Aller au contenu principal
MathExcellence
← Tous les cours
2

1ʳᵉ Bac · Sciences Expérimentales · Chapitre 2

Généralités sur les fonctions

Une fonction, ce n'est pas seulement une formule : c'est une forme et un comportement. Ce chapitre vous donne tout le vocabulaire pour décrire ce comportement — ensemble de définition, parité, périodicité, monotonie, bornes, symétries — et surtout les outils pour le démontrer proprement, sans encore utiliser la dérivée (elle arrive plus tard dans l'année). Vous apprendrez à déterminer un domaine, à lire une courbe, à prouver qu'une fonction est croissante par le signe de f(b) − f(a), à reconnaître une fonction majorée, minorée ou bornée, à comparer deux fonctions par le signe de leur différence, et à composer deux fonctions. Les fonctions de référence, le second degré et la fonction homographique complètent la boîte à outils que vous réutiliserez dans l'étude des fonctions, les limites et la dérivabilité.

1 · Résumé du cours

Une fonction ne se résume pas à sa formule : elle a une forme, un comportement. Ce chapitre installe le vocabulaire qui décrit ce comportement — parité, monotonie, bornes, symétries — et les outils qui permettent de le démontrer, sans encore recourir à la dérivée.

1.1 Fonction numérique et ensemble de définition

Définition — fonction numérique Une fonction numérique ff définie sur un ensemble DRD\subset\mathbb{R} associe à chaque réel xDx\in D un unique réel noté f(x)f(x) : f:DR,xf(x).f:D\longrightarrow\mathbb{R},\qquad x\longmapsto f(x). Le nombre f(x)f(x) est l'image de xx par ff. Si f(x)=yf(x)=y, alors xx est un antécédent de yy par ff.
Image unique, antécédents éventuels Un nombre xDx\in D possède une seule image. En revanche, un réel yy peut avoir aucun, un ou plusieurs antécédents. Chercher les antécédents de yy revient à résoudre l'équation f(x)=yf(x)=y dans DfD_f.
Définition — ensemble de définition L'ensemble de définition DfD_f est l'ensemble de tous les réels xx pour lesquels l'expression f(x)f(x) a un sens.
Règles usuelles pour déterminer DfD_f
  • une fonction polynomiale est définie sur R\mathbb{R} ;
  • une fraction A(x)B(x)\dfrac{A(x)}{B(x)} exige B(x)0B(x)\neq0 ;
  • une racine carrée A(x)\sqrt{A(x)} exige A(x)0A(x)\ge0 ;
  • une expression 1A(x)\dfrac1{\sqrt{A(x)}} exige A(x)>0A(x)>0.
Lorsque plusieurs contraintes apparaissent, DfD_f est leur intersection.

Exemple. Pour f(x)=2x1x3f(x)=\dfrac{\sqrt{2x-1}}{x-3}, il faut simultanément 2x102x-1\ge0 et x30x-3\neq0. Ainsi Df=[12,+[{3}D_f=\left[\frac12,+\infty\right[\setminus\{3\}.

Définition — égalité de deux fonctions Deux fonctions ff et gg sont égales si elles ont le même ensemble de définition et si xDf, f(x)=g(x)\forall x\in D_f,\ f(x)=g(x). Une même formule sur un domaine différent ne définit donc pas la même fonction.

Exemple. Les expressions x21x1\dfrac{x^2-1}{x-1} et x+1x+1 sont égales pour tout x1x\neq1, mais les fonctions qu'elles définissent ne sont pas égales si la seconde est prise sur R\mathbb{R} : leurs domaines diffèrent.

1.2 Représentation graphique et lectures

Dans un repère, la courbe représentative Cf\mathcal{C}_f de ff est l'ensemble des points M(x,f(x))M\big(x,f(x)\big) avec xDfx\in D_f.

Traductions graphiques
  • f(a)=bf(a)=b signifie que le point (a,b)(a,b) appartient à Cf\mathcal{C}_f ;
  • les solutions de f(x)=kf(x)=k sont les abscisses des intersections de Cf\mathcal{C}_f avec la droite horizontale y=ky=k ;
  • les solutions de f(x)=g(x)f(x)=g(x) sont les abscisses des intersections de Cf\mathcal{C}_f et Cg\mathcal{C}_g ;
  • f(x)kf(x)\ge k lorsque Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de la droite y=ky=k ;
  • f(x)g(x)f(x)\ge g(x) lorsque Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Cg\mathcal{C}_g.
Méthode — résoudre graphiquement
  1. repérer la courbe ou tracer la droite de comparaison ;
  2. lire les abscisses des points d'intersection pour une équation ;
  3. lire les intervalles où une courbe est au-dessus / au-dessous pour une inéquation ;
  4. donner des valeurs approchées si la lecture n'est pas exacte.

1.3 Parité et périodicité

Définition — parité Soit ff définie sur DfD_f symétrique par rapport à 00 (c.-à-d. xDfxDfx\in D_f\Rightarrow -x\in D_f).
  • ff est paire si xDf, f(x)=f(x)\forall x\in D_f,\ f(-x)=f(x) ;
  • ff est impaire si xDf, f(x)=f(x)\forall x\in D_f,\ f(-x)=-f(x).
Traduction graphique
  • ff paire     \iff Cf\mathcal{C}_f est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées (Oy)(Oy) ;
  • ff impaire     \iff Cf\mathcal{C}_f est symétrique par rapport à l'origine OO.
La parité permet de n'étudier ff que sur Df[0,+[D_f\cap[0,+\infty[, puis de compléter par symétrie.
Méthode — étudier la parité
  1. vérifier d'abord que DfD_f est symétrique (sinon ff n'est ni paire ni impaire) ;
  2. calculer f(x)f(-x) ;
  3. comparer à f(x)f(x) (paire) et à f(x)-f(x) (impaire).

Exemple. f(x)=x2+cosxf(x)=x^2+\cos x sur R\mathbb{R} : f(x)=(x)2+cos(x)=x2+cosx=f(x)f(-x)=(-x)^2+\cos(-x)=x^2+\cos x=f(x). La fonction est paire.

Axe ou centre de symétrie quelconque Soit Cf\mathcal{C}_f la courbe de ff.
  • la droite x=ax=a est un axe de symétrie de Cf\mathcal{C}_f si le domaine est symétrique par rapport à aa et si h, f(ah)=f(a+h)\forall h,\ f(a-h)=f(a+h) ;
  • le point I(a,b)I(a,b) est un centre de symétrie de Cf\mathcal{C}_f si le domaine est symétrique par rapport à aa et si h, f(ah)+f(a+h)=2b\forall h,\ f(a-h)+f(a+h)=2b.
La parité correspond au cas a=0a=0 ; pour une fonction impaire, le centre est O(0,0)O(0,0).

Exemple. Pour f(x)=(x2)2+1f(x)=(x-2)^2+1, on a f(2h)=h2+1=f(2+h)f(2-h)=h^2+1=f(2+h). La droite x=2x=2 est donc un axe de symétrie de Cf\mathcal{C}_f.

Définition — périodicité ff est périodique de période T>0T>0 si, pour tout réel xx, xDf    x+TDfetf(x+T)=f(x).x\in D_f\iff x+T\in D_f\qquad\text{et}\qquad f(x+T)=f(x). Sa courbe est alors invariante par la translation de vecteur TıT\,\vec{\imath} : il suffit de l'étudier sur un intervalle de longueur TT.

Exemple. xcosxx\mapsto\cos x et xsinxx\mapsto\sin x sont périodiques de période 2π2\pi ; xtanxx\mapsto\tan x est périodique de période π\pi.

1.4 Opérations sur les fonctions

Soient ff et gg deux fonctions et λR\lambda\in\mathbb{R}. Pour tout réel xx où les expressions ont un sens :

(f+g)(x)=f(x)+g(x),(fg)(x)=f(x)g(x),(λf)(x)=λf(x),(fg)(x)=f(x)g(x).(f+g)(x)=f(x)+g(x),\qquad (fg)(x)=f(x)g(x),\qquad (\lambda f)(x)=\lambda f(x),\qquad \left(\frac fg\right)(x)=\frac{f(x)}{g(x)}.
Domaines des opérations Df+g=Dfg=Dfg=DfDg,Df/g={xDfDgg(x)0}.D_{f+g}=D_{f-g}=D_{fg}=D_f\cap D_g,\qquad D_{f/g}=\{x\in D_f\cap D_g\mid g(x)\neq0\}. Multiplier une fonction par un réel ne change pas son domaine, sauf si la nouvelle écriture masque une restriction de la fonction initiale.

Exemple. Pour f(x)=x+1f(x)=\sqrt{x+1} et g(x)=x2g(x)=x-2, on a Df=[1,+[D_f=[-1,+\infty[ et Dg=RD_g=\mathbb{R}. Donc Df+g=[1,+[D_{f+g}=[-1,+\infty[ et Df/g=[1,+[{2}D_{f/g}=[-1,+\infty[\setminus\{2\}.

Déterminer le domaine avant de simplifier Une simplification algébrique ne réintroduit jamais une valeur interdite. Par exemple, x21x1=x+1\dfrac{x^2-1}{x-1}=x+1 seulement pour x1x\neq1 : la restriction x1x\neq1 doit être conservée.

1.5 Monotonie

Définition — sens de variation Soit ff définie sur un intervalle II. ff est, sur II :
  • croissante si a,bI, abf(a)f(b)\forall a,b\in I,\ a\le b\Rightarrow f(a)\le f(b) (elle conserve l'ordre) ;
  • décroissante si a,bI, abf(a)f(b)\forall a,b\in I,\ a\le b\Rightarrow f(a)\ge f(b) (elle inverse l'ordre) ;
  • constante si ff garde la même valeur sur II.
On parle de monotonie stricte avec des inégalités strictes.
Définition — taux de variation Le taux de variation de ff entre deux réels distincts aa et bb de II est τ=f(b)f(a)ba.\tau=\dfrac{f(b)-f(a)}{b-a}.
Monotonie par le taux de variation Sur un intervalle II : f croissante    τ0 pour tous ab,f deˊcroissante    τ0.f \text{ croissante} \iff \tau\ge0 \text{ pour tous } a\neq b,\qquad f \text{ décroissante} \iff \tau\le0. Pour une monotonie stricte, on remplace 0\ge0 et 0\le0 par >0>0 et <0<0.
Méthode — étudier la monotonie sans dérivée Pour deux réels a<ba<b de II, on calcule et on étudie le signe de la différence f(b)f(a)f(b)-f(a) (ou du taux τ\tau). Un signe constant \Rightarrow ff est monotone.

Exemple. f(x)=x2f(x)=x^2 est croissante sur [0,+[[0,+\infty[ : pour 0a<b0\le a<b, f(b)f(a)=b2a2=(ba)(b+a)>0f(b)-f(a)=b^2-a^2=(b-a)(b+a)>0 car ba>0b-a>0 et b+a>0b+a>0.

Parité et variations · translations verticales
  • si ff est paire, les variations sur la partie négative sont inverses de celles observées sur la partie positive ;
  • si ff est impaire, les variations sur les deux parties ont le même sens ;
  • k+fk+f a le même sens de variation que ff (translation verticale) ;
  • kfk\,f a le même sens que ff si k>0k>0, le sens contraire si k<0k<0.

1.6 Fonction majorée, minorée, bornée

Définition Soit ff définie sur DD. ff est :
  • majorée sur DD s'il existe MRM\in\mathbb{R} tel que xD, f(x)M\forall x\in D,\ f(x)\le M (MM est un majorant) ;
  • minorée s'il existe mRm\in\mathbb{R} tel que xD, f(x)m\forall x\in D,\ f(x)\ge m (mm est un minorant) ;
  • bornée si elle est à la fois majorée et minorée : m,M, xD, mf(x)M\exists m,M,\ \forall x\in D,\ m\le f(x)\le M.
Graphiquement, une fonction bornée a sa courbe prise entre les droites y=my=m et y=My=M.
Définition — extremums ff admet un maximum global en x0Dx_0\in D si xD, f(x)f(x0)\forall x\in D,\ f(x)\le f(x_0) ; un minimum global si xD, f(x)f(x0)\forall x\in D,\ f(x)\ge f(x_0). La valeur extrême est alors atteinte. Un extremum local ne vérifie l'inégalité que pour les xx suffisamment proches de x0x_0, et n'est pas nécessairement l'extremum sur tout le domaine.
Une fonction monotone sur un segment est bornée Si ff est monotone sur [a,b][a,b], alors pour x[a,b]x\in[a,b] : f croissantef(a)f(x)f(b),f deˊcroissantef(b)f(x)f(a).f\text{ croissante}\Rightarrow f(a)\le f(x)\le f(b),\qquad f\text{ décroissante}\Rightarrow f(b)\le f(x)\le f(a).
Majorant atteint ou non MM majore ff sans forcément être une valeur de ff. Pour f(x)=x2x2+1f(x)=\dfrac{x^2}{x^2+1}, on a f(x)<1f(x)<1 pour tout xx : 11 est un majorant, mais jamais atteint — ce n'est donc pas un maximum.

1.7 Comparaison de deux fonctions

Définition Soient ff et gg définies sur un même ensemble DD. On dit que fgf\le g sur DD si xD, f(x)g(x)\forall x\in D,\ f(x)\le g(x).
Position relative des courbes Le signe de la différence fgf-g situe les courbes l'une par rapport à l'autre :
  • f(x)g(x)>0f(x)-g(x)>0 : Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Cg\mathcal{C}_g ;
  • f(x)g(x)<0f(x)-g(x)<0 : Cf\mathcal{C}_f est au-dessous ;
  • f(x)g(x)=0f(x)-g(x)=0 : les courbes se coupent.
Comparer ff et gg, c'est donc étudier le signe de f(x)g(x)f(x)-g(x) (factorisation, tableau de signes).

1.8 Image d'un intervalle

Définition L'image d'un intervalle II par ff, notée f(I)f(I), est l'ensemble des valeurs f(x)f(x) obtenues lorsque xx parcourt II : f(I)={f(x)xI}f(I)=\{f(x)\mid x\in I\}.
Encadrement par monotonie Si ff est monotone sur [a,b][a,b], alors : f croissantef([a,b])[f(a),f(b)],f deˊcroissantef([a,b])[f(b),f(a)].f\text{ croissante}\Rightarrow f([a,b])\subset[f(a),f(b)],\qquad f\text{ décroissante}\Rightarrow f([a,b])\subset[f(b),f(a)]. Les bornes sont atteintes en aa et bb.
Encadrement ≠ image exacte La monotonie suffit pour encadrer f(x)f(x) entre les valeurs aux extrémités, mais elle ne prouve pas à elle seule que toutes les valeurs intermédiaires sont prises : cela sera garanti plus tard par la continuité.

1.9 Fonctions de référence

Les fonctions usuelles servent de modèles. Leurs domaines, variations et symétries doivent être connus.

Fonctions usuelles — domaine et variations
  • xax+bx\mapsto ax+b sur R\mathbb{R} : croissante si a>0a>0, décroissante si a<0a<0, constante si a=0a=0 ;
  • xx2x\mapsto x^2 sur R\mathbb{R} : paire ; décroissante sur ],0]]-\infty,0], croissante sur [0,+[[0,+\infty[ ; minimum 00 ;
  • xx3x\mapsto x^3 sur R\mathbb{R} : impaire et strictement croissante ;
  • x1xx\mapsto\dfrac1x sur R{0}\mathbb{R}\setminus\{0\} : impaire ; strictement décroissante sur ],0[]-\infty,0[ et sur ]0,+[]0,+\infty[ ;
  • xxx\mapsto\sqrt x sur [0,+[[0,+\infty[ : strictement croissante ; minimum 00 ;
  • xxx\mapsto|x| sur R\mathbb{R} : paire ; décroissante sur ],0]]-\infty,0], croissante sur [0,+[[0,+\infty[ ; minimum 00.
Fonction du second degré Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c avec a0a\neq0. En posant α=b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta=f(\alpha), on obtient la forme canonique f(x)=a(xα)2+βf(x)=a(x-\alpha)^2+\beta. La courbe est une parabole de sommet S(α,β)S(\alpha,\beta) et d'axe x=αx=\alpha :
  • si a>0a>0 : décroissante sur ],α]]-\infty,\alpha], croissante sur [α,+[[\alpha,+\infty[ ; minimum β\beta ;
  • si a<0a<0 : croissante sur ],α]]-\infty,\alpha], décroissante sur [α,+[[\alpha,+\infty[ ; maximum β\beta.

Exemple. f(x)=x24x+5=(x2)2+1f(x)=x^2-4x+5=(x-2)^2+1 : sommet S(2,1)S(2,1), axe x=2x=2, minimum 11 sur R\mathbb{R}.

Fonction homographique Soit f(x)=ax+bcx+df(x)=\dfrac{ax+b}{cx+d} avec c0c\neq0. Alors Df=R{dc}D_f=\mathbb{R}\setminus\left\{-\dfrac dc\right\} et f(x)=ac+bcadc(cx+d)f(x)=\dfrac ac+\dfrac{bc-ad}{c(cx+d)}. Si adbc0ad-bc\neq0, la courbe a le centre de symétrie I(dc,ac)I\left(-\dfrac dc,\dfrac ac\right), et sur chacun des deux intervalles du domaine ff est strictement croissante si adbc>0ad-bc>0, strictement décroissante si adbc<0ad-bc<0.
Homographique sans dérivée Pour xyx\neq y dans le même intervalle : f(y)f(x)yx=adbc(cx+d)(cy+d)\dfrac{f(y)-f(x)}{y-x}=\dfrac{ad-bc}{(cx+d)(cy+d)}. Les deux facteurs du dénominateur ont le même signe ; le signe du taux est donc celui de adbcad-bc.

1.10 Composée de deux fonctions

Définition Soient uu et vv deux fonctions. La composée vuv\circ uvv rond uu ») est (vu)(x)=v(u(x))(v\circ u)(x)=v\big(u(x)\big), pour les xx tels que u(x)u(x) existe et appartient à DvD_v. Son domaine est Dvu={xDuu(x)Dv}.D_{v\circ u}=\{x\in D_u\mid u(x)\in D_v\}.

Exemple. Pour u(x)=3x+4u(x)=3x+4 et v(t)=1t+1v(t)=\dfrac1{t+1} (Dv=R{1}D_v=\mathbb{R}\setminus\{-1\}), il faut u(x)1u(x)\neq-1, soit x53x\neq-\dfrac53. Ainsi Dvu=R{53}D_{v\circ u}=\mathbb{R}\setminus\left\{-\dfrac53\right\} et (vu)(x)=13x+5(v\circ u)(x)=\dfrac1{3x+5}.

On applique uu d'abord Dans vuv\circ u, c'est uu qui agit en premier (elle est « à l'intérieur »), puis vv. L'ordre compte : en général vuuvv\circ u\neq u\circ v.
Monotonie d'une composée Sur des intervalles où tout est défini :
  • uu et vv de même sens \Rightarrow vuv\circ u croissante ;
  • uu et vv de sens contraires \Rightarrow vuv\circ u décroissante.
(« Règle des signes » : +×+=++\times+=+, ×=+-\times-=+, +×=+\times-=-.)

Exemple. h(x)=x+3h(x)=\sqrt{-x+3} sur ],3]]-\infty,3] : c'est vuv\circ u avec u(x)=x+3u(x)=-x+3 (décroissante) et v(t)=tv(t)=\sqrt t (croissante). Sens contraires \Rightarrow hh décroissante.

1.11 Transformations de courbes

Lire une courbe associée sans nouveau calcul À partir de Cf\mathcal{C}_f, la courbe Cg\mathcal{C}_g se déduit par :
  • g(x)=f(x)+kg(x)=f(x)+k : translation verticale de vecteur kȷk\,\vec{\jmath} ;
  • g(x)=f(xa)g(x)=f(x-a) : translation horizontale de vecteur aıa\,\vec{\imath} ;
  • g(x)=f(x)g(x)=-f(x) : symétrie par rapport à l'axe (Ox)(Ox) ;
  • g(x)=f(x)g(x)=f(-x) : symétrie par rapport à l'axe (Oy)(Oy) ;
  • g(x)=f(x)g(x)=|f(x)| : la partie sous (Ox)(Ox) est rabattue au-dessus ;
  • g(x)=f(x)g(x)=f(|x|) : la partie pour x0x\ge0 est reproduite par symétrie par rapport à (Oy)(Oy).
L'essentiel du chapitre
  • Domaine : traiter toutes les contraintes avant de simplifier ; une image est unique, un réel peut avoir plusieurs antécédents.
  • Lecture graphique : intersections pour les équations, positions relatives pour les inéquations.
  • Parité : DfD_f symétrique, puis f(x)=f(x)f(-x)=f(x) (paire, axe OyOy) ou f(x)-f(x) (impaire, centre OO).
  • Monotonie sans dérivée : signe de f(b)f(a)f(b)-f(a) pour a<ba<b.
  • Bornée = majorée et minorée ; un majorant n'est pas toujours un maximum.
  • Comparer ff et gg = étudier le signe de fgf-g.
  • Connaître les fonctions de référence, le second degré et l'homographique.
  • Composée vuv\circ u : uu agit d'abord ; monotonie par la « règle des signes ».
  • Transformations : f+kf+k, f(xa)f(x-a), f-f, f(x)f(-x), f|f|, f(x)f(|x|) se lisent sur Cf\mathcal{C}_f.

2 · Exercices résolus

Parité

Exercice 1

Étudier la parité de f(x)=x3xx2+1f(x)=\dfrac{x^3-x}{x^2+1} sur R\mathbb{R}.

Voir la correction

Df=RD_f=\mathbb{R} est symétrique. On calcule f(x)=(x)3(x)(x)2+1=x3+xx2+1=x3xx2+1=f(x).f(-x)=\dfrac{(-x)^3-(-x)}{(-x)^2+1}=\dfrac{-x^3+x}{x^2+1}=-\dfrac{x^3-x}{x^2+1}=-f(x). ff est donc impaire : sa courbe est symétrique par rapport à OO. \blacksquare

Monotonie

Exercice 2

Montrer que f(x)=1xf(x)=\dfrac1x est décroissante sur ]0,+[]0,+\infty[.

Voir la correction

Soient 0<a<b0<a<b. Alors f(b)f(a)=1b1a=ababf(b)-f(a)=\dfrac1b-\dfrac1a=\dfrac{a-b}{ab}. Comme ab<0a-b<0 et ab>0ab>0, on a f(b)f(a)<0f(b)-f(a)<0 : ff est strictement décroissante sur ]0,+[]0,+\infty[. \blacksquare

Fonction bornée

Exercice 3

Soit f(x)=xx2+1f(x)=\dfrac{x}{x^2+1}. Montrer que ff est bornée sur R\mathbb{R}, avec 12f(x)12-\dfrac12\le f(x)\le\dfrac12.

Voir la correction

Comme x2+1>0x^2+1>0, on multiplie chaque inégalité par x2+1x^2+1 sans changer de sens, et tout se ramène à un carré parfait.

Majoration : f(x)12    2xx2+1    0x22x+1=(x1)2f(x)\le\dfrac12\iff 2x\le x^2+1\iff 0\le x^2-2x+1=(x-1)^2, toujours vrai. Donc f(x)12f(x)\le\dfrac12.

Minoration : f(x)12    2x(x2+1)    x2+2x+10    (x+1)20f(x)\ge-\dfrac12\iff 2x\ge-(x^2+1)\iff x^2+2x+1\ge0\iff (x+1)^2\ge0, toujours vrai. Donc f(x)12f(x)\ge-\dfrac12.

Finalement 12f(x)12-\dfrac12\le f(x)\le\dfrac12 : ff est bornée (les bornes sont même atteintes, en x=1x=1 et x=1x=-1). \blacksquare

Fiche de révisionL’essentiel du chapitre en une page — formules, méthodes et astucesVoir la ficheQCM interactifTeste-toi sur ce chapitre — 10 questions auto-corrigéesCommencer le QCM

© Math Excellence · mathexce.com