Une transformation du plan déplace chaque point selon une règle géométrique précise ; ce chapitre en étudie quatre. La symétrie axiale S_(D) « replie » le plan autour d'une droite, qui devient la médiatrice de [MM′]. La symétrie centrale S_O retourne le plan autour d'un point O, milieu de [MM′], et vérifie A′B′ = −AB (vecteurs). La translation t_u glisse tout le plan d'un même vecteur u, avec MM′ = u et A′B′ = AB : les figures gardent taille, forme et orientation. L'homothétie h_(Ω,k) agrandit ou réduit à partir d'un centre Ω selon un rapport k, avec ΩM′ = k·ΩM et A′B′ = k·AB : les longueurs sont multipliées par |k| et les aires par k². Le fil conducteur est la conservation : ces transformations préservent l'alignement, le parallélisme, l'orthogonalité, les angles et la nature des figures (droite → droite, cercle → cercle). On distingue enfin les isométries (symétries et translation, qui conservent les distances) de l'homothétie de rapport |k| ≠ 1 qui les modifie, et on apprend à reconnaître une transformation, à construire l'image d'une figure et à prouver un parallélisme à l'aide des relations vectorielles caractéristiques.
1 · Résumé du cours
Une transformation du plan associe à chaque point M un unique point M′, son image. On étudie ici quatre transformations : symétrie axiale, symétrie centrale, translation et homothétie. Les trois premières conservent les longueurs ; l'homothétie les multiplie par une constante.
1.1 Vocabulaire et principe général
Définition
Une transformationT associe à chaque point M un unique point M′=T(M). On dit que M′ est l'image de M, ou que M est un antécédent de M′.
Définition — point invariant
Un point A est invariant par T si T(A)=A. L'ensemble des points invariants dépend de la transformation.
Une figure est transformée point par point
Pour l'image d'un segment, d'une droite, d'un cercle ou d'un polygone, il suffit de transformer quelques points caractéristiques : extrémités, deux points d'une droite, centre et un point d'un cercle, sommets d'un polygone.
1.2 Symétrie axiale
Définition
Pour une droite (D), la symétrie axialeS(D) associe à M le point M′ tel que S(D)(M)=M′⟺(D) est la meˊdiatrice de [MM′]. Si M∈(D), alors M′=M.
Propriété — points invariants
Les invariants de S(D) sont exactement les points de l'axe : S(D)(A)=A⟺A∈(D).
Méthode — construire le symétrique d'un point
Pour M∈/(D) : (1) tracer la perpendiculaire à (D) par M ; (2) noter H son intersection avec (D) ; (3) placer M′ de l'autre côté avec HM′=HM. Alors H est le milieu de [MM′] et (D)⊥(MM′).
Propriété — images usuellesS(D) conserve longueurs et angles : l'image de [AB] est [A′B′] avec A′B′=AB ; l'image d'un cercle de centre I, rayon r est le cercle de centre I′=S(D)(I), même rayon ; l'image d'une droite est une droite (pas forcément parallèle).
Cas particuliers pour une droite
L'axe (D) et toute perpendiculaire à (D) sont invariants. Une parallèle à (D) a pour image une parallèle. Sinon, la droite et son image sont généralement sécantes.
1.3 Symétrie centrale
Définition
Pour un point O, la symétrie centraleSO associe à M le point M′ tel que O soit le milieu de [MM′] : SO(M)=M′⟺OM′=−OM.
Propriété — invariant et caractérisationO est l'unique invariant. Si A′=SO(A), B′=SO(B), alors A′B′=−AB. Réciproquement, cette égalité pour tous A,B caractérise une symétrie centrale.
Démonstration. Comme OA′=−OA et OB′=−OB, Chasles donne A′B′=A′O+OB′=OA−OB=−AB. En prenant les normes, A′B′=AB. ∎
Propriété — images usuelles
Une droite (d) devient une parallèle à (d) (invariante si O∈(d)) ; un segment devient un segment de même longueur ; un cercle de centre I, rayon r devient le cercle de centre I′=SO(I), même rayon.
Exemple (repère). Si O(a,b), M(x,y), M′(x′,y′)=SO(M), le milieu donne a=2x+x′, b=2y+y′, d'où x′=2a−x,y′=2b−y. Pour O(0,0) : M′(−x,−y).
1.4 Translation
Définition
Pour un vecteur u, la translationtu associe à M le point M′ tel que tu(M)=M′⟺MM′=u.
Méthode — construire l'image d'un point
Si u=AB, construire M′ revient à compléter le parallélogramme ABM′M : parallèle à (AB) par M, parallèle à (AM) par B, leur intersection est M′.
Théorème — propriété caractéristique
Si A′=tu(A), B′=tu(B), alors A′B′=AB. Réciproquement, cette égalité caractérise une translation.
Démonstration.AA′=u et BB′=u, donc A′B′=A′A+AB+BB′=−u+AB+u=AB. ∎
Propriété — invariants et images
Si u=0, aucun invariant (tous si u=0). L'image d'une droite est une parallèle (confondue si u en est un vecteur directeur) ; segment et cercle conservent leurs dimensions, le centre du cercle devient tu(I).
Exemple (repère). Si u=(p,q), MM′=(x′−x,y′−y)=(p,q), donc x′=x+p,y′=y+q.
1.5 Homothétie
Définition
Pour un point Ω et k∈R∗, l'homothétieh(Ω,k) associe à M le point M′ tel que h(Ω,k)(M)=M′⟺ΩM′=kΩM. Les points Ω,M,M′ sont alignés.
Propriété — rôle du rapport
Pour M=Ω : k>0 → M,M′ du même côté de Ω, k<0 → côtés opposés ; ∣k∣>1 → agrandissement, 0<∣k∣<1 → réduction ; k=1 → identité ; k=−1 → symétrie centrale de centre Ω.
Méthode — construire l'image d'un point
Tracer (ΩM) : le signe de k donne le côté de Ω, la relation ΩM′=∣k∣ΩM fixe la distance. Ex. k=−2 : M′ de l'autre côté, distance double.
Théorème — propriété caractéristique
Si A′=h(Ω,k)(A), B′=h(Ω,k)(B), alors A′B′=kAB et A′B′=∣k∣AB. Réciproquement, pour k=1, cette égalité caractérise une homothétie de rapport k.
Démonstration.A′B′=A′Ω+ΩB′=−kΩA+kΩB=k(ΩB−ΩA)=kAB. Puis A′B′=∣k∣AB. ∎
Propriété — invariants et images
Si k=1, Ω est l'unique invariant. Une droite ne passant pas par Ω devient une parallèle (invariante si elle passe par Ω) ; un segment de longueur L devient ∣k∣L ; un cercle de rayon r devient un cercle de rayon ∣k∣r, centre h(Ω,k)(I) ; les aires sont multipliées par k2.
Exemple (repère). Si Ω(a,b), (x′−a,y′−b)=k(x−a,y−b), donc x′=a+k(x−a),y′=b+k(y−b).
Le signe de k ne change pas le facteur de longueur
Dans A′B′=kAB, le signe agit sur le sens. Pour les longueurs, toujours ∣k∣ ; pour les aires, k2.
1.6 Propriétés de conservation et récapitulatif
Propriété — propriétés communes
Les quatre transformations conservent : l'alignement et la colinéarité ; le milieu et les rapports de longueurs sur une droite ; le parallélisme et l'orthogonalité ; la mesure des angles ; la nature des figures (droite→droite, segment→segment, cercle→cercle).
Récapitulatif
Symétrie axiale — (D) médiatrice de [MM′] ; invariants : (D) ; longueurs et aires conservées.
Symétrie centrale — OM′=−OM ; invariant : O ; longueurs et aires conservées.
Translation — MM′=u ; aucun invariant si u=0 ; longueurs et aires conservées.
Isométrie ou homothétie ?
Une isométrie conserve toutes les distances : les deux symétries et la translation en sont. L'homothétie n'est une isométrie que si ∣k∣=1 ; sinon elle modifie les longueurs.
1.7 Méthodes essentielles
Méthode — reconnaître la transformation
Selon la relation entre M et M′ : une droite médiatrice de [MM′] → symétrie axiale ; un point milieu de [MM′] → symétrie centrale ; MM′ constant → translation ; ΩM′=kΩM → homothétie. Toujours préciser axe, centre, vecteur ou rapport.
Méthode — image d'une figure
(1) identifier les éléments caractéristiques ; (2) les transformer (extrémités, sommets, centre) ; (3) reconstruire par conservation ; (4) en homothétie, longueurs ×∣k∣, aires ×k2. Pour un cercle : transformer le centre, déterminer le rayon image.
Méthode — prouver un parallélisme
Transformer deux points A,B puis utiliser A′B′=AB (translation) ou A′B′=kAB (homothétie) : les vecteurs colinéaires donnent la même direction. Vérifier ensuite si les droites sont distinctes ou confondues.
L'essentiel du chapitre
Symétrie axiale : l'axe est la médiatrice de [MM′].
Symétrie centrale : O milieu de [MM′], A′B′=−AB.
Translation : MM′=u, A′B′=AB.
Homothétie : ΩM′=kΩM, A′B′=kAB.
Symétries et translation conservent les longueurs ; l'homothétie les multiplie par ∣k∣ et les aires par k2.
Avant de conclure « strictement parallèles », vérifier que les droites ne sont pas confondues.
2 · Exercices résolus
Homothétie, longueur
Exercice 1
h est l'homothétie de centre Ω et de rapport k=−2. A′,B′ sont les images de A,B, avec AB=3. Calculer A′B′ et préciser la position de (A′B′) par rapport à (AB).
Voir la correction
1. Propriété caractéristique.A′B′=kAB=−2AB.
2. Longueur. Une longueur est positive : A′B′=∣k∣AB=∣−2∣×3=6, donc A′B′=6.
3. Position des droites.A′B′=−2AB : vecteurs colinéaires, donc (A′B′)∥(AB) (éventuellement confondues). Si Ω∈/(AB) : distinctes et parallèles ; si Ω∈(AB) : (AB) invariante, (A′B′)=(AB). Ω n'étant pas précisé, on ne tranche pas. Le signe − inverse seulement le sens. ■
Homothétie, cercle et aires
Exercice 2
Soit h l'homothétie de centre Ω et de rapport k=3. Quelle est l'image du cercle C de centre I et de rayon 2 ? Et le rapport des aires ?
Voir la correction
1. Centre image. L'image d'un cercle est un cercle, de centre I′=h(I) avec ΩI′=3ΩI : comme 3>0, I,I′ sur la même demi-droite et ΩI′=3ΩI.
2. Rayon image.r′=∣k∣r=3×2=6. Donc C′ a pour centre I′=h(I) et pour rayon 6.
3. Rapport des aires. Une homothétie multiplie les aires par k2 : AA′=32=9. Contrôle : A=π⋅22=4π, A′=π⋅62=36π, 4π36π=9, d'où A′=9A. ■