L'arithmétique, c'est l'étude des nombres entiers et de la façon dont ils se divisent les uns les autres. Ce chapitre commence par les notions de pair et d'impair (n = 2k ou n = 2k + 1), la clé de nombreuses démonstrations, puis introduit la divisibilité, les critères qui permettent de reconnaître d'un coup d'œil un multiple de 2, 3, 4, 5, 9 ou 11, et la division euclidienne a = bq + r avec 0 ≤ r < b — l'outil fondateur de tout le reste. Vous rencontrerez ensuite les nombres premiers, la brique élémentaire de tous les entiers, la décomposition en facteurs premiers (unique !), et deux quantités que vous calculerez sans cesse : le PGCD (plus grand diviseur commun, obtenu par l'algorithme d'Euclide) et le PPCM (plus petit multiple commun), reliés par pgcd(a,b) × ppcm(a,b) = a × b. C'est aussi ce qui permet de rendre une fraction irréductible en une seule étape.
1 · Résumé du cours
L'arithmétique étudie les entiers naturels et les relations de divisibilité entre eux. Dans ce chapitre, on apprend à reconnaître les nombres pairs et impairs, à effectuer une division euclidienne, à utiliser les nombres premiers et à calculer le PGCD et le PPCM de deux entiers.
1.1 L'ensemble des entiers naturels
Définition
L'ensemble des entiers naturels est N={0,1,2,3,…}. L'ensemble des entiers naturels non nuls est noté N∗=N∖{0}={1,2,3,…}.
Exemple.18∈N et 0∈N, tandis que −3∈/N, 32∈/N et 2∈/N.
Propriété — quelques propriétés utiles
Pour tous a,b∈N : a+b=0⟺a=b=0,ab=0⟺a=0oub=0. De plus, ab=1 si et seulement si a=b=1.
1.2 Nombres pairs et nombres impairs
Définition
Soit n∈N.
n est pair s'il existe k∈N tel que n=2k ;
n est impair s'il existe k∈N tel que n=2k+1.
Propriété — règles de parité
Tout entier naturel est soit pair, soit impair, jamais les deux à la fois. Pour deux entiers naturels a et b : Pariteˊ de apairepaireimpaireimpairePariteˊ de bpaireimpairepaireimpairea+bpaireimpaireimpairepaireabpairepairepaireimpaire En particulier, le produit de deux entiers consécutifs n(n+1) est toujours pair.
Méthode — étudier une parité
On remplace un entier pair par 2k et un entier impair par 2k+1, puis on transforme l'expression obtenue afin de faire apparaître l'une de ces deux formes.
Exemple. Si n=2k+1 est impair, alors n2=(2k+1)2=2(2k2+2k)+1. Ainsi, le carré d'un entier impair est impair.
1.3 Diviseurs et multiples
Définition
Soient a∈N et d∈N∗. On dit que ddivisea s'il existe k∈N tel que a=dk. On note d∣a. On dit aussi que d est un diviseur de a et que a est un multiple de d.
Exemple.145=5×29, donc 5∣145 et 29∣145. Le nombre 145 est un multiple de 5 et de 29.
Propriété — calculs avec la divisibilité
Soient a,b,c∈N et d∈N∗.
1 divise tout entier naturel et tout entier naturel non nul se divise lui-même.
0 est un multiple de tout entier naturel non nul.
Si d∣a et d∣b, alors d∣(a+b) ; si a≥b, alors d∣(a−b).
Si d∣a, alors d∣ac.
Si d∣a et a∣b, alors d∣b.
1.4 Critères de divisibilité
Propriété
Un entier naturel est divisible par :
2 si son chiffre des unités est 0,2,4,6 ou 8 ;
3 si la somme de ses chiffres est divisible par 3 ;
4 si le nombre formé par ses deux derniers chiffres est divisible par 4 ;
5 si son chiffre des unités est 0 ou 5 ;
8 si le nombre formé par ses trois derniers chiffres est divisible par 8 ;
9 si la somme de ses chiffres est divisible par 9 ;
11 si la différence entre la somme des chiffres de rang impair et celle des chiffres de rang pair est un multiple de 11 ;
25 si le nombre formé par ses deux derniers chiffres est divisible par 25.
Exemple. Pour n=47520 : le chiffre des unités est 0, donc n est divisible par 2 et 5 ; 4+7+5+2+0=18, donc n est divisible par 3 et 9 ; 20 est divisible par 4, donc n l'est aussi ; 520=8×65, donc n est divisible par 8.
Bien appliquer un critère
Un critère de divisibilité fournit une condition nécessaire et suffisante. Par exemple, un entier est divisible par 9 si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 9.
1.5 Division euclidienne dans ℕ
Théorème — division euclidienne
Soient a∈N et b∈N∗. Il existe un unique couple (q,r)∈N2 tel que a=bq+ravec0≤r<b.a est le dividende, b le diviseur, q le quotient et r le reste.
Exemple. La division euclidienne de 2026 par 37 s'écrit 2026=37×54+28, avec 0≤28<37. Le quotient est 54 et le reste est 28.
Propriété
Pour b∈N∗, on a b∣a si et seulement si le reste de la division euclidienne de a par b est nul.
1.6 Nombres premiers
Définition
Un entier naturel p≥2 est premier s'il admet exactement deux diviseurs positifs : 1 et p. Un entier n≥2 qui n'est pas premier est dit composé.
Exemple. Les nombres premiers inférieurs à 30 sont 2,3,5,7,11,13,17,19,23,29. Le nombre 1 n'est pas premier et 2 est le seul nombre premier pair.
Méthode — tester si un entier est premier
Pour déterminer si n≥2 est premier, il suffit de tester sa divisibilité par les nombres premiers p tels que p≤n. Si l'un de ces nombres premiers divise n, alors n est composé ; si aucun ne divise n, alors n est premier.
Exemple.97<10. Il suffit donc de tester 2,3,5 et 7. Aucun ne divise 97, donc 97 est premier. En revanche, 299=13×23 : le nombre 299 est composé.
1.7 Décomposition en facteurs premiers
Théorème fondamental de l'arithmétique
Tout entier naturel n≥2 se décompose, de façon unique à l'ordre des facteurs près, sous la forme n=p1α1p2α2⋯psαs, où p1,p2,…,ps sont des nombres premiers distincts et α1,α2,…,αs∈N∗.
Méthode — décomposer un entier
On divise successivement l'entier par le plus petit nombre premier possible : 2, puis 3, puis 5, puis 7, etc. On poursuit jusqu'à obtenir le quotient 1, puis on regroupe les facteurs identiques à l'aide de puissances.
Exemple.1344=2×672=22×336=⋯=26×3×7. Ainsi, 1344=26×3×7 est sa décomposition en facteurs premiers.
1.8 PGCD et entiers premiers entre eux
Définition
Soient a,b∈N∗. Le PGCD de a et b, noté pgcd(a,b), est leur plus grand diviseur commun. Les entiers a et b sont premiers entre eux lorsque pgcd(a,b)=1.
Méthode — PGCD par décomposition
On décompose a et b en facteurs premiers. Le PGCD est le produit des facteurs premiers communs, chacun étant affecté du plus petit exposant présent dans les deux décompositions.
Exemple.120=23×3×5 et 1764=22×32×72. Donc pgcd(120,1764)=22×3=12.
Théorème — algorithme d'Euclide
Si a=bq+r est la division euclidienne de a par b, alors pgcd(a,b)=pgcd(b,r). En répétant les divisions euclidiennes, le PGCD est le dernier reste non nul.
Exemple. Calculons pgcd(1053,325) : 105332578=325×3+78,=78×4+13,=13×6+0. Le dernier reste non nul est 13, donc pgcd(1053,325)=13.
1.9 PPCM de deux entiers naturels
Définition
Soient a,b∈N∗. Le PPCM de a et b, noté ppcm(a,b), est leur plus petit multiple commun strictement positif.
Méthode — PPCM par décomposition
On décompose a et b en facteurs premiers. Le PPCM est le produit de tous les facteurs premiers présents, chacun étant affecté du plus grand exposant rencontré.
Exemple. À partir des décompositions de 120 et 1764 : ppcm(120,1764)=23×32×5×72=17640.
Propriété — relation fondamentale
Pour tous a,b∈N∗ : pgcd(a,b)×ppcm(a,b)=a×b.
Méthode — rendre une fraction irréductible
Pour rendre ba irréductible, on calcule d=pgcd(a,b), puis on divise le numérateur et le dénominateur par d : ba=b÷da÷d.
Exemple.pgcd(360,84)=12, donc 84360=84÷12360÷12=730. La fraction 730 est irréductible.
L'essentiel du chapitre
Pair : n=2k ; impair : n=2k+1.
d∣a signifie qu'il existe k∈N tel que a=dk.
Division euclidienne : a=bq+r avec 0≤r<b.
Pour tester si n est premier, on teste les nombres premiers jusqu'à n.
PGCD : facteurs communs avec les plus petits exposants.
PPCM : tous les facteurs avec les plus grands exposants.
L'algorithme d'Euclide donne le PGCD comme dernier reste non nul.
pgcd(a,b)×ppcm(a,b)=ab.
2 · Exercices résolus
PGCD · PPCM
Exercice 1
Décomposer 360 et 84 en produits de facteurs premiers, puis calculer leur PGCD et leur PPCM.
Voir la correction
On obtient 360=23×32×5 et 84=22×3×7.
Pour le PGCD, on conserve les facteurs communs avec les plus petits exposants : pgcd(360,84)=22×3=12.
Pour le PPCM, on conserve tous les facteurs avec les plus grands exposants : ppcm(360,84)=23×32×5×7=2520.
Enfin, 12×2520=30240=360×84, ce qui vérifie la relation fondamentale. ■
Divisibilité · parité
Exercice 2
Montrer que si n est impair, alors n2−1 est divisible par 8.
Voir la correction
Comme n est impair, il existe k∈N tel que n=2k+1. Alors n2−1=(2k+1)2−1=4k2+4k=4k(k+1).
Les entiers k et k+1 sont consécutifs : l'un des deux est pair. Il existe donc m∈N tel que k(k+1)=2m. Par conséquent, n2−1=4×2m=8m. Ainsi, 8∣(n2−1). ■
Algorithme d'Euclide
Exercice 3
Effectuer la division euclidienne de 1053 par 325, puis utiliser l'algorithme d'Euclide pour calculer pgcd(1053,325).
Voir la correction
La première division donne 1053=325×3+78, avec 0≤78<325.
On poursuit : 325=78×4+13, puis 78=13×6+0.
Le dernier reste non nul est 13. Par l'algorithme d'Euclide, pgcd(1053,325)=13. ■