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2ᵉ Bac · Sciences Expérimentales · Examen national de mathématiques

2022Session normale

الامتحان الوطني في مادة الرياضيات — الثانية باكالوريا علوم فيزيائية وعلوم الحياة والأرض 2022 (الدورة العادية) مع التصحيح

Télécharger le sujet officiel (PDF) ↗

Corrigé détaillé de l'examen national de mathématiques — 2ᵉ Bac Sciences Expérimentales (PC & SVT), session normale 2022. L'épreuve (durée 3 h, coefficient 7) comporte quatre exercices et un problème indépendants : géométrie dans l'espace, nombres complexes, probabilités, équations différentielles et calcul intégral, puis un problème d'analyse (étude d'une fonction avec exponentielle, points d'inflexion, fonction réciproque et suite récurrente). Chaque question est reprise puis résolue pas à pas, avec la méthode et les pièges classiques. Le sujet officiel est téléchargeable en haut de page.

Exercice 1 · Géométrie dans l'espace (3 points)

Énoncé

L'espace est rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k)(O,\vec i,\vec j,\vec k). On considère les points A(0,1,1)A(0,1,1), B(1,2,0)B(1,2,0) et C(1,1,2)C(-1,1,2).

1) a) Montrer que ABAC=i+k\overrightarrow{AB}\wedge\overrightarrow{AC}=\vec i+\vec k.
b) En déduire que x+z1=0x+z-1=0 est une équation cartésienne du plan (ABC)(ABC).

2) Soit (S)(S) la sphère de centre Ω(1,1,2)\Omega(1,1,2) et de rayon 2\sqrt2. Déterminer une équation cartésienne de (S)(S).

3) Montrer que le plan (ABC)(ABC) est tangent à la sphère (S)(S) au point AA.

4) Soit (Δ)(\Delta) la droite passant par CC et perpendiculaire au plan (ABC)(ABC).
a) Déterminer une représentation paramétrique de (Δ)(\Delta).
b) Montrer que (Δ)(\Delta) est tangente à (S)(S) en un point DD dont on déterminera les coordonnées.
c) Calculer le produit scalaire AC(i+k)\overrightarrow{AC}\cdot(\vec i+\vec k), puis en déduire la distance d(A,(Δ))d\big(A,(\Delta)\big).

Voir la solution

1) a) ABAC=i+k\overrightarrow{AB}\wedge\overrightarrow{AC}=\vec i+\vec k

On a AB=(1,1,1)\overrightarrow{AB}=(1,1,-1) et AC=(1,0,1)\overrightarrow{AC}=(-1,0,1). Le produit vectoriel se calcule composante par composante : ABAC=ijk111101=(11(1)0)i(11(1)(1))j+(101(1))k.\overrightarrow{AB}\wedge\overrightarrow{AC}=\begin{vmatrix}\vec i&\vec j&\vec k\\ 1&1&-1\\ -1&0&1\end{vmatrix} =\big(1\cdot1-(-1)\cdot0\big)\vec i-\big(1\cdot1-(-1)(-1)\big)\vec j+\big(1\cdot0-1\cdot(-1)\big)\vec k. Soit ABAC=1i0j+1k=i+k\overrightarrow{AB}\wedge\overrightarrow{AC}=1\,\vec i-0\,\vec j+1\,\vec k=\vec i+\vec k. ∎

1) b) Équation cartésienne du plan (ABC)(ABC)

Le vecteur i+k\vec i+\vec k de coordonnées (1,0,1)(1,0,1), orthogonal à AB\overrightarrow{AB} et AC\overrightarrow{AC}, est un vecteur normal au plan (ABC)(ABC). Le plan a donc une équation de la forme x+z+d=0x+z+d=0. Comme A(0,1,1)(ABC)A(0,1,1)\in(ABC) : 0+1+d=00+1+d=0, d'où d=1d=-1. Ainsi (ABC): x+z1=0.(ABC):\ x+z-1=0. ∎

2) Équation cartésienne de la sphère (S)(S)

De centre Ω(1,1,2)\Omega(1,1,2) et de rayon R=2R=\sqrt2 : (S): (x1)2+(y1)2+(z2)2=2.(S):\ (x-1)^{2}+(y-1)^{2}+(z-2)^{2}=2. ∎

3) Le plan (ABC)(ABC) est tangent à (S)(S) en AA

On calcule la distance du centre Ω\Omega au plan : d(Ω,(ABC))=1+2112+02+12=22=2=R.d\big(\Omega,(ABC)\big)=\frac{|1+2-1|}{\sqrt{1^{2}+0^{2}+1^{2}}}=\frac{2}{\sqrt2}=\sqrt2=R. Comme cette distance est égale au rayon, le plan est tangent à la sphère. Le point de contact est le projeté orthogonal de Ω\Omega sur le plan. Or ΩA=(1,0,1)=(i+k)\overrightarrow{\Omega A}=(-1,0,-1)=-(\vec i+\vec k) est colinéaire au vecteur normal, donc AA est bien ce projeté ; de plus AA appartient à (S)(S) car (01)2+(11)2+(12)2=2(0-1)^{2}+(1-1)^{2}+(1-2)^{2}=2. Le plan (ABC)(ABC) est donc tangent à (S)(S) au point AA. ∎

Le critère de tangence plan / sphère Un plan est tangent à une sphère lorsque d(Ω,plan)=Rd(\Omega,\text{plan})=R. Le point de contact est alors unique : c'est le projeté orthogonal du centre sur le plan. Ici on le reconnaît sans calcul supplémentaire car ΩA\overrightarrow{\Omega A} est colinéaire au vecteur normal du plan.

4) a) Représentation paramétrique de (Δ)(\Delta)

La droite (Δ)(\Delta) est perpendiculaire à (ABC)(ABC), elle admet donc pour vecteur directeur le vecteur normal i+k=(1,0,1)\vec i+\vec k=(1,0,1) ; elle passe par C(1,1,2)C(-1,1,2) : (Δ): {x=1+ty=1z=2+t(tR).(\Delta):\ \begin{cases}x=-1+t\\ y=1\\ z=2+t\end{cases}\quad(t\in\mathbb{R}). ∎

4) b) (Δ)(\Delta) est tangente à (S)(S) en DD

Un point M(t)=(1+t,1,2+t)M(t)=(-1+t,\,1,\,2+t) de (Δ)(\Delta) est le point de contact lorsque ΩM\overrightarrow{\Omega M} est orthogonal au vecteur directeur u=(1,0,1)\vec u=(1,0,1). Or ΩM=(2+t,0,t)\overrightarrow{\Omega M}=(-2+t,\,0,\,t), donc ΩMu=(2+t)+t=2t2=0  t=1.\overrightarrow{\Omega M}\cdot\vec u=(-2+t)+t=2t-2=0\ \Longrightarrow\ t=1. Pour t=1t=1, on obtient D(0,1,3)D(0,1,3). On vérifie ΩD=(1,0,1)\overrightarrow{\Omega D}=(-1,0,1), donc ΩD=2=R\big\|\overrightarrow{\Omega D}\big\|=\sqrt2=R : la distance de Ω\Omega à la droite vaut le rayon, et D(S)D\in(S) car (01)2+(11)2+(32)2=2(0-1)^{2}+(1-1)^{2}+(3-2)^{2}=2. La droite (Δ)(\Delta) est donc tangente à (S)(S) au point D(0,1,3)D(0,1,3). ∎

4) c) AC(i+k)\overrightarrow{AC}\cdot(\vec i+\vec k) et distance d(A,(Δ))d\big(A,(\Delta)\big)

Avec AC=(1,0,1)\overrightarrow{AC}=(-1,0,1) et i+k=(1,0,1)\vec i+\vec k=(1,0,1) : AC(i+k)=(1)(1)+0+(1)(1)=0.\overrightarrow{AC}\cdot(\vec i+\vec k)=(-1)(1)+0+(1)(1)=0. Ce produit scalaire est nul : AC\overrightarrow{AC} est orthogonal à la direction i+k\vec i+\vec k de (Δ)(\Delta). Comme le point CC appartient à (Δ)(\Delta), le segment [CA][CA] est perpendiculaire à (Δ)(\Delta), donc CC est le pied de la perpendiculaire abaissée de AA. La distance cherchée est alors simplement d(A,(Δ))=AC=AC=(1)2+02+12=2.d\big(A,(\Delta)\big)=AC=\big\|\overrightarrow{AC}\big\|=\sqrt{(-1)^{2}+0^{2}+1^{2}}=\sqrt2. ∎

Pourquoi le produit scalaire suffit Dès que ACu\overrightarrow{AC}\perp\vec u et que CC est sur la droite, AA se projette orthogonalement en CC : la distance de AA à la droite est exactement la longueur ACAC. On évite ainsi le calcul du produit vectoriel CAuu\dfrac{\|\overrightarrow{CA}\wedge\vec u\|}{\|\vec u\|}.

Exercice 2 · Nombres complexes (3 points)

Énoncé

Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v)(O,\vec u,\vec v). On considère les points AA et BB d'affixes respectives a=1i3a=-1-i\sqrt3 et b=1+i3b=-1+i\sqrt3, et la translation tt de vecteur OA\overrightarrow{OA}.

1) Montrer que l'affixe du point DD, image de BB par tt, est d=2d=-2.

2) Soit RR la rotation de centre DD et d'angle 2π3\dfrac{2\pi}{3}. Montrer que l'affixe du point CC, image de BB par RR, est c=4c=-4.

3) a) Écrire le nombre bcac\dfrac{b-c}{a-c} sous forme trigonométrique.
b) En déduire que (bcac)2=cdbd\left(\dfrac{b-c}{a-c}\right)^{2}=\dfrac{c-d}{b-d}.

4) Soit (Γ)(\Gamma) le cercle de centre DD et de rayon 22, et (Γ)(\Gamma') le cercle de centre OO et de rayon 44. On suppose que le point MM d'affixe zz appartient à la fois à (Γ)(\Gamma) et à (Γ)(\Gamma').
a) Vérifier que z+2=2|z+2|=2.
b) En remarquant que z=4|z|=4, montrer que z+zˉ=8z+\bar z=-8.
c) En déduire que (Γ)(\Gamma) et (Γ)(\Gamma') se coupent en un unique point que l'on déterminera.

Voir la solution

1) L'affixe de D=t(B)D=t(B) est d=2d=-2

La translation tt de vecteur OA\overrightarrow{OA} a pour écriture complexe zz+az\mapsto z+a. Donc d=b+a=(1+i3)+(1i3)=2.d=b+a=(-1+i\sqrt3)+(-1-i\sqrt3)=-2. ∎

2) L'affixe de C=R(B)C=R(B) est c=4c=-4

La rotation de centre DD (affixe d=2d=-2) et d'angle 2π3\dfrac{2\pi}{3} s'écrit cd=ei2π/3(bd)c-d=e^{i2\pi/3}(b-d). On calcule d'abord bd=(1+i3)(2)=1+i3=2(12+32i)=2eiπ/3.b-d=(-1+i\sqrt3)-(-2)=1+i\sqrt3=2\left(\tfrac12+\tfrac{\sqrt3}{2}i\right)=2e^{i\pi/3}. Alors ei2π/3(bd)=2ei(2π/3+π/3)=2eiπ=2e^{i2\pi/3}(b-d)=2\,e^{i(2\pi/3+\pi/3)}=2e^{i\pi}=-2, d'où c=d+(2)=22=4.c=d+(-2)=-2-2=-4. ∎

3) a) Forme trigonométrique de bcac\dfrac{b-c}{a-c}

On a bc=(1+i3)(4)=3+i3b-c=(-1+i\sqrt3)-(-4)=3+i\sqrt3 et ac=(1i3)(4)=3i3a-c=(-1-i\sqrt3)-(-4)=3-i\sqrt3 (conjugué du précédent). Or 3+i3=9+3=23,3+i3=23(32+12i)=23eiπ/6.|3+i\sqrt3|=\sqrt{9+3}=2\sqrt3,\qquad 3+i\sqrt3=2\sqrt3\left(\tfrac{\sqrt3}{2}+\tfrac12 i\right)=2\sqrt3\,e^{i\pi/6}. De même ac=23eiπ/6a-c=2\sqrt3\,e^{-i\pi/6}. Par quotient : bcac=23eiπ/623eiπ/6=eiπ/3=cosπ3+isinπ3.\frac{b-c}{a-c}=\frac{2\sqrt3\,e^{i\pi/6}}{2\sqrt3\,e^{-i\pi/6}}=e^{i\pi/3}=\cos\frac{\pi}{3}+i\sin\frac{\pi}{3}. ∎

3) b) (bcac)2=cdbd\left(\dfrac{b-c}{a-c}\right)^{2}=\dfrac{c-d}{b-d}

Membre de gauche : (eiπ/3)2=ei2π/3\left(e^{i\pi/3}\right)^{2}=e^{i2\pi/3}.

Membre de droite : cd=4(2)=2c-d=-4-(-2)=-2 et bd=1+i3=2eiπ/3b-d=1+i\sqrt3=2e^{i\pi/3}, donc cdbd=22eiπ/3=eiπ/3=eiπeiπ/3=ei2π/3.\frac{c-d}{b-d}=\frac{-2}{2e^{i\pi/3}}=-e^{-i\pi/3}=e^{i\pi}\,e^{-i\pi/3}=e^{i2\pi/3}. Les deux membres valent ei2π/3e^{i2\pi/3}, l'égalité est démontrée. ∎

4) a) z+2=2|z+2|=2

Le point MM appartient à (Γ)(\Gamma), cercle de centre DD (affixe 2-2) et de rayon 22, donc zd=2|z-d|=2, c'est-à-dire z(2)=z+2=2.|z-(-2)|=|z+2|=2. ∎

4) b) z+zˉ=8z+\bar z=-8

MM appartient aussi à (Γ)(\Gamma'), cercle de centre OO et de rayon 44, donc z=4|z|=4, soit zzˉ=16z\bar z=16. En élevant au carré la relation z+2=2|z+2|=2 : z+22=4  (z+2)(zˉ+2)=4  zzˉ+2(z+zˉ)+4=4.|z+2|^{2}=4\ \Longrightarrow\ (z+2)(\bar z+2)=4\ \Longrightarrow\ z\bar z+2(z+\bar z)+4=4. Comme zzˉ=16z\bar z=16 :   16+2(z+zˉ)+4=4\;16+2(z+\bar z)+4=4, d'où 2(z+zˉ)=162(z+\bar z)=-16 et z+zˉ=8.z+\bar z=-8. ∎

4) c) Point d'intersection unique

On écrit z=x+iyz=x+iy. Alors z+zˉ=2x=8z+\bar z=2x=-8 donne x=4x=-4. En reportant dans z=4|z|=4 : x2+y2=16x^{2}+y^{2}=16, soit 16+y2=1616+y^{2}=16, donc y=0y=0. Ainsi z=4z=-4 est la seule solution : les cercles (Γ)(\Gamma) et (Γ)(\Gamma') se coupent en un unique point, celui d'affixe 4-4 (le point CC). ∎

Interprétation Les rayons valent 22 et 44, et la distance des centres est OD=d=2=42=RROD=|d|=2=4-2=R'-R. Les cercles sont donc tangents intérieurement : un seul point commun, ce que confirme le calcul z=4z=-4.

Exercice 3 · Calcul des probabilités (3 points)

Énoncé

Une urne contient dix boules indiscernables au toucher : trois blanches, trois vertes et quatre rouges. On tire simultanément et au hasard trois boules de l'urne. On considère les événements :

  • AA : « n'obtenir aucune boule rouge » ;
  • BB : « obtenir trois boules blanches ou trois boules vertes » ;
  • CC : « obtenir exactement une boule rouge » ;
  • DD : « obtenir au moins deux boules rouges ».

1) Montrer que p(A)=16p(A)=\dfrac16.

2) Calculer p(B)p(B).

3) Montrer que p(C)=12p(C)=\dfrac12.

4) Calculer p(D)p(D).

Voir la solution

Le tirage étant simultané, l'univers est l'ensemble des combinaisons de 33 boules parmi 1010 : Card(Ω)=(103)=120 tirages eˊquiprobables.\operatorname{Card}(\Omega)=\binom{10}{3}=120\ \text{tirages équiprobables.}

1) p(A)=16p(A)=\dfrac16, où AA : « aucune boule rouge »

Ne tirer aucune rouge, c'est choisir les 33 boules parmi les 66 boules non rouges (33 blanches + 33 vertes) : Card(A)=(63)=20\operatorname{Card}(A)=\dbinom{6}{3}=20. D'où p(A)=20120=16.p(A)=\frac{20}{120}=\frac16. ∎

2) p(B)p(B), où BB : « trois blanches ou trois vertes »

Ces deux cas sont incompatibles : (33)=1\binom{3}{3}=1 façon d'obtenir les trois blanches, et (33)=1\binom{3}{3}=1 façon d'obtenir les trois vertes. Donc Card(B)=1+1=2\operatorname{Card}(B)=1+1=2 et p(B)=2120=160.p(B)=\frac{2}{120}=\frac{1}{60}. ∎

3) p(C)=12p(C)=\dfrac12, où CC : « exactement une rouge »

On choisit 11 rouge parmi 44 et 22 boules parmi les 66 non rouges : Card(C)=(41)(62)=4×15=60,p(C)=60120=12.\operatorname{Card}(C)=\binom{4}{1}\binom{6}{2}=4\times15=60,\qquad p(C)=\frac{60}{120}=\frac12. ∎

4) p(D)p(D), où DD : « au moins deux rouges »

Méthode directe. « Au moins deux rouges » = « exactement 22 rouges » ou « exactement 33 rouges » : Card(D)=(42)(61)2 rouges+(43)3 rouges=6×6+4=40,p(D)=40120=13.\operatorname{Card}(D)=\underbrace{\binom{4}{2}\binom{6}{1}}_{2\text{ rouges}}+\underbrace{\binom{4}{3}}_{3\text{ rouges}}=6\times6+4=40,\qquad p(D)=\frac{40}{120}=\frac13.

Vérification par l'événement contraire Les événements AA (00 rouge), CC (11 rouge) et DD (2\ge 2 rouges) forment une partition de Ω\Omega. Donc p(D)=1p(A)p(C)=11612=13p(D)=1-p(A)-p(C)=1-\dfrac16-\dfrac12=\dfrac13 : on retrouve bien le même résultat. ∎

Exercice 4 · Équations différentielles et calcul intégral (2,5 points)

Énoncé

On considère la fonction hh définie sur R\mathbb{R} par h(x)=(x+1)exh(x)=(x+1)e^{x}.

1) a) Vérifier que la fonction xxexx\mapsto xe^{x} est une primitive de hh sur R\mathbb{R}, puis calculer I=10h(x)dx\displaystyle I=\int_{-1}^{0}h(x)\,dx.
b) À l'aide d'une intégration par parties, calculer J=10(x+1)2exdx\displaystyle J=\int_{-1}^{0}(x+1)^{2}e^{x}\,dx.

2) a) Résoudre l'équation différentielle (E): y2y+y=0(E):\ y''-2y'+y=0.
b) Montrer que hh est la solution de (E)(E) qui vérifie h(0)=1h(0)=1 et h(0)=2h'(0)=2.

Voir la solution

1) a) Primitive de hh et calcul de II

Posons F(x)=xexF(x)=xe^{x}. Alors F(x)=ex+xex=(x+1)ex=h(x)F'(x)=e^{x}+xe^{x}=(x+1)e^{x}=h(x) : FF est bien une primitive de hh sur R\mathbb{R}. Par suite I=10h(x)dx=[xex]10=0e0(1)e1=e1=1e.I=\int_{-1}^{0}h(x)\,dx=\big[xe^{x}\big]_{-1}^{0}=0\cdot e^{0}-(-1)\cdot e^{-1}=e^{-1}=\frac1e. ∎

1) b) Calcul de JJ par parties

On pose u(x)=(x+1)2u(x)=(x+1)^{2} et v(x)=exv'(x)=e^{x}, d'où u(x)=2(x+1)u'(x)=2(x+1) et v(x)=exv(x)=e^{x}. L'intégration par parties donne J=[(x+1)2ex]10102(x+1)exdx=[(x+1)2ex]102I.J=\big[(x+1)^{2}e^{x}\big]_{-1}^{0}-\int_{-1}^{0}2(x+1)e^{x}\,dx=\big[(x+1)^{2}e^{x}\big]_{-1}^{0}-2I. Or [(x+1)2ex]10=(1)2e0(0)2e1=1\big[(x+1)^{2}e^{x}\big]_{-1}^{0}=(1)^{2}e^{0}-(0)^{2}e^{-1}=1. Donc J=12I=12e.J=1-2I=1-\frac2e. ∎

Réinvestir II plutôt que tout recalculer L'intégrale restante 10(x+1)exdx\int_{-1}^{0}(x+1)e^{x}\,dx n'est autre que II, déjà calculée en 1)a). Reconnaître hh dans l'IPP évite un second calcul et sécurise le résultat J=12eJ=1-\tfrac2e.

2) a) Résolution de (E): y2y+y=0(E):\ y''-2y'+y=0

L'équation caractéristique est r22r+1=0r^{2}-2r+1=0, soit (r1)2=0(r-1)^{2}=0 : racine double r=1r=1. Les solutions de (E)(E) sont donc y(x)=(λx+μ)ex,(λ,μ)R2.y(x)=(\lambda x+\mu)e^{x},\qquad(\lambda,\mu)\in\mathbb{R}^{2}. ∎

2) b) hh est la solution vérifiant h(0)=1, h(0)=2h(0)=1,\ h'(0)=2

On écrit h(x)=(x+1)ex=(1x+1)exh(x)=(x+1)e^{x}=(\,1\cdot x+1\,)e^{x} : c'est bien de la forme (λx+μ)ex(\lambda x+\mu)e^{x} avec λ=1\lambda=1 et μ=1\mu=1, donc hh est une solution de (E)(E). De plus h(0)=(0+1)e0=1,h(x)=(x+2)ex  h(0)=2.h(0)=(0+1)e^{0}=1,\qquad h'(x)=(x+2)e^{x}\ \Rightarrow\ h'(0)=2. Une solution de (E)(E) étant entièrement déterminée par ses conditions initiales y(0)y(0) et y(0)y'(0), hh est la solution de (E)(E) telle que h(0)=1h(0)=1 et h(0)=2h'(0)=2. ∎

Problème · Étude d'une fonction et d'une suite (8,5 points)

Énoncé

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x(ex/21)2f(x)=x\big(e^{x/2}-1\big)^{2} ; on note (C)(C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O,i,j)(O,\vec i,\vec j) (unité 1 cm1\ \text{cm}).

1) Calculer limx+f(x)\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x) et limxf(x)\displaystyle\lim_{x\to-\infty}f(x).

2) Calculer limx+f(x)x\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{f(x)}{x} et interpréter géométriquement le résultat.

3) a) Montrer que la droite (Δ): y=x(\Delta):\ y=x est asymptote à (C)(C) au voisinage de -\infty.
b) Étudier le signe de f(x)xf(x)-x pour tout xRx\in\mathbb{R}, puis en déduire la position relative de (C)(C) et (Δ)(\Delta).

4) a) Montrer que f(x)=(ex/21)2+xex/2(ex/21)f'(x)=\big(e^{x/2}-1\big)^{2}+x\,e^{x/2}\big(e^{x/2}-1\big) pour tout xRx\in\mathbb{R}.
b) Vérifier que x(ex/21)0x\big(e^{x/2}-1\big)\ge 0 pour tout xRx\in\mathbb{R}, puis en déduire le signe de f(x)f'(x) sur R\mathbb{R}.
c) Dresser le tableau de variations de ff sur R\mathbb{R}.

5) a) Montrer que f(x)=12ex/2g(x)f''(x)=\dfrac12 e^{x/2}\,g(x), où g(x)=(2x+4)ex/2x4g(x)=(2x+4)e^{x/2}-x-4 pour tout xRx\in\mathbb{R}.
b) La courbe ci-dessous représente la fonction gg. En déduire le signe de g(x)g(x) sur R\mathbb{R} (on remarque que g(α)=0g(\alpha)=0).

1 −1 −3 −5 1 2 x y O α (𝒞_g)

b (suite)
c) Étudier la concavité de (C)(C) et déterminer les abscisses de ses deux points d'inflexion.

6) Construire la courbe (C)(C) dans le repère (on prend ln41,4\ln 4\approx1{,}4, α4,5\alpha\approx-4{,}5 et f(α)3,5f(\alpha)\approx-3{,}5).

7) a) Montrer que ff admet une fonction réciproque f1f^{-1} définie sur R\mathbb{R}.
b) Calculer (f1)(ln4)\big(f^{-1}\big)'(\ln 4).

8) On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=1u_0=1 et un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) pour tout nNn\in\mathbb{N}.
a) Montrer que 0<u_n<\ln 4 pour tout nNn\in\mathbb{N}.
b) Montrer que (un)(u_n) est décroissante.
c) En déduire que (un)(u_n) est convergente.
d) Déterminer la limite de (un)(u_n).

Voir la solution

1) Limites aux bornes

En ++\infty : ex/2+e^{x/2}\to+\infty, donc (ex/21)2+\big(e^{x/2}-1\big)^{2}\to+\infty et, comme x+x\to+\infty, limx+f(x)=+.\lim_{x\to+\infty}f(x)=+\infty. En -\infty : ex/20e^{x/2}\to0, donc (ex/21)21\big(e^{x/2}-1\big)^{2}\to1 et, comme xx\to-\infty, limxf(x)=.\lim_{x\to-\infty}f(x)=-\infty. ∎

2) limx+f(x)x\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{f(x)}{x} et interprétation

Pour x0x\neq0, f(x)x=(ex/21)2\dfrac{f(x)}{x}=\big(e^{x/2}-1\big)^{2}, donc limx+f(x)x=limx+(ex/21)2=+.\lim_{x\to+\infty}\frac{f(x)}{x}=\lim_{x\to+\infty}\big(e^{x/2}-1\big)^{2}=+\infty. La courbe (C)(C) admet donc une branche parabolique de direction l'axe (Oy)(Oy) au voisinage de ++\infty. ∎

3) a) La droite (Δ): y=x(\Delta):\ y=x est asymptote en -\infty

On développe la différence f(x)xf(x)-x : f(x)x=x(ex/21)2x=x[(ex/21)21].f(x)-x=x\big(e^{x/2}-1\big)^{2}-x=x\Big[\big(e^{x/2}-1\big)^{2}-1\Big]. Or (ex/21)21=ex2ex/2=ex/2(ex/22)\big(e^{x/2}-1\big)^{2}-1=e^{x}-2e^{x/2}=e^{x/2}\big(e^{x/2}-2\big), d'où la forme factorisée essentielle : f(x)x=xex/2(ex/22).\boxed{\,f(x)-x=x\,e^{x/2}\big(e^{x/2}-2\big)\,}. En -\infty, xex/20x\,e^{x/2}\to0 (croissance comparée) et ex/222e^{x/2}-2\to-2, donc f(x)x0f(x)-x\to0. La droite (Δ): y=x(\Delta):\ y=x est bien asymptote à (C)(C) au voisinage de -\infty. ∎

3) b) Signe de f(x)xf(x)-x et position relative

Comme e^{x/2}>0, le signe de f(x)x=xex/2(ex/22)f(x)-x=x\,e^{x/2}\big(e^{x/2}-2\big) est celui du produit x(ex/22)x\big(e^{x/2}-2\big). Or e^{x/2}-2>0\iff x>\ln 4. On dresse le tableau de signes :

x0ln4+x0+  +ex/22  0+f(x)x+00+\begin{array}{c|ccccccc} x & -\infty & & 0 & & \ln 4 & & +\infty\\\hline x & & - & 0 & + & \; & + & \\ e^{x/2}-2 & & - & \; & - & 0 & + & \\\hline f(x)-x & & + & 0 & - & 0 & + & \end{array}

On en déduit :

  • sur ],0[]-\infty,0[ et ]ln4,+[]\ln 4,+\infty[ : f(x)-x>0, donc (C)(C) est au-dessus de (Δ)(\Delta) ;
  • sur ]0,ln4[]0,\ln 4[ : f(x)-x<0, donc (C)(C) est au-dessous de (Δ)(\Delta) ;
  • en x=0x=0 et x=ln4x=\ln 4 : f(x)=xf(x)=x, (C)(C) et (Δ)(\Delta) se coupent aux points O(0,0)O(0,0) et (ln4,ln4)(\ln 4,\ln 4). ∎

4) a) Expression de f(x)f'(x)

ff est un produit x×(ex/21)2x\times\big(e^{x/2}-1\big)^{2}. Avec [(ex/21)2]=2(ex/21)12ex/2=ex/2(ex/21)\Big[\big(e^{x/2}-1\big)^{2}\Big]'=2\big(e^{x/2}-1\big)\cdot\tfrac12 e^{x/2}=e^{x/2}\big(e^{x/2}-1\big), la dérivée d'un produit donne f(x)=1(ex/21)2+xex/2(ex/21)=(ex/21)2+xex/2(ex/21).f'(x)=1\cdot\big(e^{x/2}-1\big)^{2}+x\cdot e^{x/2}\big(e^{x/2}-1\big)=\big(e^{x/2}-1\big)^{2}+x\,e^{x/2}\big(e^{x/2}-1\big). ∎

4) b) Signe de f(x)f'(x)

Signe de x(ex/21)x\big(e^{x/2}-1\big). Comme ex/21    x0e^{x/2}\ge1\iff x\ge0, le facteur ex/21e^{x/2}-1 a le même signe que xx. Le produit x(ex/21)x\big(e^{x/2}-1\big) est donc un produit de deux facteurs de même signe : il est 0\ge0 pour tout xRx\in\mathbb{R} (et nul seulement en 00).

Signe de ff'. On regroupe : f(x)=(ex/21)2+ex/2x(ex/21)0.f'(x)=\big(e^{x/2}-1\big)^{2}+e^{x/2}\cdot\underbrace{x\big(e^{x/2}-1\big)}_{\ge0}. Le premier terme est un carré 0\ge0, le second est le produit de e^{x/2}>0 par une quantité 0\ge0 : donc f(x)0f'(x)\ge0 pour tout xx, et f(x)=0f'(x)=0 uniquement en x=0x=0. La fonction ff est strictement croissante sur R\mathbb{R}. ∎

4) c) Tableau de variations

x0+f(x)+0+f(x)0+\begin{array}{c|ccccc} x & -\infty & & 0 & & +\infty\\\hline f'(x) & & + & 0 & + & \\\hline f(x) & -\infty & \nearrow & 0 & \nearrow & +\infty \end{array} ff croît strictement de -\infty à ++\infty, avec une tangente horizontale au point O(0,0)O(0,0)f(0)=0f(0)=0. ∎

5) a) Expression de f(x)f''(x)

On dérive f(x)=(ex/21)2+x(exex/2)f'(x)=\big(e^{x/2}-1\big)^{2}+x\big(e^{x}-e^{x/2}\big) (après développement du second terme). Terme à terme : [(ex/21)2]=ex/2(ex/21)=exex/2,\Big[\big(e^{x/2}-1\big)^{2}\Big]'=e^{x/2}\big(e^{x/2}-1\big)=e^{x}-e^{x/2}, [x(exex/2)]=(exex/2)+x(ex12ex/2).\big[x(e^{x}-e^{x/2})\big]'=(e^{x}-e^{x/2})+x\big(e^{x}-\tfrac12 e^{x/2}\big). En additionnant : f(x)=2ex2ex/2+xex12xex/2.f''(x)=2e^{x}-2e^{x/2}+x e^{x}-\tfrac12 x e^{x/2}. Vérifions que ceci vaut 12ex/2g(x)\tfrac12 e^{x/2}g(x) : 12ex/2[(2x+4)ex/2x4]=(x+2)ex(12x+2)ex/2=xex+2ex12xex/22ex/2,\tfrac12 e^{x/2}\big[(2x+4)e^{x/2}-x-4\big]=(x+2)e^{x}-\big(\tfrac12 x+2\big)e^{x/2}=x e^{x}+2e^{x}-\tfrac12 x e^{x/2}-2e^{x/2}, ce qui coïncide exactement avec f(x)f''(x). Donc f(x)=12ex/2g(x)f''(x)=\dfrac12 e^{x/2}\,g(x). ∎

5) b) Signe de g(x)g(x)

On remarque d'abord que g(0)=(0+4)104=0g(0)=(0+4)\cdot1-0-4=0, donc 00 est racine de gg. L'énoncé indique que g(α)=0g(\alpha)=0 pour un réel α\alpha (α4,5\alpha\approx-4{,}5). La lecture de la courbe de gg donne :

  • g(x)>0 sur ],α[]-\infty,\alpha[ ;
  • g(x)<0 sur ]α,0[]\alpha,0[ ;
  • g(x)>0 sur ]0,+[]0,+\infty[ ;
  • g(α)=g(0)=0g(\alpha)=g(0)=0. ∎

5) c) Concavité et points d'inflexion

Puisque \dfrac12 e^{x/2}>0, f(x)f''(x) est du même signe que g(x)g(x). Donc :

  • sur ],α[]-\infty,\alpha[ : f''>0, (C)(C) est convexe ;
  • sur ]α,0[]\alpha,0[ : f''<0, (C)(C) est concave ;
  • sur ]0,+[]0,+\infty[ : f''>0, (C)(C) est convexe.

ff'' change de signe en α\alpha et en 00 : (C)(C) admet donc deux points d'inflexion, d'abscisses x=αx=\alpha et x=0x=0. ∎

6) Construction de (C)(C)

On rassemble les éléments obtenus pour tracer (C)(C) :

  • passe par l'origine O(0,0)O(0,0), qui est un point d'inflexion à tangente horizontale (f(0)=0f'(0)=0) ;
  • asymptote oblique (Δ): y=x(\Delta):\ y=x au voisinage de -\infty ; (C)(C) est au-dessus de (Δ)(\Delta) sur ],0[]-\infty,0[ ;
  • second point d'inflexion en (α,f(α))(4,5;3,5)\big(\alpha,f(\alpha)\big)\approx(-4{,}5\,;\,-3{,}5) ;
  • recoupe (Δ)(\Delta) au point (ln4,ln4)(1,4;1,4)(\ln 4,\ln 4)\approx(1{,}4\,;\,1{,}4) ; (C)(C) est au-dessous de (Δ)(\Delta) sur ]0,ln4[]0,\ln 4[ puis au-dessus ensuite ;
  • branche parabolique de direction (Oy)(Oy) au voisinage de ++\infty (croissance très rapide).
1 2 −1 −2 −3 −4 −5 1 2 −1 −2 −3 −4 x y O Δ : y = x (α ; f(α)) (ln 4 ; ln 4) (C)

7) a) ff admet une réciproque sur R\mathbb{R}

ff est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R} (question 4), avec limf=\lim_{-\infty}f=-\infty et lim+f=+\lim_{+\infty}f=+\infty. Elle réalise donc une bijection de R\mathbb{R} sur f(R)=Rf(\mathbb{R})=\mathbb{R}, et admet une fonction réciproque f1f^{-1} définie sur R\mathbb{R}. ∎

7) b) Calcul de (f1)(ln4)\big(f^{-1}\big)'(\ln 4)

On cherche l'antécédent de ln4\ln 4. Or e(ln4)/2=4=2e^{(\ln 4)/2}=\sqrt4=2, donc f(ln4)=ln4(21)2=ln4f1(ln4)=ln4.f(\ln 4)=\ln 4\,(2-1)^{2}=\ln 4\quad\Longrightarrow\quad f^{-1}(\ln 4)=\ln 4. Comme f(ln4)=(21)2+ln42(21)=1+2ln40f'(\ln 4)=(2-1)^{2}+\ln 4\cdot 2\,(2-1)=1+2\ln 4\neq0, f1f^{-1} est dérivable en ln4\ln 4 et (f1)(ln4)=1f(f1(ln4))=1f(ln4)=11+2ln4.\big(f^{-1}\big)'(\ln 4)=\frac{1}{f'\big(f^{-1}(\ln 4)\big)}=\frac{1}{f'(\ln 4)}=\frac{1}{1+2\ln 4}. ∎

Le point fixe ln4\ln 4 L'astuce est de repérer que e(ln4)/2=2e^{(\ln 4)/2}=2, ce qui donne f(ln4)=ln4f(\ln 4)=\ln 4 : ln4\ln 4 est son propre antécédent. Sans cette remarque, résoudre f(x)=ln4f(x)=\ln 4 serait impossible à la main.

8) a) 0<u_n<\ln 4 pour tout nn

Par récurrence. Initialisation : u0=1u_0=1 et 0<1<\ln 4 (car \ln 4\approx1{,}39>1) : vrai au rang 00.

Hérédité : supposons 0<u_n<\ln 4. Comme ff est strictement croissante, f(0)<f(u_n)<f(\ln 4). Or f(0)=0f(0)=0 et f(ln4)=ln4f(\ln 4)=\ln 4, donc 0<u_{n+1}<\ln 4. Par récurrence, la propriété est vraie pour tout nNn\in\mathbb{N}. ∎

8) b) (un)(u_n) est décroissante

On étudie un+1un=f(un)unu_{n+1}-u_n=f(u_n)-u_n. D'après la question 3)b), pour tout x]0,ln4[x\in\,]0,\ln 4[ on a f(x)-x<0. Comme 0<u_n<\ln 4, il vient f(u_n)-u_n<0, soit u_{n+1}<u_n. La suite (un)(u_n) est donc strictement décroissante. ∎

8) c) (un)(u_n) est convergente

La suite (un)(u_n) est décroissante et minorée par 00 (question 8)a)). D'après le théorème de la limite monotone, elle est convergente. ∎

8) d) Limite de (un)(u_n)

Notons \ell sa limite ; par passage à la limite, [0,ln4[\ell\in[0,\ln 4[. La fonction ff étant continue et un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n), la limite vérifie =f()\ell=f(\ell), c'est-à-dire f()=0f(\ell)-\ell=0. Or f()=e/2(e/22)=0  =0  ou  e/2=2 (=ln4).f(\ell)-\ell=\ell\,e^{\ell/2}\big(e^{\ell/2}-2\big)=0\ \Longleftrightarrow\ \ell=0\ \text{ ou }\ e^{\ell/2}=2\ (\ell=\ln 4). Comme [0,ln4[\ell\in[0,\ln 4[, la valeur =ln4\ell=\ln 4 est exclue : il reste =0\ell=0. Ainsi limn+un=0.\lim_{n\to+\infty}u_n=0. ∎

Cohérence La suite part de u0=1u_0=1, reste dans ]0,ln4[]0,\ln 4[, décroît et converge vers l'unique point fixe de ff situé dans cet intervalle, à savoir 00. Tout est cohérent avec le tableau de variations et l'étude de position (C)/(Δ)(C)/(\Delta).

Ce corrigé est une rédaction originale de Math Excellence. Les sujets des examens nationaux sont des documents publics du Centre National de l'Évaluation et des Examens ; le sujet officiel de cette session est téléchargeable en haut de la page.

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