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2ᵉ Bac · Sciences Maths · Examen national de mathématiques

2024Session de rattrapage

الامتحان الوطني في مادة الرياضيات — الثانية باكالوريا علوم رياضية 2024 (الدورة الاستدراكية) مع التصحيح

Télécharger le sujet officiel (PDF) ↗

Corrigé détaillé de l'examen national de mathématiques — 2ᵉ Bac Sciences Mathématiques (A) et (B), session de rattrapage 2024. L'épreuve (durée 4 h, coefficient 9) comporte cinq exercices indépendants : un long exercice d'analyse (famille de fonctions fnf_n, suite (αn)(\alpha_n) et sa limite), un exercice d'analyse avec intégrales et sommes de Riemann, un exercice sur les nombres complexes (équation paramétrique, concyclicité), un exercice sur les structures algébriques (loi exotique y5y^5, sous-groupe, homomorphisme) et un exercice d'arithmétique (algorithme d'Euclide, théorème chinois). Chaque question est reprise puis résolue pas à pas. Le sujet officiel est téléchargeable en haut de page.

Exercice 1 · Analyse (6,5 points)

Énoncé

Soit nn un entier naturel supérieur ou égal à 22. On considère la fonction fnf_n définie sur [0,+[[0,+\infty[ par :

fn(0)=0etx]0,+[,fn(x)=xxnln(x).f_n(0)=0\quad\text{et}\quad\forall\,x\in\,]0,+\infty[,\quad f_n(x)=x-x^{n}\ln(x).

On note (Cn)(C_n) sa courbe dans un repère orthonormé (O,i,j)(O,\vec i,\vec j).

1) a) Montrer que fnf_n est continue à droite en 00.
b) Montrer que limx+fn(x)=\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f_n(x)=-\infty et limx+fn(x)x=\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\frac{f_n(x)}{x}=-\infty. Interpréter graphiquement.
c) Montrer que fnf_n est dérivable à droite en 00 et que fn,d(0)=1f_{n,d}'(0)=1.
d) Montrer que fnf_n est dérivable sur ]0,+[]0,+\infty[ et   fn(x)=1xn1nxn1ln(x)\;f_n'(x)=1-x^{n-1}-nx^{n-1}\ln(x).
e) Montrer que fnf_n est strictement croissante sur [0,1][0,1] et strictement décroissante sur [1,+[[1,+\infty[.

2) a) Montrer que   n2,  x[0,+[,  fn+1(x)fn(x)\;\forall\,n\ge 2,\;\forall\,x\in[0,+\infty[\,,\;f_{n+1}(x)\le f_n(x).
b) En déduire la position relative des courbes (Cn)(C_n) et (Cn+1)(C_{n+1}).

3) a) Montrer que pour tout n2n\ge 2, il existe un unique réel αn]1,2[\alpha_n\in\,]1,2[ tel que fn(αn)=0f_n(\alpha_n)=0. (On prend ln20,7\ln 2\approx 0{,}7.)
b) Vérifier que   αn+1nln(αn+1)=1\;\alpha_{n+1}^{n}\ln(\alpha_{n+1})=1.
c) En déduire que   fn(αn+1)=αn+11\;f_n(\alpha_{n+1})=\alpha_{n+1}-1.
d) Montrer que la suite (αn)n2(\alpha_n)_{n\ge 2} est strictement décroissante.
e) En déduire que (αn)(\alpha_n) est convergente.

4) On pose =limn+αn\ell=\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\alpha_n.
a) Montrer que 121\le\ell\le 2.
b) Montrer que   n2,  n1=ln(ln(αn))ln(αn)\;\forall\,n\ge 2,\;n-1=-\dfrac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)}.
c) En supposant >1\ell>1, calculer limn+ln(ln(αn))ln(αn)\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\frac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)} en fonction de \ell.
d) En déduire la valeur de \ell.

Voir la solution

1) a) Continuité à droite en 00

On calcule limx0+fn(x)=limx0+(xxnln(x))\displaystyle\lim_{x\to 0^{+}}f_n(x)=\lim_{x\to 0^{+}}\bigl(x-x^{n}\ln(x)\bigr).

On a limx0+x=0\displaystyle\lim_{x\to 0^{+}}x=0 et limx0+xnln(x)=0\displaystyle\lim_{x\to 0^{+}}x^{n}\ln(x)=0 (car pour n1n\ge 1, xαln(x)0x^{\alpha}|\ln(x)|\to 0 quand x0+x\to 0^{+}).

Donc limx0+fn(x)=00=0=fn(0)\displaystyle\lim_{x\to 0^{+}}f_n(x)=0-0=0=f_n(0), ce qui prouve que fnf_n est continue à droite en 00. ∎

1) b) Limites en ++\infty

Pour x>0x>0 : fn(x)=x(1xn1ln(x))f_n(x)=x\bigl(1-x^{n-1}\ln(x)\bigr). Or xn1ln(x)x++x^{n-1}\ln(x)\xrightarrow[x\to+\infty]{}+\infty (car n11n-1\ge 1), donc 1xn1ln(x)1-x^{n-1}\ln(x)\to-\infty. Ainsi : limx+fn(x)=.\boxed{\lim_{x\to+\infty}f_n(x)=-\infty.}

De même : fn(x)x=1xn1ln(x)x+\dfrac{f_n(x)}{x}=1-x^{n-1}\ln(x)\xrightarrow[x\to+\infty]{}-\infty, d'où limx+fn(x)x=.\boxed{\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\frac{f_n(x)}{x}=-\infty.}

Interprétation graphique : la courbe (Cn)(C_n) admet une branche parabolique de direction (Oy)(Oy) en ++\infty. ∎

1) c) Dérivabilité à droite en 00, fn,d(0)=1f_{n,d}'(0)=1

Pour x>0x>0 : fn(x)fn(0)x0=xxnln(x)x=1xn1ln(x).\frac{f_n(x)-f_n(0)}{x-0}=\frac{x-x^{n}\ln(x)}{x}=1-x^{n-1}\ln(x). Comme n11n-1\ge 1, limx0+xn1ln(x)=0\displaystyle\lim_{x\to 0^{+}}x^{n-1}\ln(x)=0, d'où : limx0+fn(x)fn(0)x0=10=1.\lim_{x\to 0^{+}}\frac{f_n(x)-f_n(0)}{x-0}=1-0=\boxed{1}. Donc fnf_n est dérivable à droite en 00 et fn,d(0)=1f_{n,d}'(0)=1. ∎

1) d) Dérivée sur ]0,+[]0,+\infty[

Pour x>0x>0, fn(x)=xxnln(x)f_n(x)=x-x^{n}\ln(x). On dérive : fn(x)=1(nxn1ln(x)+xn1x)=1nxn1ln(x)xn1,f_n'(x)=1-\bigl(nx^{n-1}\ln(x)+x^{n}\cdot\tfrac{1}{x}\bigr)=1-nx^{n-1}\ln(x)-x^{n-1}, soit fn(x)=1xn1nxn1ln(x).\boxed{f_n'(x)=1-x^{n-1}-nx^{n-1}\ln(x)}.\quad∎

1) e) Variations de fnf_n sur [0,1][0,1] et [1,+[[1,+\infty[

Sur ]0,1[]0,1[ : 0<x<10<x<1 implique xn1<1x^{n-1}<1 et ln(x)<0\ln(x)<0. On écrit : fn(x)=(1xn1)>0+(nxn1ln(x))>0>0.f_n'(x)=\underbrace{(1-x^{n-1})}_{>0}+\underbrace{(-nx^{n-1}\ln(x))}_{>0}>0.

Sur ]1,+[]1,+\infty[ : x>1x>1 implique xn1>1x^{n-1}>1 (donc 1xn1<01-x^{n-1}<0) et ln(x)>0\ln(x)>0 (donc nxn1ln(x)<0-nx^{n-1}\ln(x)<0). Ainsi fn(x)<0f_n'(x)<0.

Comme fn,d(0)=1>0f_{n,d}'(0)=1>0, on conclut : fnf_n est strictement croissante sur [0,1][0,1] et strictement décroissante sur [1,+[[1,+\infty[. Le maximum est fn(1)=1ln(1)=1f_n(1)=1-\ln(1)=1. ∎

2) a) Comparaison fn+1(x)fn(x)f_{n+1}(x)\le f_n(x)

Pour x=0x=0 : fn+1(0)=0=fn(0)f_{n+1}(0)=0=f_n(0). ✓

Pour x>0x>0 : fn(x)fn+1(x)=(xxnln(x))(xxn+1ln(x))=xnln(x)(x1).f_n(x)-f_{n+1}(x)=\bigl(x-x^{n}\ln(x)\bigr)-\bigl(x-x^{n+1}\ln(x)\bigr)=x^{n}\ln(x)\,(x-1).

Signe : xn>0x^{n}>0. Pour x]0,1[x\in\,]0,1[ : ln(x)<0\ln(x)<0 et x1<0x-1<0, donc ln(x)(x1)>0\ln(x)(x-1)>0. Pour x=1x=1 : le produit vaut 00. Pour x>1x>1 : ln(x)>0\ln(x)>0 et x1>0x-1>0, donc ln(x)(x1)>0\ln(x)(x-1)>0.

Dans tous les cas : fn(x)fn+1(x)0f_n(x)-f_{n+1}(x)\ge 0, soit fn+1(x)fn(x)\boxed{f_{n+1}(x)\le f_n(x)} pour tout x[0,+[x\in[0,+\infty[. ∎

2) b) Position relative de (Cn)(C_n) et (Cn+1)(C_{n+1})

Puisque fn+1(x)fn(x)f_{n+1}(x)\le f_n(x), la courbe (Cn+1)(C_{n+1}) est en dessous ou sur (Cn)(C_n), avec contact aux points x=0x=0 et x=1x=1. ∎

3) a) Existence et unicité de αn]1,2[\alpha_n\in\,]1,2[

fnf_n est continue sur [1,2][1,2]. On a : fn(1)=1>0etfn(2)=22nln2.f_n(1)=1>0\quad\text{et}\quad f_n(2)=2-2^{n}\ln 2. Pour n2n\ge 2 : 2nln24×0,7=2,8>22^{n}\ln 2\ge 4\times 0{,}7=2{,}8>2, donc fn(2)<0f_n(2)<0.

Par le TVI, fnf_n s'annule au moins une fois dans ]1,2[]1,2[. Comme fnf_n est strictement décroissante sur [1,+[[1,+\infty[, ce zéro est unique. ∎

3) b) Vérification : αn+1nln(αn+1)=1\alpha_{n+1}^{n}\ln(\alpha_{n+1})=1

fn+1(αn+1)=0f_{n+1}(\alpha_{n+1})=0 signifie αn+1αn+1n+1ln(αn+1)=0\alpha_{n+1}-\alpha_{n+1}^{n+1}\ln(\alpha_{n+1})=0, soit : αn+1n+1ln(αn+1)=αn+1.\alpha_{n+1}^{n+1}\ln(\alpha_{n+1})=\alpha_{n+1}. Comme αn+1>1>0\alpha_{n+1}>1>0, on divise par αn+1\alpha_{n+1} : αn+1nln(αn+1)=1.\boxed{\alpha_{n+1}^{n}\ln(\alpha_{n+1})=1.}\quad∎

3) c) Déduction : fn(αn+1)=αn+11f_n(\alpha_{n+1})=\alpha_{n+1}-1

D'après 3)b) : αn+1nln(αn+1)=1\alpha_{n+1}^{n}\ln(\alpha_{n+1})=1. Donc : fn(αn+1)=αn+1αn+1nln(αn+1)=αn+11.f_n(\alpha_{n+1})=\alpha_{n+1}-\alpha_{n+1}^{n}\ln(\alpha_{n+1})=\alpha_{n+1}-1.\quad∎

3) d) La suite (αn)(\alpha_n) est strictement décroissante

D'après 3)c) : fn(αn+1)=αn+11>0f_n(\alpha_{n+1})=\alpha_{n+1}-1>0 (car αn+1>1\alpha_{n+1}>1). Or fn(αn)=0f_n(\alpha_n)=0.

Comme fnf_n est strictement décroissante sur [1,+[[1,+\infty[ et que αn,αn+1]1,2[\alpha_n,\,\alpha_{n+1}\in\,]1,2[, l'inégalité fn(αn+1)>0=fn(αn)f_n(\alpha_{n+1})>0=f_n(\alpha_n) entraîne αn+1<αn\alpha_{n+1}<\alpha_n.

La suite (αn)(\alpha_n) est strictement décroissante. ∎

3) e) Convergence de (αn)(\alpha_n)

(αn)(\alpha_n) est décroissante et minorée par 11 (car αn]1,2[\alpha_n\in\,]1,2[), donc elle est convergente. ∎

4) a) Encadrement : 121\le\ell\le 2

Pour tout n2n\ge 2 : 1<αn<21<\alpha_n<2. Par passage à la limite : 12.\boxed{1\le\ell\le 2.}\quad∎

4) b) Formule n1=ln(ln(αn))ln(αn)n-1=-\dfrac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)}

D'après 3)b) appliqué avec l'indice nn au lieu de n+1n+1 : αnn1ln(αn)=1\alpha_n^{n-1}\ln(\alpha_n)=1 (en divisant fn(αn)=0f_n(\alpha_n)=0 par αn>0\alpha_n>0).

On prend le logarithme : (n1)ln(αn)+ln(ln(αn))=0,(n-1)\ln(\alpha_n)+\ln(\ln(\alpha_n))=0, d'où n1=ln(ln(αn))ln(αn).\boxed{n-1=-\dfrac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)}.}\quad∎

4) c) Limite de ln(ln(αn))ln(αn)\dfrac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)} si >1\ell>1

Si >1\ell>1, alors ln(αn)ln()>0\ln(\alpha_n)\to\ln(\ell)>0, et ln(ln(αn))ln(ln())\ln(\ln(\alpha_n))\to\ln(\ln(\ell)). D'où : limn+ln(ln(αn))ln(αn)=ln(ln())ln().\lim_{n\to+\infty}\frac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)}=\frac{\ln(\ln(\ell))}{\ln(\ell)}.\quad∎

4) d) Valeur de \ell

D'après 4)b) : n1=ln(ln(αn))ln(αn)n-1=-\dfrac{\ln(\ln(\alpha_n))}{\ln(\alpha_n)}. Le membre de gauche tend vers ++\infty.

Si >1\ell>1, le membre de droite tend vers ln(ln())ln()-\dfrac{\ln(\ln(\ell))}{\ln(\ell)}, qui est une constante finie. C'est une contradiction.

L'hypothèse >1\ell>1 est donc fausse. Comme 1\ell\ge 1 (question 4a), on conclut : =1.\boxed{\ell=1.}\quad∎

Exercice 2 · Analyse — intégrales et suites (3,5 points)

Énoncé

1) a) Calculer 0111+x2dx\displaystyle\int_{0}^{1}\frac{1}{1+x^{2}}\,dx.
b) Pour n1n\ge 1, on pose   un=k=1nnn2+k2\;u_n=\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac{n}{n^{2}+k^{2}}. Montrer que (un)(u_n) converge et déterminer sa limite.

2) Montrer que   011(1+x2)2dx1\;\displaystyle\int_{0}^{1}\frac{1}{(1+x^{2})^{2}}\,dx\le 1.

3) a) Montrer que   x[0,1],  0ex1ex\;\forall\,x\in[0,1],\;0\le e^{x}-1\le e\,x.
b) En déduire que   x[0,1],  0ex1xe2x2\;\forall\,x\in[0,1],\;0\le e^{x}-1-x\le\dfrac{e}{2}\,x^{2}.

4) Pour n1n\ge 1, on pose   wn=k=1n(enn2+k21)\;w_n=\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\left(e^{\frac{n}{n^{2}+k^{2}}}-1\right).
a) Montrer que   0wnune2k=1n(nn2+k2)2\;0\le w_n-u_n\le\dfrac{e}{2}\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\left(\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\right)^{2}.
b) Montrer que x(1+x2)2x\mapsto(1+x^{2})^{-2} est strictement décroissante sur [0,1][0,1].
c) En déduire que pour n1n\ge 1 et k{1,,n}k\in\{1,\ldots,n\} : 1n(1+(kn)2)2k1nkndx(1+x2)2.\frac{1}{n}\left(1+\left(\frac{k}{n}\right)^{2}\right)^{-2}\le\int_{\frac{k-1}{n}}^{\frac{k}{n}}\frac{dx}{(1+x^{2})^{2}}.

5) a) Montrer que   n1,  0wnune2n\;\forall\,n\ge 1,\;0\le w_n-u_n\le\dfrac{e}{2n}.
b) En déduire que (wn)(w_n) converge et déterminer sa limite.

Voir la solution

1) a) Calcul de l'intégrale

01dx1+x2=[arctan(x)]01=arctan(1)arctan(0)=π40=π4.\int_{0}^{1}\frac{dx}{1+x^{2}}=\bigl[\arctan(x)\bigr]_{0}^{1}=\arctan(1)-\arctan(0)=\frac{\pi}{4}-0=\boxed{\frac{\pi}{4}.}\quad∎

1) b) Convergence de (un)(u_n)

un=k=1nnn2+k2=k=1n1n11+(kn)2.u_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{n}{n^{2}+k^{2}}=\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{n}\cdot\frac{1}{1+\left(\frac{k}{n}\right)^{2}}. C'est une somme de Riemann de la fonction g(x)=11+x2g(x)=\dfrac{1}{1+x^{2}} sur [0,1][0,1] avec la subdivision régulière de pas 1n\frac{1}{n}. Comme gg est continue sur [0,1][0,1] : limn+un=01dx1+x2=π4.\lim_{n\to+\infty}u_n=\int_{0}^{1}\frac{dx}{1+x^{2}}=\boxed{\frac{\pi}{4}.}\quad∎

2) Majoration de l'intégrale

Pour tout x[0,1]x\in[0,1] : 1+x211+x^{2}\ge 1, d'où (1+x2)21(1+x^{2})^{2}\ge 1, soit 1(1+x2)21\dfrac{1}{(1+x^{2})^{2}}\le 1. En intégrant sur [0,1][0,1] : 01dx(1+x2)2011dx=1.\int_{0}^{1}\frac{dx}{(1+x^{2})^{2}}\le\int_{0}^{1}1\,dx=\boxed{1.}\quad∎

3) a) Encadrement de ex1e^{x}-1

Borne inférieure : pour x[0,1]x\in[0,1], exe0=1e^{x}\ge e^{0}=1, donc ex10e^{x}-1\ge 0. ✓

Borne supérieure : posons h(x)=ex1exh(x)=e^{x}-1-ex. On a h(0)=0h(0)=0 et h(x)=exe0h'(x)=e^{x}-e\le 0 pour x[0,1]x\in[0,1] (car exe1=ee^{x}\le e^{1}=e). Donc hh est décroissante sur [0,1][0,1], d'où h(x)h(0)=0h(x)\le h(0)=0, soit ex1exe^{x}-1\le ex.

En résumé : 0ex1ex\boxed{0\le e^{x}-1\le ex} pour tout x[0,1]x\in[0,1]. ∎

3) b) Encadrement de ex1xe^{x}-1-x

On a ex1=0xetdte^{x}-1=\displaystyle\int_{0}^{x}e^{t}\,dt, donc ex1x=0x(et1)dte^{x}-1-x=\displaystyle\int_{0}^{x}(e^{t}-1)\,dt.

D'après 3)a), pour t[0,x][0,1]t\in[0,x]\subseteq[0,1] : 0et1et0\le e^{t}-1\le et. En intégrant sur [0,x][0,x] : 00x(et1)dt0xetdt=ex22.0\le\int_{0}^{x}(e^{t}-1)\,dt\le\int_{0}^{x}et\,dt=\frac{ex^{2}}{2}. D'où 0ex1xe2x2\boxed{0\le e^{x}-1-x\le\dfrac{e}{2}\,x^{2}} pour tout x[0,1]x\in[0,1]. ∎

4) a) Encadrement de wnunw_n-u_n

wnun=k=1n(enn2+k21nn2+k2).w_n-u_n=\sum_{k=1}^{n}\left(e^{\frac{n}{n^{2}+k^{2}}}-1-\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\right). Pour k{1,,n}k\in\{1,\ldots,n\} : nn2+k2nn2=1n1\dfrac{n}{n^{2}+k^{2}}\le\dfrac{n}{n^{2}}=\dfrac{1}{n}\le 1, donc on peut appliquer 3)b) avec x=nn2+k2[0,1]x=\dfrac{n}{n^{2}+k^{2}}\in[0,1] : 0enn2+k21nn2+k2e2(nn2+k2)2.0\le e^{\frac{n}{n^{2}+k^{2}}}-1-\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\le\frac{e}{2}\left(\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\right)^{2}. En sommant pour kk de 11 à nn : 0wnune2k=1n(nn2+k2)2.\boxed{0\le w_n-u_n\le\frac{e}{2}\sum_{k=1}^{n}\left(\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\right)^{2}.}\quad∎

4) b) Décroissance de x(1+x2)2x\mapsto(1+x^{2})^{-2}

Posons φ(x)=(1+x2)2\varphi(x)=(1+x^{2})^{-2}. Alors : φ(x)=22x(1+x2)3=4x(1+x2)3.\varphi'(x)=-2\cdot 2x\cdot(1+x^{2})^{-3}=\frac{-4x}{(1+x^{2})^{3}}. Pour x]0,1]x\in\,]0,1] : φ(x)<0\varphi'(x)<0, donc φ\varphi est strictement décroissante sur [0,1][0,1]. ∎

4) c) Minoration par une intégrale

Comme φ\varphi est décroissante, pour x[k1n,kn]x\in\left[\frac{k-1}{n},\frac{k}{n}\right] : φ ⁣(kn)φ(x)\varphi\!\left(\frac{k}{n}\right)\le\varphi(x). En intégrant sur cet intervalle : 1nφ ⁣(kn)k1nknφ(x)dx,\frac{1}{n}\,\varphi\!\left(\frac{k}{n}\right)\le\int_{\frac{k-1}{n}}^{\frac{k}{n}}\varphi(x)\,dx, c'est-à-dire   1n(1+(kn)2)2k1nkndx(1+x2)2.\;\dfrac{1}{n}\left(1+\left(\dfrac{k}{n}\right)^{2}\right)^{-2}\le\displaystyle\int_{\frac{k-1}{n}}^{\frac{k}{n}}\frac{dx}{(1+x^{2})^{2}}.\quad∎

5) a) Resserrement : 0wnune2n0\le w_n-u_n\le\dfrac{e}{2n}

On a (nn2+k2)2=1n21(1+(kn)2)2\left(\dfrac{n}{n^{2}+k^{2}}\right)^{2}=\dfrac{1}{n^{2}}\cdot\dfrac{1}{\left(1+\left(\frac{k}{n}\right)^{2}\right)^{2}}. Donc : k=1n(nn2+k2)2=1nk=1n1n(1+(kn)2)2.\sum_{k=1}^{n}\left(\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\right)^{2}=\frac{1}{n}\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{n}\left(1+\left(\frac{k}{n}\right)^{2}\right)^{-2}.

D'après 4)c), en sommant pour k=1,,nk=1,\ldots,n : k=1n1n(1+(kn)2)2k=1nk1nkndx(1+x2)2=01dx(1+x2)21\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{n}\left(1+\left(\frac{k}{n}\right)^{2}\right)^{-2}\le\sum_{k=1}^{n}\int_{\frac{k-1}{n}}^{\frac{k}{n}}\frac{dx}{(1+x^{2})^{2}}=\int_{0}^{1}\frac{dx}{(1+x^{2})^{2}}\le 1 (d'après la question 2). Donc : k=1n(nn2+k2)21n1=1n.\sum_{k=1}^{n}\left(\frac{n}{n^{2}+k^{2}}\right)^{2}\le\frac{1}{n}\cdot 1=\frac{1}{n}. En reportant dans 4)a) : 0wnune2n.\boxed{0\le w_n-u_n\le\dfrac{e}{2n}.}\quad∎

5) b) Convergence de (wn)(w_n)

On a unπ4u_n\to\dfrac{\pi}{4} (question 1b) et 0wnune2n00\le w_n-u_n\le\dfrac{e}{2n}\to 0 (question 5a). Par le théorème des gendarmes : wnun0w_n-u_n\to 0, d'où : limn+wn=limn+un=π4.\lim_{n\to+\infty}w_n=\lim_{n\to+\infty}u_n=\boxed{\frac{\pi}{4}.}\quad∎

Exercice 3 · Nombres complexes (3,5 points)

Énoncé

Partie I. Soit mCm\in\mathbb{C}^{*}. On considère dans C\mathbb{C} l'équation (E)(E) : z2(2+i)mz+m2(1+i)=0.z^{2}-(2+i)\,m\,z+m^{2}(1+i)=0.

1) a) Vérifier que le discriminant de (E)(E) est Δ=(im)2\Delta=(im)^{2}.
b) Résoudre (E)(E) dans C\mathbb{C}.

2) Soit z1z_1 et z2z_2 les solutions de (E)(E). Écrire z1z2z_1z_2 sous forme exponentielle dans le cas m=reiθm=re^{i\theta} (rR+r\in\mathbb{R}_{+}^{*}, θR\theta\in\mathbb{R}).

Partie II. On pose z1=mz_1=m et z2=m(1+i)z_2=m(1+i). Soient M1(z1)M_1(z_1), M2(z2)M_2(z_2), M3(z3)M_3(z_3) l'image de M2M_2 par la rotation de centre OO et d'angle π2-\dfrac{\pi}{2}, et M4(z4)M_4(z_4) l'image de M1M_1 par l'homothétie de centre OO et de rapport kR{1}k\in\mathbb{R}^{*}\setminus\{1\}.

1) Calculer z3z_3 et z4z_4 en fonction de mm et kk.
2) Écrire sous forme algébrique le nombre   z4z2z4z1×z3z1z3z2\;\dfrac{z_4-z_2}{z_4-z_1}\times\dfrac{z_3-z_1}{z_3-z_2}.
3) En déduire que M1M_1, M2M_2, M3M_3 et M4M_4 sont cocycliques si et seulement si k=2k=-2.

Voir la solution

Partie I — 1) a) Discriminant

Δ=((2+i)m)24m2(1+i)=m2((2+i)24(1+i)).\Delta=\bigl((2+i)m\bigr)^{2}-4m^{2}(1+i)=m^{2}\bigl((2+i)^{2}-4(1+i)\bigr). Or (2+i)2=4+4i+i2=3+4i(2+i)^{2}=4+4i+i^{2}=3+4i. Donc : Δ=m2(3+4i44i)=m2(1)=m2.\Delta=m^{2}(3+4i-4-4i)=m^{2}(-1)=-m^{2}. Et (im)2=i2m2=m2(im)^{2}=i^{2}m^{2}=-m^{2}. D'où Δ=(im)2.\boxed{\Delta=(im)^{2}.}\quad∎

Partie I — 1) b) Solutions

Δ=±im\sqrt{\Delta}=\pm\,im. Donc : z=(2+i)m±im2.z=\frac{(2+i)m\pm im}{2}.

Avec ++ : z1=(2+2i)m2=(1+i)m.z_1=\dfrac{(2+2i)m}{2}=(1+i)m.

Avec - : z2=2m2=m.z_2=\dfrac{2m}{2}=m.

Les solutions sont z1=(1+i)metz2=m.\boxed{z_1=(1+i)m\quad\text{et}\quad z_2=m.}

Vérification : z1+z2=(2+i)mz_1+z_2=(2+i)m ✓ et z1z2=(1+i)m2z_1z_2=(1+i)m^{2} ✓. ∎

Partie I — 2) Forme exponentielle de z1z2z_1z_2

z1z2=(1+i)m2z_1z_2=(1+i)m^{2}. Avec m=reiθm=re^{i\theta} : m2=r2e2iθm^{2}=r^{2}e^{2i\theta} et 1+i=2eiπ/41+i=\sqrt{2}\,e^{i\pi/4}. D'où : z1z2=2r2ei(2θ+π/4).\boxed{z_1z_2=\sqrt{2}\,r^{2}\,e^{i(2\theta+\pi/4)}.}\quad∎

Partie II — 1) Calcul de z3z_3 et z4z_4

M3M_3 est l'image de M2M_2 par la rotation de centre OO et d'angle π2-\frac{\pi}{2} : z3=eiπ/2z2=(i)m(1+i)=m(ii2)=m(1i).z_3=e^{-i\pi/2}\,z_2=(-i)\,m(1+i)=m(-i-i^{2})=\boxed{m(1-i).}

M4M_4 est l'image de M1M_1 par l'homothétie de centre OO de rapport kk : z4=kz1=km.\boxed{z_4=k\,z_1=km.}\quad∎

Partie II — 2) Birapport sous forme algébrique

Calculons chaque différence : z4z2=kmm(1+i)=m(k1i),z4z1=kmm=m(k1),z_4-z_2=km-m(1+i)=m(k-1-i),\qquad z_4-z_1=km-m=m(k-1), z3z1=m(1i)m=im,z3z2=m(1i)m(1+i)=2im.z_3-z_1=m(1-i)-m=-im,\qquad z_3-z_2=m(1-i)-m(1+i)=-2im.

Le birapport : z4z2z4z1×z3z1z3z2=m(k1i)m(k1)×im2im=k1ik1×12=k1i2(k1).\frac{z_4-z_2}{z_4-z_1}\times\frac{z_3-z_1}{z_3-z_2}=\frac{m(k-1-i)}{m(k-1)}\times\frac{-im}{-2im}=\frac{k-1-i}{k-1}\times\frac{1}{2}=\frac{k-1-i}{2(k-1)}.

Sous forme algébrique : 12i2(k1).\boxed{\dfrac{1}{2}-\dfrac{i}{2(k-1)}.}\quad∎

Remarque Quatre points distincts sont cocycliques si et seulement si leur birapport est réel.

Partie II — 3) Cocyclicité ⟺ k=2k=-2

Le birapport vaut 12i2(k1)\dfrac{1}{2}-\dfrac{i}{2(k-1)}. Il est réel si et seulement si sa partie imaginaire est nulle : 12(k1)=0,-\frac{1}{2(k-1)}=0, ce qui est impossible pour tout kRk\in\mathbb{R}. Le birapport n'est donc jamais réel avec ces quatre points.

Correction — rotation centrée en M2M_2

Si l'on interprète l'énoncé comme : M3M_3 est l'image de OO (et non de M2M_2) par la rotation de centre M2M_2 et d'angle π2-\frac{\pi}{2}, on obtient :

z3z2=eiπ/2(0z2)=iz2=im(1+i)=m(i1)z_3-z_2=e^{-i\pi/2}(0-z_2)=iz_2=im(1+i)=m(i-1), d'où z3=z2+m(i1)=m(1+i)+m(i1)=2imz_3=z_2+m(i-1)=m(1+i)+m(i-1)=2im.

Avec z3=2imz_3=2im :

z3z1=m(2i1)z_3-z_1=m(2i-1), z3z2=m(i1)z_3-z_2=m(i-1).

Le birapport devient :

(k1i)(2i1)(k1)(i1)=(3k4)(k+2)i2(k1).\frac{(k-1-i)(2i-1)}{(k-1)(i-1)}=\frac{(3k-4)-(k+2)i}{2(k-1)}.

Il est réel ssi k+2=0k+2=0, soit k=2\boxed{k=-2}. Dans ce cas le birapport vaut 53R\frac{5}{3}\in\mathbb{R} et les quatre points sont cocycliques.

Exercice 4 · Structures algébriques (3,5 points)

Énoncé

On munit C\mathbb{C} du LCI * défini par : (x,x,y,y)R4,(x+iy)(x+iy)=(xy+y5x)+iyy.\forall\,(x,x',y,y')\in\mathbb{R}^{4},\quad(x+iy)*(x'+iy')=(xy'+y^{5}x')+iyy'.

Partie I.
1) a) Vérifier que 1(2i)=21*(2i)=2.
b) Montrer que * n'est pas commutatif.
2) Montrer que * est associatif.
3) a) Vérifier que 1(1+2i)=21*(1+2i)=2.
b) En déduire que (C,)(\mathbb{C},*) n'est pas un groupe.

4) Soit E={x+yi(x,y)R×R}E=\{x+yi\mid(x,y)\in\mathbb{R}\times\mathbb{R}^{*}\}.
a) Montrer que EE est stable pour *.
b) Montrer que (E,)(E,*) est un groupe non abélien.

Partie II. Soit F={yiyR}F=\{yi\mid y\in\mathbb{R}^{*}\} et G={x+ixR}G=\{x+i\mid x\in\mathbb{R}\}.
1) Montrer que FF est un sous-groupe de (E,)(E,*).
2) Soit φ:RC\varphi:\mathbb{R}\to\mathbb{C} défini par φ(x)=x+i\varphi(x)=x+i.
a) Montrer que φ(R)=G\varphi(\mathbb{R})=G.
b) Montrer que φ\varphi est un homomorphisme de (R,+)(\mathbb{R},+) vers (C,)(\mathbb{C},*).
c) En déduire que (G,)(G,*) est un groupe abélien.

Voir la solution

Partie I — 1) a) Vérification : 1(2i)=21*(2i)=2

1=1+0i1=1+0i et 2i=0+2i2i=0+2i. Donc x=1,y=0,x=0,y=2x=1,\,y=0,\,x'=0,\,y'=2 : 1(2i)=(12+050)+i02=2+0=2.1*(2i)=(1\cdot 2+0^{5}\cdot 0)+i\cdot 0\cdot 2=2+0=\boxed{2.}\quad∎

Partie I — 1) b) Non-commutativité

Calculons (2i)1(2i)*1 : x=0,y=2,x=1,y=0x=0,\,y=2,\,x'=1,\,y'=0 : (2i)1=(00+251)+i20=322=1(2i).(2i)*1=(0\cdot 0+2^{5}\cdot 1)+i\cdot 2\cdot 0=32\ne 2=1*(2i). Donc * n'est pas commutatif. ∎

Partie I — 2) Associativité

Soient a+ib,  c+id,  e+ifCa+ib,\;c+id,\;e+if\in\mathbb{C}.

\bullet (a+ib)(c+id)=(ad+b5c)+ibd(a+ib)*(c+id)=(ad+b^{5}c)+ibd. Posons P=ad+b5cP=ad+b^{5}c et Q=bdQ=bd.

\bullet ((a+ib)(c+id))(e+if)=(P+iQ)(e+if)=(Pf+Q5e)+iQf\bigl((a+ib)*(c+id)\bigr)*(e+if)=(P+iQ)*(e+if)=(Pf+Q^{5}e)+iQf =(ad+b5c)f+(bd)5e+ibdf=adf+b5cf+b5d5e+ibdf.=(ad+b^{5}c)f+(bd)^{5}e+ibdf=adf+b^{5}cf+b^{5}d^{5}e+ibdf.

\bullet (c+id)(e+if)=(cf+d5e)+idf(c+id)*(e+if)=(cf+d^{5}e)+idf.

\bullet (a+ib)((c+id)(e+if))=(a+ib)(cf+d5e+idf)=adf+b5(cf+d5e)+ibdf(a+ib)*\bigl((c+id)*(e+if)\bigr)=(a+ib)*(cf+d^{5}e+idf)=a\cdot df+b^{5}(cf+d^{5}e)+ibdf =adf+b5cf+b5d5e+ibdf.=adf+b^{5}cf+b^{5}d^{5}e+ibdf.

Les deux expressions sont identiques (clé : (bd)5=b5d5(bd)^{5}=b^{5}d^{5}). Donc * est associatif. ∎

Partie I — 3) a) Vérification : 1(1+2i)=21*(1+2i)=2

x=1,y=0,x=1,y=2x=1,\,y=0,\,x'=1,\,y'=2 : 1(1+2i)=(12+051)+i02=2+0=2.1*(1+2i)=(1\cdot 2+0^{5}\cdot 1)+i\cdot 0\cdot 2=2+0=\boxed{2.}\quad∎

Partie I — 3) b) (C,)(\mathbb{C},*) n'est pas un groupe

On a 1(2i)=21*(2i)=2 (question 1a) et 1(1+2i)=21*(1+2i)=2 (question 3a). Ainsi : 1(2i)=1(1+2i).1*(2i)=1*(1+2i). Dans un groupe, la loi est simplifiable : ab=acb=ca*b=a*c\Rightarrow b=c. On aurait donc 2i=1+2i2i=1+2i, soit 0=10=1. Contradiction.

Donc (C,)(\mathbb{C},*) n'est pas un groupe. ∎

Partie I — 4) a) Stabilité de EE

Soient x+iy,  x+iyEx+iy,\;x'+iy'\in E, donc y,yRy,y'\in\mathbb{R}^{*}. Alors : (x+iy)(x+iy)=(xy+y5x)+iyy0E(x+iy)*(x'+iy')=(xy'+y^{5}x')+i\underbrace{yy'}_{\ne 0}\in E car yyRyy'\in\mathbb{R}^{*}. Donc EE est stable pour *. ∎

Partie I — 4) b) (E,)(E,*) est un groupe non abélien

Associativité : héritée de C\mathbb{C} (question 2). ✓

Élément neutre : cherchons e=a+biEe=a+bi\in E tel que z=x+iyE\forall\,z=x+iy\in E : ze=zz*e=z. (x+iy)(a+bi)=(xb+y5a)+iyb=x+iy.(x+iy)*(a+bi)=(xb+y^{5}a)+iyb=x+iy. Donc yb=yyb=y (pour tout y0y\ne 0), soit b=1b=1, et x+y5a=xx+y^{5}a=x (pour tout x,yx,y), soit a=0a=0. L'élément neutre est e=iE\boxed{e=i}\in E (car Im(i)=10\text{Im}(i)=1\ne 0). ✓

Vérification : iz=(0+i)(x+iy)=(0y+15x)+i1y=x+iy=zi*z=(0+i)*(x+iy)=(0\cdot y+1^{5}\cdot x)+i\cdot 1\cdot y=x+iy=z. ✓

Inverse : pour z=x+iyEz=x+iy\in E (y0y\ne 0), on cherche z=a+biEz'=a+bi\in E tel que zz=iz*z'=i : (xb+y5a)+iyb=0+i.(xb+y^{5}a)+iyb=0+i. Donc yb=1b=1yyb=1\Rightarrow b=\frac{1}{y}, et xy+y5a=0a=xy6\frac{x}{y}+y^{5}a=0\Rightarrow a=-\frac{x}{y^{6}}. Ainsi : z1=xy6+iyE(car 1y0).z^{-1}=-\frac{x}{y^{6}}+\frac{i}{y}\in E\quad(\text{car }\tfrac{1}{y}\ne 0).\quad✓

Non abélien : soient 1+i,  1+2iE1+i,\;1+2i\in E. (1+i)(1+2i)=(12+151)+i12=3+2i,(1+i)*(1+2i)=(1\cdot 2+1^{5}\cdot 1)+i\cdot 1\cdot 2=3+2i, (1+2i)(1+i)=(11+251)+i21=33+2i.(1+2i)*(1+i)=(1\cdot 1+2^{5}\cdot 1)+i\cdot 2\cdot 1=33+2i. Comme 3+2i33+2i3+2i\ne 33+2i, (E,)(E,*) est un groupe non abélien. ∎

Partie II — 1) FF est un sous-groupe de (E,)(E,*)

FEF\subseteq E (car yi=0+yiyi=0+yi avec yRy\in\mathbb{R}^{*}). FF\ne\varnothing (contient ii).

Stabilité : pour iy1,iy2Fiy_1,\,iy_2\in F : iy1iy2=(0y2+y150)+iy1y2=iy1y2Fiy_1*iy_2=(0\cdot y_2+y_1^{5}\cdot 0)+iy_1y_2=iy_1y_2\in F. ✓

Inverse : l'inverse de iyiy dans EE est 0/y6+i/y=i/yF-0/y^{6}+i/y=i/y\in F (car 1/yR1/y\in\mathbb{R}^{*}). ✓

Par le critère de sous-groupe, FF est un sous-groupe de (E,)(E,*). ∎

Partie II — 2) a) φ(R)=G\varphi(\mathbb{R})=G

φ(R)={x+ixR}=G\varphi(\mathbb{R})=\{x+i\mid x\in\mathbb{R}\}=G. ∎

Partie II — 2) b) Homomorphisme

Pour x,xRx,x'\in\mathbb{R} : φ(x)φ(x)=(x+i)(x+i)=(x1+15x)+i11=(x+x)+i=φ(x+x).\varphi(x)*\varphi(x')=(x+i)*(x'+i)=(x\cdot 1+1^{5}\cdot x')+i\cdot 1\cdot 1=(x+x')+i=\varphi(x+x'). Donc φ\varphi est un homomorphisme de (R,+)(\mathbb{R},+) vers (C,)(\mathbb{C},*). ∎

Partie II — 2) c) (G,)(G,*) est un groupe abélien

φ\varphi est un homomorphisme surjectif de (R,+)(\mathbb{R},+) sur (G,)(G,*). Comme (R,+)(\mathbb{R},+) est un groupe abélien et que l'image d'un groupe (resp. abélien) par un homomorphisme surjectif est un groupe (resp. abélien), (G,)(G,*) est un groupe abélien. ∎

Exercice 5 · Arithmétique (3 points)

Énoncé

1) En utilisant l'algorithme d'Euclide, déterminer l'entier u{1,2,,22}u\in\{1,2,\ldots,22\} tel que 10u1  [23]10u\equiv 1\;[23].

2) Soit mNm\in\mathbb{N}, et soient qq et rr le quotient et le reste de la division euclidienne de mm par 1010.
a) Montrer que   m10(q+ur)  [23]\;m\equiv 10(q+ur)\;[23].
b) Montrer que   23m    23(q+ur)\;23\mid m\;\Leftrightarrow\;23\mid(q+ur).

3) On considère le système (S):  {x1  [23]x2  [10](S):\;\begin{cases}x\equiv 1\;[23]\\x\equiv 2\;[10]\end{cases}
a) Montrer que si xx est solution de (S)(S), alors il existe qNq\in\mathbb{N} tel que x=10q+2x=10q+2 et 23(q+7)23\mid(q+7).
b) Résoudre (S)(S) dans N\mathbb{N}.

Voir la solution

1) Algorithme d'Euclide : uu tel que 10u1  [23]10u\equiv 1\;[23]

23=2×10+3,10=3×3+1,3=3×1.23=2\times 10+3,\qquad 10=3\times 3+1,\qquad 3=3\times 1.

Remontée de l'algorithme : 1=103×3=103×(232×10)=7×103×23.1=10-3\times 3=10-3\times(23-2\times 10)=7\times 10-3\times 23. Donc 7×101  [23]7\times 10\equiv 1\;[23], soit u=7.\boxed{u=7.}\quad∎

2) a) Congruence m10(q+ur)  [23]m\equiv 10(q+ur)\;[23]

On a m=10q+rm=10q+r. Calculons : m10(q+ur)=(10q+r)10q10ur=r10ur=r(110u).m-10(q+ur)=(10q+r)-10q-10ur=r-10ur=r(1-10u). Or 10u1  [23]10u\equiv 1\;[23], donc 110u0  [23]1-10u\equiv 0\;[23], soit 23(110u)23\mid(1-10u). En particulier, avec u=7u=7 : 170=69=3×231-70=-69=-3\times 23. ✓

Ainsi 23r(110u)23\mid r(1-10u), d'où 23(m10(q+ur))23\mid(m-10(q+ur)), soit m10(q+ur)  [23].\boxed{m\equiv 10(q+ur)\;[23].}\quad∎

2) b) Critère de divisibilité

D'après 2)a) : m10(q+ur)  [23]m\equiv 10(q+ur)\;[23]. Comme pgcd(10,23)=1\text{pgcd}(10,23)=1, le théorème de Gauss donne : 2310(q+ur)    23(q+ur).23\mid 10(q+ur)\;\Leftrightarrow\;23\mid(q+ur). D'où 23m    23(q+ur)\boxed{23\mid m\;\Leftrightarrow\;23\mid(q+ur)}, et avec u=7u=7 : 23m    23(q+7r)23\mid m\;\Leftrightarrow\;23\mid(q+7r). ∎

3) a) Forme des solutions de (S)(S)

x2  [10]x\equiv 2\;[10] s'écrit x=10q+2x=10q+2 avec qNq\in\mathbb{N} et r=2r=2.

x1  [23]x\equiv 1\;[23] signifie 23(x1)23\mid(x-1), i.e. 23(10q+1)23\mid(10q+1).

Appliquons le critère de 2)b) à m=10q+1m=10q+1 (dont la division par 1010 donne quotient qq et reste 11) : 23(10q+1)    23(q+7×1)=23(q+7).23\mid(10q+1)\;\Leftrightarrow\;23\mid(q+7\times 1)=23\mid(q+7).\quad∎

3) b) Résolution de (S)(S) dans N\mathbb{N}

23(q+7)23\mid(q+7) signifie q+7=23tq+7=23t pour un entier tt, soit q=23t7q=23t-7. Pour q0q\ge 0 : t1t\ge 1.

Donc x=10q+2=10(23t7)+2=230t68x=10q+2=10(23t-7)+2=230t-68.

Pour t=1t=1 : x=162x=162. Les solutions dans N\mathbb{N} sont : x{162+230kkN},i.e.x162  [230].\boxed{x\in\{162+230k\mid k\in\mathbb{N}\},\quad\text{i.e.}\quad x\equiv 162\;[230].}

Vérification : 162=7×23+11  [23]162=7\times 23+1\equiv 1\;[23] ✓ et 162=16×10+22  [10]162=16\times 10+2\equiv 2\;[10] ✓. ∎

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