Corrigé détaillé de l'examen national de mathématiques — 2ᵉ Bac Sciences Expérimentales (PC & SVT), session normale 2026. L'épreuve (durée 3 h, coefficient 7) comporte trois exercices et un problème indépendants : géométrie dans l'espace (produit vectoriel, plan, droite parallèle, sphère tangente, cercle d'intersection), nombres complexes (forme trigonométrique, translation, alignement, perpendicularité, losange), probabilités (tirage simultané, événement contraire, loi de probabilité, espérance), puis un problème d'analyse de 11 points en trois parties : fonctions auxiliaires g(x)=1−lnx et h(x)=x2ex−1 avec intégrales et aire, étude complète de f(x)=ex−1−xlnx (asymptotes, branche parabolique, réciproque) et une suite récurrente un+1=φ−1(un). Chaque question est reprise puis résolue pas à pas. Le sujet officiel est téléchargeable en haut de page.
Exercice 1 · Géométrie dans l'espace (3 points)
Énoncé
L'espace est rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k). On considère les points A(−1,0,1), B(−3,2,2), C(−1,1,2) et D(2,7,−4). Soit (Δ) la droite passant par le point D et dirigée par le vecteur u(2,1,2).
1) a) Montrer que AB∧AC=i+2j−2k. b) En déduire que x+2y−2z+3=0 est une équation cartésienne du plan (ABC). c) Calculer u⋅(AB∧AC) et en déduire que la droite (Δ) est parallèle au plan (ABC).
2) Soit (S) la sphère de centre Ω(0,3,0) et tangente à la droite (Δ). a) Vérifier que ΩD⋅u=0 et en déduire que le rayon de la sphère (S) est égal à 6. b) Calculer d(Ω,(ABC)) et en déduire que (ABC) coupe la sphère (S) suivant un cercle (Γ) de rayon r=33. c) Vérifier que CΩ=AB∧AC et en déduire que le point C est le centre du cercle (Γ).
Voir la solution
1) a) Produit vectoriel AB∧AC
On a AB=B−A=(−2,2,1) et AC=C−A=(0,1,1). Alors
AB∧AC=2⋅1−1⋅11⋅0−(−2)⋅1(−2)⋅1−2⋅0=12−2=i+2j−2k.∎
1) b) Équation du plan (ABC)
Le vecteur n=AB∧AC=(1,2,−2) est normal au plan (ABC) ; celui-ci a donc une équation de la forme x+2y−2z+d=0. Comme A(−1,0,1)∈(ABC) :
−1+2⋅0−2⋅1+d=0⟹−3+d=0⟹d=3.
Donc (ABC):x+2y−2z+3=0. ∎
1) c) (Δ) parallèle à (ABC)
u⋅(AB∧AC)=(2,1,2)⋅(1,2,−2)=2+2−4=0.
Le vecteur directeur u de (Δ) est donc orthogonal au vecteur normal n du plan (ABC) : la droite (Δ) est donc parallèle au plan (ABC).
Parallélisme strict
Vérifions que D∈/(ABC) : 2+2⋅7−2⋅(−4)+3=2+14+8+3=27=0. Donc D∈/(ABC) et (Δ) est strictement parallèle au plan (ABC). ∎
2) a) ΩD⋅u=0 et rayon
ΩD=D−Ω=(2−0,7−3,−4−0)=(2,4,−4). Alors
ΩD⋅u=2⋅2+4⋅1+(−4)⋅2=4+4−8=0.
Ainsi ΩD⊥u : la droite (Δ) (qui passe par D) est perpendiculaire à [ΩD] au point D. Le point D est donc le projeté orthogonal de Ω sur (Δ), et
d(Ω,(Δ))=ΩD=22+42+(−4)2=36=6.
La sphère (S) étant tangente à (Δ), son rayon vaut cette distance : R=6. ∎
2) b) Distance de Ω au plan (ABC) et cercle (Γ)
d(Ω,(ABC))=12+22+(−2)2∣0+2⋅3−2⋅0+3∣=9∣9∣=39=3.
Comme d(Ω,(ABC))=3<R=6, le plan (ABC) coupe la sphère (S) suivant un cercle (Γ) de rayon
r=R2−d2=36−9=27=33.∎
2) c) C centre du cercle (Γ)
CΩ=Ω−C=(0−(−1),3−1,0−2)=(1,2,−2)=AB∧AC. ∎
Le vecteur CΩ est donc égal au vecteur normal n du plan (ABC) : la droite (CΩ) est orthogonale au plan (ABC). De plus C∈(ABC) car (−1)+2⋅1−2⋅2+3=−1+2−4+3=0.
Conclusion
Le point C est le pied de la perpendiculaire menée de Ω au plan (ABC), c'est-à-dire le projeté orthogonal de Ω sur (ABC). Or le centre du cercle d'intersection d'une sphère et d'un plan est précisément le projeté orthogonal du centre de la sphère sur ce plan. Donc C est le centre du cercle (Γ). ∎
Exercice 2 · Nombres complexes (3,5 points)
Énoncé
On considère dans le plan complexe les points A, B et C d'affixes respectives
a=23+21i,b=ei12π,c=1.
1) a) Écrire le nombre complexe a sous forme trigonométrique. b) Vérifier que b2=a et que bbˉ=1. c) Montrer que a−1=(2−3)i(a+1).
2) Soit T la translation de vecteur OC et D le point d'affixe d tel que T(A)=D. a) Vérifier que d=b(b+bˉ) et en déduire que les points O, B et D sont alignés. b) En déduire que arg(d)≡12π[2π].
3) a) Vérifier que da−c=(2−3)i et en déduire que les droites (AC) et (OD) sont perpendiculaires. b) Montrer que le quadrilatère OCDA est un losange.
Voir la solution
1) a) Forme trigonométrique de a
∣a∣=(23)2+(21)2=43+41=1. On factorise par le module :
a=23+21i=cos6π+isin6π=ei6π.∎
1) b) b2=a et bbˉ=1
b2=(ei12π)2=ei122π=ei6π=a. ✓
bbˉ=∣b∣2=ei12π2=12=1. ✓ ∎
1) c) a−1=(2−3)i(a+1)
D'une part a−1=23−1+21i=23−2+21i.
D'autre part a+1=23+2+21i, donc
(2−3)i(a+1)=(2−3)i(23+2+21i)=(2−3)(−21+23+2i).
Le terme réel : −22−3=23−2. Le terme imaginaire : 2(2−3)(3+2)=2(2)2−(3)2=24−3=21. D'où
(2−3)i(a+1)=23−2+21i=a−1.∎
2) a) d=b(b+bˉ) et alignement de O, B, D
L'écriture complexe de la translation T de vecteur OC est z′=z+zOC avec zOC=c−0=1, donc z′=z+1. Ainsi T(A)=D donne d=a+1.
D'après 1.b), a=b2 et 1=bbˉ, donc
d=a+1=b2+bbˉ=b(b+bˉ).∎
Or b+bˉ=2Re(b)=2cos12π est un réel (et 2cos12π>0). En posant k=2cos12π∈R+∗, on a d=kb, c'est-à-dire OD=kOB. Les vecteurs OD et OB sont colinéaires : les points O, B et D sont alignés. ∎
2) b) Argument de d
Comme d=2cos12π⋅b avec 2cos12π>0,
arg(d)≡arg(b)[2π]≡12π[2π].∎
3) a) da−c=(2−3)i et perpendicularité
On a c=1 et d=a+1. Donc da−c=a+1a−1. D'après 1.c), a−1=(2−3)i(a+1), d'où
da−c=a+1a−1=(2−3)i.∎
Or da−c=zD−zOzA−zC. Passons aux arguments : arg(zD−zOzA−zC)≡arg((2−3)i)[2π]. Comme 2−3>0 (car 2=4>3), on a arg((2−3)i)≡2π[2π]. Ainsi
(OD,CA)≡2π[2π],
ce qui signifie que les droites (AC) et (OD) sont perpendiculaires. ∎
3) b) OCDA est un losange
Comme T(A)=D, on a AD=OC : le quadrilatère OCDA est donc un parallélogramme (deux côtés opposés [OC] et [AD] égaux et parallèles).
Dans ce parallélogramme, les diagonales sont (OD) et (CA). D'après 3.a), (AC)⊥(OD) : les diagonales sont perpendiculaires.
Conclusion
Un parallélogramme dont les diagonales sont perpendiculaires est un losange. Donc OCDA est un losange. ∎
Exercice 3 · Calcul des probabilités (2,5 points)
Énoncé
Une urne contient cinq boules blanches, quatre boules noires et deux boules vertes, toutes indiscernables au toucher. On tire au hasard et simultanément trois boules de l'urne. On considère les événements :
A : « les trois boules tirées sont de même couleur » ;
B : « tirer au moins une boule verte ».
1) a) Montrer que p(A)=16514. b) Calculer p(Bˉ), probabilité de l'événement contraire de B, et en déduire que p(B)=5527.
2) Calculer la probabilité p(A∪B).
3) On considère la variable aléatoire X qui associe à chaque tirage le nombre de boules vertes tirées. a) Recopier et compléter le tableau de la loi de probabilité de X (valeurs 0, 1, 2). b) Montrer que l'espérance de X est E(X)=116.
Voir la solution
L'urne contient 5+4+2=11 boules ; on en tire 3 simultanément, donc
card(Ω)=(311)=611⋅10⋅9=165.
1) a) p(A)=16514
« Trois boules de même couleur » = trois blanches, ou trois noires, ou trois vertes. Or il n'y a que 2 boules vertes : impossible d'en tirer trois. Donc
card(A)=(35)+(34)+(32)=10+4+0=14,p(A)=16514.∎
1) b) p(Bˉ) et p(B)
Bˉ : « aucune boule verte », soit trois boules choisies parmi les 11−2=9 boules non vertes :
card(Bˉ)=(39)=84,p(Bˉ)=16584=5528.
Donc p(B)=1−p(Bˉ)=1−5528=5527. ∎
2) p(A∪B)
p(A∪B)=p(A)+p(B)−p(A∩B). L'événement A∩B : « trois boules de même couleur et au moins une verte » = « trois boules vertes », impossible (seulement 2 vertes). Donc p(A∩B)=0 et
p(A∪B)=16514+5527−0=16514+16581=16595=3319.∎
3) a) Loi de probabilité de X
X∈{0,1,2} (nombre de boules vertes parmi les 3 tirées, il y a 2 vertes et 9 non vertes).
On considère les fonctions numériques g et h définies sur ]0,+∞[ par
g(x)=1−lnxeth(x)=x2ex−1.
1) a) Calculer g(1) et h(1). b) Résoudre l'équation g(x)=0 dans l'intervalle ]0,+∞[.
2) Les courbes (Cg) et (Ch) sont représentées dans un même repère orthonormé. a) Justifier graphiquement que pour tout x∈]0,1[ : h(x)−g(x)<0, et pour tout x∈]1,+∞[ : h(x)−g(x)>0. b) En utilisant une intégration par parties, montrer que ∫1eg(x)dx=e−2. c) Vérifier que la fonction H:x↦ex−1(x2−2x+2) est une primitive de h sur ]0,+∞[, puis calculer ∫01h(x)dx. d) Calculer l'aire du domaine hachuré sur le graphique (en unité d'aire).
Voir la solution — Partie I
1) a) g(1) et h(1)
g(1)=1−ln1=1 et h(1)=12e1−1=e0=1. Donc g(1)=h(1)=1. ∎
1) b) Résolution de g(x)=0
g(x)=0⟺1−lnx=0⟺lnx=1⟺x=e. Donc S={e}. ∎
2) a) Signe de h(x)−g(x)
Les deux courbes se coupent au point d'abscisse x=1 (car g(1)=h(1)=1). Sur le graphique :
pour x∈]0,1[, la courbe (Ch) est en dessous de (Cg), donc h(x)<g(x), c'est-à-dire h(x)−g(x)<0 ;
pour x∈]1,+∞[, la courbe (Ch) est au-dessus de (Cg), donc h(x)>g(x), c'est-à-dire h(x)−g(x)>0. ∎
2) b) ∫1eg(x)dx=e−2
∫1eg(x)dx=∫1e(1−lnx)dx=[x]1e−∫1elnxdx=(e−1)−∫1elnxdx.
On calcule ∫1elnxdx par parties, avec u(x)=lnx, v′(x)=1, donc u′(x)=x1, v(x)=x :
∫1elnxdx=[xlnx]1e−∫1ex⋅x1dx=[xlnx−x]1e=(e−e)−(0−1)=1.
Ainsi ∫1eg(x)dx=(e−1)−1=e−2. ∎
2) c) Primitive H et ∫01h(x)dx
H est dérivable sur ]0,+∞[ et
H′(x)=ex−1(x2−2x+2)+ex−1(2x−2)=ex−1(x2−2x+2+2x−2)=ex−1x2=h(x).
Donc H est une primitive de h sur ]0,+∞[. Par suite
∫01h(x)dx=[H(x)]01=H(1)−H(0)=e0(1−2+2)−e−1(0−0+2)=1−e2.∎
2) d) Aire du domaine hachuré
Le domaine hachuré est limité, entre x=0 et x=e, par l'axe des abscisses et par la plus basse des deux courbes : (Ch) sur [0,1] (où 0≤h≤g) puis (Cg) sur [1,e] (où g décroît de 1 à 0). Comme h(x)≥0 sur [0,1] et g(x)≥0 sur [1,e],
A=(∫01h(x)dx+∫1eg(x)dx)u.a.=(1−e2+e−2)u.a.=(e−1−e2)u.a.∎
Énoncé — Partie II
On considère la fonction f définie sur ]0,+∞[ par f(x)=ex−1−xlnx, et (Cf) sa courbe dans un repère orthonormé (O,i,j).
1) a) Vérifier que x→0+limf(x)=+∞, puis interpréter géométriquement ce résultat. b) Vérifier que x→+∞limf(x)=+∞. c) Montrer que x→+∞limxf(x)=+∞, puis interpréter géométriquement ce résultat.
2) a) Montrer que pour tout x∈]0,+∞[ : f′(x)=x2h(x)−g(x). b) Dresser le tableau de variations de f sur ]0,+∞[ (on peut utiliser la question 2.a de la partie I). c) En déduire que pour tout x∈]0,+∞[ : ex−1≥1+xlnx.
3) Montrer que l'équation f(x)=x admet une solution α telle que 23<α<2 (on donne f(2)≈2,37 et f(23)≈1,38).
4) Soit φ la restriction de f sur l'intervalle [1,+∞[. a) Montrer que φ admet une fonction réciproque φ−1 définie sur un intervalle J que l'on déterminera. b) Justifier que φ−1 est strictement croissante sur J.
5)(Cφ) et la droite (Δ):y=x sont représentées dans un repère orthonormé.
a) Justifier graphiquement que pour tout x∈[1,α] : φ(x)≤x. b) En déduire que pour tout x∈[1,α] : φ−1(x)≥x. c) Reproduire la courbe (Cφ) et tracer la courbe (Cφ−1) dans un même repère.
Voir la solution — Partie II
1) a) x→0+limf(x)=+∞
Quand x→0+ : ex−1→e−1. Pour xlnx : lnx→−∞ et x1→+∞, donc xlnx→−∞, d'où −xlnx→+∞. Par somme
x→0+limf(x)=e−1+(+∞)=+∞.Interprétation : la courbe (Cf) admet une asymptote verticale d'équation x=0 (l'axe des ordonnées). ∎
1) b) x→+∞limf(x)=+∞
Quand x→+∞ : ex−1=e1ex→+∞ et xlnx→0. Donc x→+∞limf(x)=+∞. ∎
1) c) x→+∞limxf(x)=+∞
xf(x)=xex−1−x2lnx=e1⋅xex−x2lnx.
Or x→+∞limxex=+∞ et x→+∞limx2lnx=0. Donc x→+∞limxf(x)=+∞.
Interprétation : la courbe (Cf) admet une branche parabolique de direction l'axe des ordonnées (Oy) au voisinage de +∞. ∎
2) a) f′(x)=x2h(x)−g(x)
f est dérivable sur ]0,+∞[ et, en dérivant le quotient xlnx :
f′(x)=ex−1−x2x1⋅x−lnx⋅1=ex−1−x21−lnx=x2x2ex−1−(1−lnx)=x2h(x)−g(x).∎
2) b) Tableau de variations de f
Le dénominateur x2>0, donc f′(x) a le signe de h(x)−g(x). D'après la partie I (2.a) : f′(x)<0 sur ]0,1[, f′(1)=0, f′(x)>0 sur ]1,+∞[. De plus f(1)=e0−1ln1=1, 0+limf=+∞ et +∞limf=+∞.
Tableau de variationsxf′(x)f0∥∥+∞−↘101+↗+∞+∞f est strictement décroissante sur ]0,1] et strictement croissante sur [1,+∞[ ; son minimum vaut f(1)=1.
2) c) ex−1≥1+xlnx
D'après le tableau, pour tout x∈]0,+∞[ : f(x)≥f(1)=1, soit ex−1−xlnx≥1, c'est-à-dire
ex−1≥1+xlnx.∎
3) Existence de α avec 23<α<2
Posons w(x)=f(x)−x, continue sur [23,2] (car f l'est). On a
w(23)=f(23)−23≈1,38−1,5=−0,12<0,w(2)=f(2)−2≈2,37−2=0,37>0.w est continue et change de signe sur [23,2] : d'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe α∈]23,2[ tel que w(α)=0, c'est-à-dire f(α)=α. ∎
4) a) Réciproque φ−1 et intervalle J
f est continue et strictement croissante sur [1,+∞[, donc φ l'est aussi : φ réalise une bijection de [1,+∞[ sur
J=φ([1,+∞[)=[φ(1),x→+∞limφ(x)[=[f(1),+∞[=[1,+∞[.
Donc φ admet une fonction réciproque φ−1 définie sur J=[1,+∞[. ∎
4) b) φ−1 strictement croissante
φ est strictement croissante sur [1,+∞[, donc sa réciproque φ−1 est également strictement croissante sur J. ∎
5) a) φ(x)≤x sur [1,α]
Graphiquement, sur [1,α], la courbe (Cφ) est située sous la droite (Δ):y=x. Donc pour tout x∈[1,α] : φ(x)≤x. ∎
5) b) φ−1(x)≥x sur [1,α]
Pour x∈[1,α], on a φ(x)≤x, et φ(x)∈[1,α]⊂J. En appliquant φ−1, strictement croissante, on obtient φ−1(φ(x))≤φ−1(x), c'est-à-dire x≤φ−1(x). Donc φ−1(x)≥x sur [1,α]. ∎
5) c) Tracé de (Cφ−1)
La courbe (Cφ−1) est le symétrique de (Cφ) par rapport à la droite (Δ):y=x (première bissectrice). On la trace donc en réfléchissant (Cφ) par rapport à (Δ) ; les deux courbes se coupent sur (Δ) aux points d'abscisses 1 et α. ∎
Énoncé — Partie III
Soit la suite numérique (un) définie par u0∈]1,α[ et un+1=φ−1(un) pour tout n∈N.
1) Montrer par récurrence que 1<un<α pour tout n∈N. 2) Montrer que la suite (un) est croissante (on peut utiliser la question 5.b de la partie II). 3) En déduire que la suite (un) est convergente et déterminer sa limite.
Voir la solution — Partie III
1) Encadrement 1<un<α
Initialisation :u0∈]1,α[, donc 1<u0<α : vrai au rang 0.
Hérédité : supposons 1<un<α. La fonction φ−1 est strictement croissante sur [1,+∞[, donc
φ−1(1)<φ−1(un)<φ−1(α).
Or φ(1)=f(1)=1 donne φ−1(1)=1, et φ(α)=f(α)=α donne φ−1(α)=α. Ainsi 1<un+1<α.
Par récurrence, 1<un<α pour tout n∈N. ∎
2) (un) est croissante
D'après la question 5.b de la partie II, φ−1(x)≥x pour tout x∈[1,α]. Comme un∈]1,α[⊂[1,α],
un+1=φ−1(un)≥un,doncun+1−un≥0.
La suite (un) est donc croissante. ∎
3) Convergence et limite
La suite (un) est croissante et majorée par α : elle est donc convergente. Notons ℓ sa limite, avec 1<ℓ≤α. Comme φ−1 est continue et un+1=φ−1(un), la limite ℓ vérifie φ−1(ℓ)=ℓ, c'est-à-dire φ(ℓ)=ℓ, soit f(ℓ)=ℓ.
Les solutions de f(x)=x sur [1,α] sont x=1 et x=α (points où (Cφ) rencontre (Δ)). Comme ℓ>1, on conclut
n→+∞limun=α.∎
Ce corrigé est une rédaction originale de Math Excellence. Les sujets des examens nationaux sont des documents publics du Centre National de l'Évaluation et des Examens ; le sujet officiel de cette session est téléchargeable en haut de la page.