λR{0,1}\lambda\in\mathbb{R}\setminus\{0,1\} : homothétie de rapport λ\lambda ;
  • λ=1, λ1|\lambda|=1,\ \lambda\neq1 : rotation d'angle argλ\arg\lambda.
Le centre ω\omega est le point fixe : on résout ω=λω+β\omega=\lambda\omega+\beta.
Similitude directe Toute transformation z=az+b, aC, bC\boxed{\,z'=a\,z+b,\ a\in\mathbb{C}^{*},\ b\in\mathbb{C}\,}. Si a1a\neq1 : centre ω=b1a\omega=\dfrac{b}{1-a} (point fixe), rapport k=ak=|a|, angle θ=arg(a)\theta=\arg(a), et zω=a(zω)z'-\omega=a(z-\omega).
Rotation & homothétie : deux cas particuliers Selon aa (a1a\neq1) : a=1|a|=1rotation d'angle arga\arg a ; aR+a\in\mathbb{R}_{+}^{*}homothétie de rapport aa ; cas général = composée d'une rotation d'angle arga\arg a et d'une homothétie de rapport a|a|, de même centre. Une similitude directe conserve les angles orientés et multiplie toutes les distances par k=ak=|a|.

2 · Feuille de route

L'ordre conseillé pour maîtriser le chapitre.

1

Forme algébrique

i2=1i^{2}=-1, Re/Im\operatorname{Re}/\operatorname{Im}, une égalité = deux équations.

2

Conjugué & module

zzˉ=z2z\bar z=|z|^{2} (quotients), zBzA|z_B-z_A| = distance.

3

Argument & forme trig

Système cos\cos et sin\sin, z=r(cosθ+isinθ)z=r(\cos\theta+i\sin\theta).

4

Exponentielle

z=reiθz=re^{i\theta}, Moivre (développer), Euler (linéariser).

5

Racines nn-ièmes

zn=az^{n}=a, Un\mathbb{U}_n, polygone régulier, 1+j+j2=01+j+j^{2}=0.

6

Second degré dans C\mathbb{C}

\Delta<0 ⇒ conjuguées ; racine carrée de Δ\Delta.

7

Géométrie

zCzAzBzA\dfrac{z_C-z_A}{z_B-z_A} encode alignés / perpendiculaires / triangles.

8

Similitude directe

z=az+bz'=az+b : centre b1a\frac{b}{1-a}, rapport a|a|, angle arga\arg a.

3 · Exercices choisis

Une sélection couvrant chaque compétence clé, avec correction guidée.

Forme exponentielle · Moivre

Exercice 1

Écrire z=1+i3z=1+i\sqrt3 sous forme exponentielle, puis calculer z6z^{6}.

Voir la correction

Module : z=12+(3)2=4=2|z|=\sqrt{1^{2}+(\sqrt3)^{2}}=\sqrt4=2.

Argument : on résout le système cosθ=12\cos\theta=\tfrac12 et sinθ=32\sin\theta=\tfrac{\sqrt3}{2}. Le cosinus seul autoriserait ±π3\pm\tfrac\pi3 ; le sinus étant positif, θ=π3\theta=\tfrac\pi3. Donc z=2eiπ/3\boxed{z=2\,e^{i\pi/3}}.

Puissance : avec Moivre, z6=26ei×6×π/3=64e2iπ=64z^{6}=2^{6}\,e^{i\times6\times\pi/3}=64\,e^{2i\pi}=64. Un nombre réel — voilà pourquoi on passe en exponentielle pour les puissances. ∎

Second degré · \Delta<0

Exercice 2

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z22z+5=0z^{2}-2z+5=0.

Voir la correction

Coefficients réels. \Delta=(-2)^{2}-4\times1\times5=4-20=-16<0 : deux racines conjuguées. Comme Δ=4\sqrt{|\Delta|}=4 : z1=2+4i2=1+2i,z2=z1=12i.z_{1}=\dfrac{2+4i}{2}=1+2i,\qquad z_{2}=\overline{z_{1}}=1-2i. Vérif. : z1+z2=2=baz_1+z_2=2=-\tfrac ba ✓ et z1z2=(1+2i)(12i)=1+4=5=caz_1 z_2=(1+2i)(1-2i)=1+4=5=\tfrac ca ✓ ∎

Euler · linéarisation

Exercice 3

Linéariser cos3θ\cos^{3}\theta (l'exprimer en somme de cosinus).

Voir la correction

Avec Euler cosθ=eiθ+eiθ2\cos\theta=\tfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2} : cos3θ=18(eiθ+eiθ)3=18(e3iθ+3eiθ+3eiθ+e3iθ).\cos^{3}\theta=\dfrac{1}{8}\big(e^{i\theta}+e^{-i\theta}\big)^{3}=\dfrac{1}{8}\big(e^{3i\theta}+3e^{i\theta}+3e^{-i\theta}+e^{-3i\theta}\big). On regroupe les conjugués : e3iθ+e3iθ=2cos3θe^{3i\theta}+e^{-3i\theta}=2\cos3\theta et 3(eiθ+eiθ)=6cosθ3(e^{i\theta}+e^{-i\theta})=6\cos\theta, d'où cos3θ=cos3θ+3cosθ4.\boxed{\cos^{3}\theta=\dfrac{\cos3\theta+3\cos\theta}{4}}. Sous cette forme, cos3θ\cos^{3}\theta se primitive terme à terme. ∎

Racines nn-ièmes

Exercice 4

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z3=8z^{3}=-8.

Voir la correction

On met le second membre sous forme exponentielle : 8=8eiπ-8=8\,e^{i\pi}. Les solutions sont zk=83  eiπ+2kπ3=2eiπ+2kπ3,k{0,1,2}.z_{k}=\sqrt[3]{8}\;e^{\,i\frac{\pi+2k\pi}{3}}=2\,e^{\,i\frac{\pi+2k\pi}{3}},\quad k\in\{0,1,2\}. On développe : z0=2eiπ/3=1+i3z_{0}=2e^{i\pi/3}=1+i\sqrt3, z1=2eiπ=2z_{1}=2e^{i\pi}=-2, z2=2ei5π/3=1i3z_{2}=2e^{i5\pi/3}=1-i\sqrt3. Les trois images forment un triangle équilatéral de centre OO. ∎

Transformation · rotation

Exercice 5

Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de z=iz+1iz'=i\,z+1-i.

Voir la correction

Ici λ=i\lambda=i. Comme i=1|i|=1 et i1i\neq1, c'est une rotation d'angle θ=arg(i)=π2\theta=\arg(i)=\tfrac\pi2.

Centre = point fixe : ω=iω+1iω(1i)=1iω=1\omega=i\omega+1-i\Rightarrow\omega(1-i)=1-i\Rightarrow\omega=1. Conclusion : rotation de centre Ω(1)\Omega(1), angle π2\tfrac\pi2.

Vérif. : z1=iz+1i1=i(z1)z'-1=iz+1-i-1=i(z-1), forme zω=eiθ(zω)z'-\omega=e^{i\theta}(z-\omega). ✓ ∎

Similitude directe

Exercice 6

Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de z=(1+i)z+2z'=(1+i)\,z+2.

Voir la correction

Ici a=1+i1a=1+i\neq1 : similitude directe. k=a=1+1=2k=|a|=\sqrt{1+1}=\sqrt2, θ=arg(1+i)=π4\theta=\arg(1+i)=\tfrac\pi4.

Centre (point fixe) : ω=b1a=21(1+i)=2i=2i\omega=\dfrac{b}{1-a}=\dfrac{2}{1-(1+i)}=\dfrac{2}{-i}=2i.

Conclusion : similitude directe de centre Ω(2i)\Omega(2i), rapport 2\sqrt2, angle π4\tfrac\pi4 (composée d'une rotation d'angle π4\tfrac\pi4 et d'une homothétie de rapport 2\sqrt2, de même centre). ∎

Besoin de plus d'exercices sur un point précis ? Demande à ton professeur en cours.

4 · Astuces & pièges à éviter

Astuce Une égalité complexe = deux équations réelles (parties réelle et imaginaire).
Astuce zzˉ=z2z\bar z=|z|^{2} : la clé des quotients — on multiplie par le conjugué.
Astuce Puissances ⇒ forme exponentielle (Moivre) ; linéarisation ⇒ Euler.
Astuce zzA|z-z_A| est une distance : cercle, médiatrice, configurations géométriques.
Astuce zCzAzBzA\dfrac{z_C-z_A}{z_B-z_A} encode tout : réel ⇒ alignés, imaginaire pur ⇒ perpendiculaires.
Astuce 1+j+j2=01+j+j^{2}=0 (j=e2iπ/3j=e^{2i\pi/3}) : réflexe pour toute expression symétrique en 1,j,j21,j,j^{2}.
Piège Im(z)\operatorname{Im}(z) est un réel : pour 3+2i3+2i, c'est 22, pas 2i2i.
Piège Pour un argument, résoudre le système cos\cos et sin\sin : le cosinus seul est ambigu.
Piège Dans C\mathbb{C}, \Delta<0 ne veut plus dire « pas de solution » mais « deux conjuguées ».
Piège Coefficients complexes : on n'écrit jamais Δ\sqrt\Delta — on choisit une racine carrée δ\delta de Δ\Delta.
Piège Composer deux transformations n'est pas commutatif : trrtt\circ r\neq r\circ t (mêmes angles, centres différents).

Formulaire à retenir

Nombre ii i2=1i^{2}=-1 ; puissances périodiques de période 44
Forme algébrique z=a+ibz=a+ib, a=Re(z)a=\operatorname{Re}(z), b=Im(z)b=\operatorname{Im}(z) (un réel)
Égalité a+ib=a+ib    a=aa+ib=a'+ib'\iff a=a' et b=bb=b'
Conjugué a+ib=aib\overline{a+ib}=a-ib ; zzˉ=a2+b2=z2z\bar z=a^{2}+b^{2}=|z|^{2}
Quotient multiplier par le conjugué du dénominateur
Réel / imaginaire pur zR    zˉ=zz\in\mathbb{R}\iff\bar z=z ; imaginaire pur     zˉ=z\iff\bar z=-z
Module z=a2+b2|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}, zz=zz|zz'|=|z||z'|, zn=zn|z^{n}|=|z|^{n}
Distance AB=zBzAAB=|z_B-z_A| ; zzA=r|z-z_A|=r cercle, zzA=zzB|z-z_A|=|z-z_B| médiatrice
Argument cosθ=ar\cos\theta=\tfrac ar, sinθ=br\sin\theta=\tfrac br (système, modulo 2π2\pi)
Forme trigonométrique z=r(cosθ+isinθ)z=r(\cos\theta+i\sin\theta)
Propriétés de l'argument arg(zz)=argz+argz\arg(zz')=\arg z+\arg z', arg(zn)=nargz\arg(z^{n})=n\arg z
Forme exponentielle eiθ=cosθ+isinθe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta, z=reiθz=re^{i\theta}, eiθ=1|e^{i\theta}|=1
Moivre (cosθ+isinθ)n=cosnθ+isinnθ(\cos\theta+i\sin\theta)^{n}=\cos n\theta+i\sin n\theta
Euler cosθ=eiθ+eiθ2\cos\theta=\tfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}, sinθ=eiθeiθ2i\sin\theta=\tfrac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}
Angle moitié 1+eiθ=2cosθ2eiθ/21+e^{i\theta}=2\cos\tfrac\theta2\,e^{i\theta/2}, 1eiθ=2isinθ2eiθ/21-e^{i\theta}=-2i\sin\tfrac\theta2\,e^{i\theta/2}
Somme géométrique k=0nzk=1zn+11z\displaystyle\sum_{k=0}^{n}z^{k}=\dfrac{1-z^{\,n+1}}{1-z} (z1z\neq1)
Racines de l'unité zn=1z^{n}=1 : ωk=ei2kπ/n\omega_k=e^{i2k\pi/n}, ωk=0\sum\omega_k=0, polygone régulier
Nombre jj j=e2iπ/3j=e^{2i\pi/3}, j3=1j^{3}=1, 1+j+j2=01+j+j^{2}=0, j2=jˉj^{2}=\bar j
Racines nn-ièmes de a=ρeiφa=\rho e^{i\varphi} zk=ρnei(φ+2kπ)/nz_k=\sqrt[n]{\rho}\,e^{i(\varphi+2k\pi)/n}, k=0,,n1k=0,\dots,n-1
Barycentre zG=αkzkαkz_G=\dfrac{\sum\alpha_k z_k}{\sum\alpha_k} (milieu, centre de gravité)
Angle de deux vecteurs (AB,AC)=argzCzAzBzA\big(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\big)=\arg\dfrac{z_C-z_A}{z_B-z_A}
Second degré (réels), \Delta<0 z=b±iΔ2az=\dfrac{-b\pm i\sqrt{|\Delta|}}{2a}, conjuguées ; z1+z2=baz_1+z_2=-\tfrac ba, z1z2=caz_1z_2=\tfrac ca
Coefficients complexes z=b±δ2az=\dfrac{-b\pm\delta}{2a}, δ\delta racine carrée de Δ\Delta
Translation z=z+bz'=z+b
Homothétie (kR)(k\in\mathbb{R}^{*}) zω=k(zω)z'-\omega=k(z-\omega)
Rotation (angle θ\theta) zω=eiθ(zω)z'-\omega=e^{i\theta}(z-\omega)
Similitude directe z=az+bz'=az+b : centre ω=b1a\omega=\tfrac{b}{1-a}, rapport a|a|, angle arga\arg a
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